Introduction

Dans la tradition juive, le royaume des ténèbres doit laisser la place au monde de la lumière.
Rome trouve sa place dans l’économie universelle en fonction des relations qu’elle entretient avec Israël, peuple de Dieu.

Le passage du royaume des ténèbres à celui de la lumière est abordé de différentes façons plus
ou moins connues des chrétiens. Il y a 5 thèmes :

Le thème des bouleversements cosmiques

Le « jour du Seigneur » s’accompagne de bouleversements cosmiques. Jour où tous les arrogants sont consumés. Dieu lui-même paraîtra pour combattre les nations et en ce jour les lois de la nature seront bouleversées (Joël 1, Za 14, Mal 4).

Publiez un jeûne, une convocation solennelle! Assemblez les vieillards, tous les habitants du pays, Dans la maison de l’Eternel, votre Dieu, Et criez à l’Eternel! Ah! quel jour! Car le jour de l’Eternel est proche: Il vient comme un ravage du Tout-Puissant. La nourriture n’est-elle pas enlevée sous nos yeux? La joie et l’allégresse n’ont-elles pas disparu de la maison de notre Dieu? Les semences ont séché sous les mottes; Les greniers sont vides, Les magasins sont en ruines, Car il n’y a point de blé. Comme les bêtes gémissent! Les troupeaux de boeufs sont consternés, Parce qu’ils sont sans pâturage; Et même les troupeaux de brebis sont en souffrance. C’est vers toi que je crie, ô Eternel! Car le feu a dévoré les plaines du désert, Et la flamme a brûlé tous les arbres des champs. Les bêtes des champs crient aussi vers toi; Car les torrents sont à sec, Et le feu a dévoré les plaines du désert. Joël 1.14-20

Le thème de la guerre universelle

La guerre est l’une des calamités de la fin des temps. C’est la révélation d’une grande iniquité
qui précède de peu les temps nouveaux où la repentance amènera joie et paix (Gog et Magog : Ez 38 et 39).

Le thème des douleurs de l’enfantement

La fin sera précédée de secousses : guerres, famines, prodiges annonciateurs. Douleurs au  paroxysme qui seront les signes de l’imminence de la fin. Des douleurs qui annoncent une
délivrance (Michée 4).

Fille de Sion, souffre et gémis comme une femme qui accouche! Car maintenant tu sortiras de la ville et tu habiteras dans les champs, Et tu iras jusqu’à Babylone; Là tu seras délivrée, C’est là que l’Eternel te rachètera de la main de tes ennemis. Michée 4.10

Le thème du quatrième empire

Le livre de Daniel montre une succession de 4 empires dont la perversité va en croissant, ensuite vient l’ère messianique (Dan 2 et 7). Nous pouvons également dire que dans le livre de la genèse, il y a 4 rois en guerre contre Abram. Le dernier s’appelle « TIDEAL » qui veut dire « Roi des nations ».
De plus, le verset qui introduit l’apparition de Dieu à Abram (Gen 15/12) se décompose en 4 mots
que les rabbins analysent comme suit :

  • Frayeur = Babylone
  • Obscurité = Mèdes & Perses
  • Grande = Grèce
  • Tombe = Rome

Au coucher du soleil, un profond sommeil tomba sur Abram; et voici, une frayeur et une grande obscurité vinrent l’assaillir. Genèse 15.12

Le thème de la quatrième philosophie

Au début de l’an 6 de notre ère, le recensement exigé par Rome est venu contredire un interdit
biblique (2 Sam 24, 1 Chron 21). Car le recensement semble fixer un terme au chiffre de la populationqui doit être incalculable d’après les promesses de Dieu.

Deux Docteurs de la loi, Judas le Galiléen et Saddok ont créé la quatrième philosophie qui a
annoncé une révolte religieuse contre Rome. Le point central de la révolte était « pas d’autre
maître que Dieu », Dieu seul doit régner à l’exclusion de tout empire temporel.
Les révoltés pensaient hâter le règne de Dieu.

Cette effervescence apocalyptique les a conduits à la guerre, à la chute de Jérusalem et la destruction du temple en 70, puis à Massada en 73.

Garder l’espoir malgré tout

Après la catastrophe de 70, Israël était en état de choc. Flavius Joseph a écrit : « Dieu a quitté le
sanctuaire, il réside désormais chez les romains ». Désormais les juifs ne pourront plus parler ouvertement contre Rome. Toute opposition sera déguisée et, Rome, le 4ème empire aura des surnoms et des symboles. Les Rabbins ont réfléchi à cette question : « Pourquoi Rome ne s’est-elle pas effondrée ? »

Il est certain qu’ils n’ont pas pris en compte le « temps de la grâce », alors le délai d’attente a
été mis au compte de la maturité du temps. Au désespoir répond la promesse, à l’impatience
l’assurance que l’attente aura un terme. Baruch a écrit : « aussi longtemps que le nombre qui a été
fixé d’avance n’est pas complet, la création ne sera pas sauvée ».

