Washington a été le plus grand donateur international de l’AP depuis le début des années 90 avec plus de 5 milliards de dollars de fonds de l’USAID – mais ce n’est pas tout.

L’envoyé spécial américain Jason Greenblatt (C) serre la main du président de l’Autorité palestinienne des Eaux Mazen Ghunaim lors du lancement d’un projet d’amélioration de l’accès au traitement des eaux usées pour les agriculteurs palestiniens, le 15 octobre 2017 dans la ville de Jéricho Banque. (AFP / Jaafar Ashtiyeh)

Les États-Unis sont de loin le plus grand donateur d’aide financière aux Palestiniens, cette aide touchant presque tous les aspects de la vie de l’Autorité palestinienne. Mais le président américain Donald Trump a menacé mardi de mettre fin à cette aide aux Palestiniens, irrité par le refus de Ramallah de coopérer avec les efforts américains pour relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens après avoir déclaré Jérusalem capitale d’Israël en décembre.

Les Palestiniens veulent que Jérusalem-Est soit la capitale de leur futur Etat.

Trump a tweeté mardi que Washington versait à l’Autorité palestinienne des centaines de millions de dollars par an « pour rien », et s’est plaint que les Etats-Unis n’aient reçu « aucune reconnaissance ou respect » en retour.

Plus tôt mardi, l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a menacé de couper le financement à l’agence des Nations unies pour les réfugiés, l’UNRWA, si les Palestiniens refusaient de s’engager dans des négociations de paix.

Si les menaces du président et de Haley se concrétisent, quel impact cela pourrait-il avoir sur les Palestiniens ?

Trois types d’assistance américaine aux Palestiniens

Selon le site Internet du consulat américain de Jérusalem, les États-Unis ont été le plus important donateur d’aide aux Palestiniens depuis la signature des Accords d’Oslo en 1994. Cette aide a totalisé environ 600 millions de dollars par an ces dernières années et peut être schématiquement divisée en trois catégories.

La première est USAID, le canal par lequel le Département d’État fournit de l’aide aux pays du monde entier.

La seconde est le soutien économique à la loi et à l’ordre dans l’Autorité palestinienne. Ces deux catégories étaient peut-être l’aide que Trump avait en tête dans son tweet, bien que le président ne l’ait pas précisé.

La troisième est le soutien des États-Unis à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies, ou UNRWA, comme l’a indiqué Haley.

Plus de 5 milliards versés à l’USAID depuis 1994

Depuis 1994, Washington a fourni aux Palestiniens plus de 5,2 milliards de dollars par l’intermédiaire de l’USAID.

Cet argent est destiné à développer et soutenir l’Autorité palestinienne, y compris le soutien à l’allégement de la dette (comme aider à payer les dettes médicales des Palestiniens dans les hôpitaux israéliens ou étrangers), l’assainissement, le développement économique dans les secteurs public et privé, le développement des infrastructures, l’éducation, la gouvernance, la santé et l’aide humanitaire essentielle à la bande de Gaza.

L’argent de l’USAID est également une bouée de sauvetage pour des dizaines d’ONG qui travaillent dans les Territoires palestiniens au niveau local pour soutenir l’atténuation des conflits et inculquer des valeurs de non-violence et de recherche de la paix.

Parallèlement à cet argent versé par l’USAID, qui en 2016 s’élevait à 290 millions de dollars, les États-Unis donnent également une somme importante chaque année pour soutenir la loi et l’ordre.

Ce soutien, pour lequel près de 55 millions de dollars ont été budgétés en 2016, comprend la formation et la fourniture de matériel aux forces de sécurité et de police de l’AP, la formation des pompiers, la réhabilitation des salles d’audience des tribunaux et la formation des juges ainsi que des avocats.

Israël collabore parfois avec les forces de sécurité palestiniennes pour déjouer des complots terroristes contre des citoyens israéliens ou palestiniens.

