Boubakeur n’est pas reçu à l’Elysée, la mosquée de Paris se retire du CFCM

Vexée que son recteur n’ait pas été convié aux voeux d’Emmanuel Macron aux autorités religieuses, la mosquée de Paris annonce son retrait du Conseil français du culte musulman.

Le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, à la sortie de l’Elysée, le 27 juillet 2016 à Paris. afp.com/BERTRAND GUAY

Généralement convié sous les ors de l’Elysée, le recteur de la Grande mosquée de Paris depuis plus d’un quart de siècle ne le sera pas cette fois. Dalil Boubakeur n’a pas été invité à la cérémonie traditionnelle d’échange de voeux avec les autorités religieuses organisée par l’Élysée ce jeudi matin.

En réaction, la grande mosquée de Paris, mécontente de constater que son recteur n’a pas été invité aux voeux d’Emmanuel Macron a annoncé mercredi son retrait du Conseil français du culte musulman(CFCM).

« Prenant acte de cette injuste et inexplicable mise à l’écart, la grande mosquée de Paris décide de se retirer de toutes les instances du CFCM et de ne plus participer à toute initiative émanant des pouvoirs publics sur l’organisation du culte musulman », explique Dalil Boubakeur.

« Marginalisée, voire ostracisée »

Dans un communiqué, le responsable de la grande mosquées’estime marginalisé depuis qu’il a laissé les commandes du CFCM en 2015. « Il est surprenant que l’institution religieuse musulmane la plus emblématique de France, fruit d’une loi d’État pour manifester la reconnaissance de la Nation aux milliers de soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, soit ainsi marginalisée voire ostracisée ».

Pendant cette cérémonie de voeux, chaque culte étant représenté par deux personnes, le CFCM, l’interlocuteur musulman officiel de l’Etat, le sera par son président en exercice depuis juillet, Ahmet Ogras, et son prédécesseur, Anouar Kbibech.

Fin janvier 2017, il avait exprimé son refus de participer au nouveau chantier de « l’islam de France », articulé sur une fondation culturelle, aujourd’hui active sous la présidence de Jean-Pierre Chevènement, et une association cultuelle de financement, toujours au point mort. En mars, il avait mené une fronde contre le lancement d’une « charte de l’imam » censée contribuer à la lutte contre la radicalisation, mais à ses yeux inaboutie.

Source: L’Express