Le premier surnom de Rome : Babylone

Il était devenu impossible aux rabbins d’écrire des textes relatifs au 4ème royaume en parlant
ouvertement de Rome, pour des questions de sécurité. Le premier surnom octroyé à Rome est
Babylone par comparaison, du fait que Babylone comme Rome ont détruit le temple. La comparaison donnait des raisons d’espérer.

L’arrogance de Nebucanetsar est, dans la tradition, la même que celle de Titus.
Les chrétiens aussi appelaient Rome : Babylone

L’Eglise des élus qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils. 1 Pierre 5.13

La chute de l’antique Babylone préfigure celle de Rome, mais tout était dit de manière voilée, car à
l’époque, l’empire était trop puissant. Ce surnom ne sera utilisé que jusqu’au IIéme siècle.

Enfin la tradition (Midrash) dit que le trône de Salomon, emporté de Jérusalem à Babylone a
fait le tour des empires avant d’arriver à Rome.
La notion capitale de la tradition est que Rome est le dernier empire de l’histoire.

Le 2ème surnom de Rome : Esaü, Edom

Rome est venu incarner le mal sur la terre, de sorte que le terme biblique « méchant » fait
immédiatement penser à Rome. Il y a dans la bible de nombreuses figures qui peuvent
incarner le « méchant ». mais une seule l’incarne de façon persistante : c’est le propre frère de
Jacob : Esaü qui est Edom (Edomites, Iduméens).

Cette vision de Rome se développe à partir du IIéme siècle. Il s’agit d’une typologie de
deux peuples et leurs relations passées, présentes et à venir.

« Un préfet demanda à un membre de la famille de Sallu : qui aura le pouvoir après nous ? Celui-ci sortit une feuille de papier blanc, prit une plume et écrivit : après cela sortit son frère, sa main tenait le talon d’Esaü (Gen 25/26) C’est à ce sujet qu’on dit : regardez comme les paroles anciennes deviennent nouvelles dans la bouche d’un sage ».

Il est intéressant de souligner qu’Hérode, ce roi qui pactisait avec les romains était Iduméen.

Et l’Eternel lui dit: Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir de tes entrailles; un de ces peuples sera  plus fort que l’autre, et le plus grand sera assujetti au plus petit. Genèse 25.23

Les rabbins ont écrit ceci : « Deux nations sont dans ton sein, deux nations possédant chacune
son univers propre, l’une la Tora, l’autre le péché ».

Après que Jacob eut reçu la bénédiction d’Isaac à la place de son frère, la parole dit :

Esaü conçut de la haine contre Jacob, à cause de la bénédiction dont son père l’avait béni; et Esaü disait en son cœur : Les jours du deuil de mon père vont approcher, et je tuerai Jacob, mon frère. Genèse 27.41

Or Rome avait à sa tête le sénat qui promulguait les lois. Le mot « sénateur » se décompose en 3
verbes : Sana’ , Naqam , Natar. Ce qui signifie : Il hait, se venge, garde rancune. Ainsi le « Sénat » romain deviendra : « hostile », « vindicatif » et « rancunier » vis-à-vis d’Israël.

Dans la tradition, Esaü est l’antithèse de Jacob et Edom est l’antithèse d’Israël. Par conséquent,
Edom est le type de Rome ! D’ailleurs, Amalek, le petit fils d’Esaü est condamné à une guerre éternelle contre Israël.

Il dit: Parce que la main a été levée sur le trône de l’Eternel, il y aura guerre de l’Eternel contre Amalek, de génération en génération. Exode 17.16

Qui donc est celui qui s’attaque au trône de l’Eternel ? Edom est condamné par Dieu.

Je mettrai tes villes en ruines, Tu deviendras une solitude, Et tu sauras que je suis l’Eternel. Parce que tu avais une haine éternelle, Parce que tu as précipité par le glaive les enfants d’Israël, Au jour de leur détresse, Au temps où l’iniquité était à son terme, Je suis vivant! dit le Seigneur, l’Eternel, Je te mettrai à sang, et le sang te poursuivra; Puisque tu n’as pas haï le sang, Le sang te poursuivra. Ezéchiel 35.4-6

L’histoire nous dit que la montagne de Seir fut réduite à un désert, mais la mémoire reste et le
type d’humanité qui s’élève contre Dieu est toujours présent.