L’aide américaine déjà remise en question par le Congrès

Bien avant que Trump ne pense à couper l’aide aux Palestiniens pour leur refus de travailler avec son administration dans le processus de paix, le Congrès œuvrait déjà à geler l’assistance aux Palestiniens jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne cesse sa pratique de verser des allocations mensuelles aux familles des terroristes qui tuent les Israéliens.

Cette loi, connue sous le nom de Taylor Force Act, qui porte le nom d’un ancien officier de l’armée américaine poignardé à mort par un assaillant palestinien lors d’une visite qu’il effectuait à Tel Aviv en mars 2016, a été adoptée début décembre par la Chambre des représentants des États-Unis après que la législation a fait l’objet de plusieurs cycles de révision.

La loi doit maintenant être adoptée par le Sénat.

Dans son budget 2017, Ramallah a alloué près de 345 millions de dollars pour des allocations litigieuses. Au total, il prévoyait une aide étrangère de 693 millions de dollars pour l’exercice financier 2017.

Alors que l’aide américaine, qui n’est en grande partie pas transférée directement dans les coffres de l’Autorité palestinienne mais plutôt versée à des tiers, ne peut être utilisée pour payer les familles des terroristes, beaucoup soutiennent que l’assistance libère simplement d’autres fonds dans le budget de la direction palestinienne pour payer ces allocations.

En juillet, un responsable de la Maison Blanche a déclaré au Times of Israelque l’administration Trump « est d’accord avec les objectifs de haut niveau de la loi Taylor Force Act.”

L’UNRWA est « indispensable » aux Palestiniens

Au cours des dernières années, l’aide des États-Unis à l’UNRWA a été bien supérieure à celle de tout autre pays et dépasse les centaines de millions de dollars qui ont été versés aux Palestiniens par l’intermédiaire de l’USAID.

L’UNRWA opère souvent dans les quartiers palestiniens les plus pauvres et dans les camps de réfugiés, dispensant une éducation à des centaines de milliers d’élèves.

L’organisation fournit également des services humanitaires essentiels, tels que la gestion des cliniques de santé et des centres pour femmes.

Des enfants palestiniens dans une école de la ville de Rafah, dans la bande de Gaza. (Abed Rahim Khatib / Flash90)

En 2016, les États-Unis ont promis 355 millions de dollars pour les opérations de l’UNRWA. Le deuxième donateur en importance était l’UE, qui a promis 160 millions de dollars.

Une grande partie du travail de l’UNWRA se déroule dans des camps de réfugiés palestiniens à l’extérieur des territoires palestiniens, comme en Jordanie, au Liban et en Syrie.

Les dons américains à l’UNRWA ont diminué ces dernières années. En 2015, les États-Unis ont versé 380,5 millions de dollars à l’UNRWA et, en 2014, 408 millions de dollars à l’organisation des Nations Unies pour les réfugiés.

Selon l’UNRWA, l’agence éduque un demi-million d’enfants dans plus de 700 écoles du Moyen-Orient (dont 270 000 à Gaza). Les médecins de l’agence voient 11 millions de patients dans près de 150 cliniques de santé primaires chaque année. L’UNRWA organise également des formations professionnelles, préparant chaque année 9 000 jeunes au marché du travail, selon l’agence.

Selon l’agence, l’UNRWA aide également plus de 40 000 réfugiés handicapés et gère des centres de loisirs pour 200 000 jeunes et enfants réfugiés. L’agence emploie plus de 30 000 enseignants, médecins, infirmiers, travailleurs sociaux, travailleurs sanitaires et ingénieurs.

Chris Gunness, le porte-parole de l’UNRWA, a déclaré mercredi au Times of Israel : « Nous n’avons aucune indication de la part de l’administration américaine sur son intention de changer le financement de l’UNRWA ».

« La contribution de l’UNRWA au développement humain – notamment à travers l’éducation et les services de santé – apparaît comme indispensable à la dignité des réfugiés palestiniens et à la stabilité de la région », a-t-il ajouté.

