Tuerie dans une église au Texas : les États-Unis sous le choc

Un individu a ouvert le feu dimanche en plein office dans une église baptiste de Sutherland Springs, faisant 26 morts et 20 blessés. Les motivations du tueur, retrouvé mort, restent mystérieuses. «La santé mentale est le problème ici (…) Ce n’est pas une question liée aux armes», a réagi Donald Trump depuis le Japon.

Une petite église de campagne au carrefour de deux routes dans le Texas profond, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de San Antonio. Sutherland Springs, dont les sources attiraient des touristes au tournant du XXe  siècle, n’est plus qu’une petite communauté rurale de quelques centaines d’habitants. Elle a été marquée au fer dimanche lorsqu’un tireur a tué de nombreux paroissiens pendant l’office.

Après avoir tiré sur la First Baptist Church, l’auteur de la tuerie est entré dans l’église poursuivre son carnage. L’Agence France-Presse explique qu’il a été pris à partie par un habitant qui a saisi son fusil, puis a pris la fuite en voiture mais a été retrouvé mort peu après. Les raisons de son décès n’ont pas encore été éclaircies. Le FBI a dépêché des agents de son bureau de San Antonio pour prendre la direction de l’enquête.

26 personnes tuées, 20 blessées

Les autorités américaines ont donné dans la soirée de dimanche un bilan de 26 morts et 20 blessés. Les victimes sont âgées de 5 à 72 ans. «À ce stade, il y a 26 vies qui ont été perdues. Nous ne savons pas si ce bilan va s’aggraver ou pas», a déclaré devant la presse le gouverneur du Texas Greg Abbott, évoquant «la pire fusillade de masse dans l’histoire» de son État.

ABC News a rapporté qu’une des victimes était une jeune fille de 14 ans, fille d’un pasteur de l’église baptiste lui-même absent lors de la fusillade. Annabelle «était une fille très belle et spéciale», a déclaré à ABC News son père, Frank Pomeroy, joint par téléphone. Le pasteur a rajouté que les autres victimes étaient toutes de proches amis.

Plusieurs coups de feu sur un rythme rapide

Certains analystes ont spéculé que ce genre de massacre dans des communautés isolées était le plus souvent perpétré par un résident local, mu par un désir de vengeance ou une idéologie meurtrière

Les forces de l’ordre n’ont pas «totalement identifié» le tireur, dont les motivations restaient mystérieuses. Il s’agirait d’un «jeune homme blanc âgé d’une vingtaine d’années», «tout de noir vêtu», muni d’un fusil d’assaut et portant un gilet pare-balles.

Selon plusieurs médias américains, et notamment le New York Timesil s’agit d’un ex-militaire de 26 ans, renvoyé de l’armée de l’air en 2014 après un passage en cour martiale, qui vivait en périphérie de San Antonio, une des grandes villes du Texas à une cinquantaine de kilomètres de là.

Ses motivations restent encore inconnues, mais certains analystes ont spéculé que ce genre de massacre dans des communautés isolées était le plus souvent perpétré par un résident local, mu par un désir de vengeance ou une idéologie meurtrière.

À en croire l’exploitante de la station-service située en face de la First Baptist Church, les coups de feu, tirés vers 11 h 30 locales, ont retenti sur un rythme rapide, semblant indiquer l’usage d’un fusil semi-automatique, un type d’arme quasiment en vente libre aux États-Unis.

Débat sur les armes à feu entre Obama et Trump

Le gouverneur du Texas a adressé ses «prières» aux victimes et félicité les forces de l’ordre pour «leur réponse». Sur Twitter, l’ancien président Barack Obama a écrit qu’il «pleurait avec toutes les familles de Sutherland Springs blessées par cet acte de haine». «Que Dieu nous accorde également la sagesse de nous demander quelles mesures concrètes nous pouvons prendre pour réduire la violence et les armes parmi nous», a ensuite souligné le démocrate.

Du Japon où il débute une tournée asiatique de dix jours, le président Donald Trump a au contraire déclaré que «la santé mentale était le problème» et que «ce n’était pas une question liée aux armes». «Nous avons le coeur brisé. Nous nous rassemblons, nous unissons nos forces (…) À travers les larmes et notre chagrin nous restons forts», avait-il déclaré un peu plus tôt. Le premier ministre du Japon Abe Shinzo a quant à lui «offert ses plus profondes condoléances» et «exprimé sa solidarité» avec les victimes et leurs proches.

Trois massacres en un mois

Même si chaque incident répond à des causes distinctes, la tuerie de Sutherland Springs constitue le troisième massacre d’affilée aux États-Unis en un mois. Il y a d’abord eu l’assassinat de 58 personnes assistant à un concert en plein air à Las Vegas début octobre, par un quinquagénaire dont les motivations n’ont pas été clarifiées. Ce «loup solitaire» très bien préparé a également blessé 500 spectateurs en tirant à l’arme automatique de la fenêtre de sa chambre, au 32e étage de l’hôtel Mandala Bay. La semaine dernière, un Ouzbek de 29 ans, se réclamant de l’État islamique, a tué huit passants et cyclistes à New York dans un attentat terroriste perpétré au moyen d’une camionnette-bélier.

La tuerie au Texas n’est la première à survenir dans un lieu de culte. En juin 2015, le suprémaciste Dylann Roof, partisan revendiqué du nazisme et du Ku Klux Klan, avait tué neuf paroissiens dans une église de Charleston (Caroline du Sud), l’Emanuel African Methodist Episcopal Church, symbole de la lutte des Noirs contre l’esclavage. Il a été condamné à la peine de mort en janvier dernier.

Source: Le Figaro