Kim Jong-Un retarde le projet de tirs vers Guam

Guam abrite des installations stratégiques, bombardiers lourds, chasseurs et sous-marins américains.

Un homme regarde un programme télévisé montrant Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-Un dans une station de métro de Séoul, le 9 août 2017
JUNG Yeon-Je (AFP)

Kim Jong-Un a déclaré mardi qu’il mettrait sur pause le projet nord-coréen de tirs de missiles près de l’île américaine de Guam, dans le Pacifique, mais a averti que cet exercice hautement provocateur irait de l’avant en cas de nouvelles « actions irresponsables » de Washington.

Aux yeux de certains analystes, ces commentaires du dirigeant nord-coréen constituent une possible porte de sortie pour désamorcer la crise alimentée par la guerre des mots entre le président américain Donald Trump et la Corée du Nord.

La Corée du Nord a menacé la semaine dernière de tirer quatre missiles au dessus du Japon en direction du territoire américain de Guam, qui compte deux importantes bases militaires.

Le jeune dirigeant a été informé de ce « plan visant à cerner Guam par le feu » lors de son inspection lundi du commandement de la Force stratégique chargée des unités balistiques, a rapporté mardi l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Manifestation pour la paix à Guam, le 14 août 2017 ED JONES (AFP)

Avant de donner un ordre, Kim Jong-Un a déclaré qu’il allait « observer encore un peu le comportement idiot et stupide des Yankees ». S’ils « persistent dans leurs actions irresponsables et dangereuses dans la péninsule coréenne », la Corée du Nord prendra des mesures « telles que déjà annoncées », a-t-il ajouté.

Afin de désamorcer les tensions et d’empêcher un dangereux conflit militaire dans la péninsule coréenne, il est nécessaire que les Etats-Unis décident les premiers une option appropriée.

Il semblerait que Kim Jong-Un fasse ainsi référence aux exercices militaires conjoints annuels à grande échelle entre Séoul et Washington, qui doivent commencer prochainement.

Ces manoeuvres ne manquent jamais de susciter l’ire de Pyongyang, qui les considèrent comme la répétition de l’invasion de son territoire.

Les tensions ne cessent de s’aggraver depuis que le Nord a testé en juillet deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) qui semblent mettre à sa portée une bonne partie du territoire américain.

En réaction, Donald Trump a menacé de déchaîner sur la Corée du Nord « le feu et la colère, d’une manière que le monde n’a jamais vue ».

Pyongyang a alors répliqué en rendant public son plan pour tirer des missiles de portée intermédiaire qui s’abîmeraient à 30 ou 40 kilomètres de Guam. L’île du Pacifique-ouest abrite des installations stratégiques américaines, bombardiers lourds à longue portée, chasseurs et sous-marins.

Ce territoire de 162.000 habitants est aussi équipé d’un bouclier anti-missiles Thaad.

Source: i24 News