Des Palestiniens reçoivent de l’aide dans un centre de distribution des Nations Unies (UNRWA) dans le camp de réfugiés de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 31 juillet 2014 (Abed Rahim Khatib / Flash90)

Peter Lerner, un porte-parole de l’armée qui a récemment pris sa retraite, a fait valoir que couper les fonds à l’UNRWA ne ferait que défavoriser les plus faibles de la société palestinienne, conduisant à plus de terreur et d’extrémisme.

« Il y a beaucoup de problèmes avec l’UNRWA, mais couper le soutien financier à l’organisation nuit aux membres les plus faibles de la société palestinienne et il est peu probable que l’Autorité palestinienne mette la main à la poche », a écrit Lerner sur son compte Twitter.

« Historiquement, les camps de réfugiés ont été des foyers pour les activités terroristes. Affaiblir cette population ne fera qu’accroître l’extrémisme et la violence. Cela ne contribuera pas à la sécurité ou à la stabilité dans la région « , a-t-il conclu.

« Il est temps de démanteler l’UNRWA »

Haley a mentionné la possibilité de couper le financement à l’UNRWA dans une réponse impromptue mardi à une question d’un journaliste canadien, qui a demandé si les Etats-Unis conserveraient leur niveau actuel de financement pour l’agence des Nations unies à la lumière d’une résolution non contraignante de l’Assemblée générale des Nations Unies le mois dernier condamnant la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« [Trump] ne veut pas donner de financement supplémentaire jusqu’à ce que les Palestiniens acceptent de revenir à la table des négociations, et ce que nous avons vu avec la résolution n’est pas de nature changer cette décision », a déclaré Haley.

Haley semblait dire que couper le financement de l’UNRWA avait pour but de dissuader l’ONU de déjouer la stratégie américaine pour un plan de paix israélo-palestinien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que lors de sa première rencontre avec Haley en juin 2016, il lui avait demandé de « réexaminer l’existence de l’UNRWA ».

Palestiniens devant leur maison de fortune du camp de réfugiés de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

L’UNRWA a été créé en 1949 à la suite de la guerre d’indépendance d’Israël.

Netanyahu, dans plusieurs déclarations l’an dernier à son cabinet, a accusé l’organisation d’incitation à la violence contre Israël et de ne rien faire pour aider à améliorer le sort des réfugiés palestiniens. Il a demandé pourquoi les Palestiniens avaient besoin d’un organe spécifique, alors que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a aidé des dizaines de millions de personnes déplacées depuis la Seconde Guerre mondiale.

« Il est temps de démanteler l’UNRWA et de faire en sorte que ses départements soient intégrés au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés », a-t-il déclaré.

L’UNRWA a longtemps été la cible de critiques virulentes pour sa rhétorique anti-israélienne qui serait promue dans ses écoles et pour avoir fermé les yeux sur les nombreuses activités terroristes menées dans ses locaux, y compris l’entreposage de roquettes et l’hébergement de tunnels appartenant au groupe terroriste Hamas.

L’UNRWA a condamné l’utilisation de ses locaux par le Hamas à des fins militaires.

Un obus sur le sol de l’école Sobhi Abu Karsh fortement endommagé dans le quartier Chajaya de la ville de Gaza, un bastion du Hamas, le mardi 5 août 2014 (Crédit photo: Mohammed Abed / AFP)

En outre, Israël dénonce depuis longtemps le fait que certains employés palestiniens de l’UNRWA soutiennent des activités terroristes et utilisent des discours haineux sur Internet.

Un responsable a déclaré mardi au Times of Israel que la Maison Blanche était en train de reconsidérer l’efficacité de l’agence des Nations unies.

« Nous continuons à examiner l’impact et l’efficacité des programmes d’aide de l’UNRWA. C’est prudent, et surtout, c’est notre devoir envers le contribuable américain », a déclaré le responsable.

Cependant, le fonctionnaire a également félicité l’UNRWA.

Les États-Unis ont « longtemps soutenu l’UNRWA pour son travail humanitaire important et vital, et reconnaît son rôle de force stabilisatrice et de contrepoids à la violence extrémiste, essentiel à la stabilité dans la région du Moyen-Orient », a déclaré le responsable.

Source: Times of Israël

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