Liberté d’expression: Macron voudrait couper le sifflet à ses opposants aux Européennes

En Marche! prévoirait d’augmenter sa visibilité médiatique au détriment des autres partis lors des Européennes: les temps de parole officiels seraient calqués sur la représentation parlementaire. Alors que l’exécutif vient d’annoncer sa loi anti fake news, des voix s’élèvent sur de possibles atteintes à la liberté d’expression politique.

La loi entérinant le changement de mode de scrutin pour les élections européennes de 2019 devait être une formalité. Mais le gouvernement semble en avoir profité pour modifier la répartition du temps de parole durant la campagne officielle. Si l’amendement est voté en l’état, les candidats issus de la majorité bénéficieront de davantage d’exposition médiatique que les partis n’ayant pas formé de groupe à l’Assemblée nationale ou au Sénat. La République en Marche aurait donc un temps de parole sensiblement plus important que le Front national, la France insoumise ou Europe-Ecologie les Verts, du fait de leur représentation au Parlement conséquente.

Ce projet de loi, qui sera examiné en première lecture le 17 janvier, pose indéniablement des questions légales concernant l’égalité de traitement entre tous les candidats à une élection. Selon un calcul de Marianne, LREM obtiendrait un temps de parole proche de 51 minutes contre 2 pour la France insoumise et à peine plus d’une demi-heure pour Les Républicains. Il implique également un contrôle accru sur les médias en période électorale, ne serait-ce que pour faire respecter ce temps de parole.

La répartition avantageuse du temps de parole, couplée à l’annonce du Président de la République d’une loi visant à lutter contre la désinformation en période électorale, pose la question d’une pression accrue du monde politique sur les médias et leur contenu durant les campagnes.

Le 3 janvier, Emmanuel Macron annonçait en effet son intention de promulguer une loi visant à lutter contre la désinformation. Son initiative, confirmée le 5 par le porte-parole du gouvernement, avait suscité de vives réactions. Comparé au fameux ministère de la Vérité de George Orwell, le gouvernement était alors accusé de vouloir contrôler l’information.

Tous les partis d’opposition s’accordaient à dire que l’arsenal législatif existant était suffisant pour lutter contre l’émergence de fausses informations. Jean-Luc Mélenchon, figure de La France insoumise, rappelait que «la punition de la diffusion de fausses nouvelles est déjà prévue par la loi». Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau parlait quant à lui de «nombreux garde-fous en matière de diffamation et d’atteinte à la dignité des personnes».

Tant La France insoumise que Les Républicains mettaient en garde cette semaine contre «le risque d’une législation liberticide», d’une «pensée-vraie-officielle», d’une «vérité d’État» ou d’une «information étatisée». Ils risquent de devoir en plus s’inquiéter du temps qui leur sera alloué pour y répondre et présenter leurs programmes.

Source: Sputnik News

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