Si Edom dit: Nous sommes détruits, Nous relèverons les ruines! Ainsi parle l’Eternel des armées:  Qu’ils bâtissent, je renverserai, Et on les appellera pays de la méchanceté, Peuple contre lequel l’Eternel est irrité pour toujours. Vos yeux le verront, Et vous direz: Grand est l’Eternel Par delà les frontières d’Israël! Malachie 1.4-5

La mémoire juive est tellement marquée que tous les ans, à l’anniversaire de la chute du
temple, il y a la lecture de ce texte :

Réjouis-toi, tressaille d’allégresse, fille d’Edom, Habitante du pays d’Uts! Vers toi aussi passera la coupe; Tu t’enivreras, et tu seras mise à nu. Fille de Sion, ton iniquité est expiée; Il ne t’enverra plus en captivité. Fille d’Edom, il châtiera ton iniquité, Il mettra tes péchés à découvert. Lamentations 4.21-22

Esaü tombera de la main d’Israël selon qu’il est écrit :

J’exercerai ma vengeance sur Edom Par la main de mon peuple d’Israël; Il traitera Edom selon ma colère et ma fureur; Et ils reconnaîtront ma vengeance, Dit le Seigneur, l’Eternel. Ezéchiel 25.14

Mon épée s’est enivrée dans les cieux; Voici, elle va descendre sur Edom, Sur le peuple que j’ai voué à l’extermination, pour le châtier. Esaïe 34.5

Esaü est fort, la parole (Gen 27/39-40) nous dit qu’il « vivra de son épée ». Jacob est destiné à le
dominer mais on voit dans Gen 33/14 qu’Israël cède à Esaü la domination politique.

Isaac, son père, répondit, et lui dit: Voici! Ta demeure sera privée de la graisse de la terre Et de la rosée du ciel, d’en haut. Tu vivras de ton épée, Et tu seras asservi à ton frère; Mais en errant librement çà et là, Tu briseras son joug de dessus ton cou. Genèse 27.39-40

Que mon seigneur prenne les devants sur son serviteur; et moi, je suivrai lentement, au pas du troupeau qui me précédera, et au pas des enfants, jusqu’à ce que j’arrive chez mon seigneur, à Séir. Genèse 33.14

Le prophète Balaam avait déjà reconnu en Amalek la première des nations :

Balaam vit Amalek. Il prononça son oracle, et dit: Amalek est la première des nations, Mais un jour il sera détruit. Nombres 24.20

Rome n’est-elle pas la première des nations ?

Il est également étonnant de constater que l’Islam a toujours été un ennemi d’Israël. Deux  personnages de la bible n’ont pas hérité de la bénédiction de leur père : Ismaël et Esaü. On
remarque par ailleurs que Esaü s’est marié avec des femmes cananéennes et une des filles
d’Ismaël. Ainsi, les deux « déshérités » sont unis dans le mariage, comme Rome et l’Islam le sont et le seront sans doute. Celui qui aime la chair est uni à celui qui est né de la chair.

Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre. Mais celui de l’esclave naquit selon la chair, et celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse. Galates 4.22-23

Les caractères de Rome

Seule une puissance mondiale peut asservir Israël, Rome était, de son temps, la plus grande
puissance politique, militaire et économique que le monde ait connu. L’empereur était élevé au rang de Dieu, avec comme titre : « César Auguste ».

La puissance militaire

Cette puissance était effrayante. L’armée était si bien organisée, entraînée et équipée que
personne ne pouvait résister. Seuls les Parthes, installés en Iran, ont bloqué l’avance romaine.
Les romains étaient maîtres en machines de guerre. C’est l’organisation de la force et de la
violence. La technique au service de la guerre.

Richesse et cupidité

Les rabbins nous ont laissé des textes qui montrent à quel point les romains aimaient
l’argent, ces textes parlent d’eux-mêmes :

« Il n’y a pas de forme de malhonnêteté dont il (le pouvoir) s’abstint… il rendait à leur famille contre rançon ceux qui avaient été mis en prison pour brigandage, seul celui qui ne pouvait pas payer était considéré comme criminel »

« L’empire donne abondamment et prend abondamment »

« Soyez circonspect avec le pouvoir, car ces gens ne s’intéressent à quelqu’un que dans leur intérêt »

Les rabbins surnommaient Rome « Esaü », ils ont écrit :

« Esaü agit comme les gouverneurs, les ducs, les préfets qui se rendent dans les villages, volent et pillent et à leur retour disent : amenez nous les pauvres, que nous les nourrissions »

« Deux statères d’or fin sont descendus sur le monde, l’un d’eux est allé à Rome et l’autre au reste du monde »

«Toute richesse n’afflue qu’au royaume d’Edom (Esaü) et celui-ci ne se remplit jamais »

« Apporte ta capitation, ton annone : si quelqu’un répond qu’il n’a pas de quoi payer, on lui impose une amende et des pénalités »

Civilisation du divertissement

Si les Grecs ont inventé les jeux olympiques, les romains avaient inventé les jeux du cirque, avec
ce plaisir d’assister à des massacres. Les rabbins disaient :

« S’asseoir au stade, c’est commettre un meurtre ».

Par ailleurs il y avait à Rome un instinct de débauche, les orgies étaient coutumières et les
rabbins disaient :

« Le mâle s’unit au mâle, ils exposent des garçons dans des maisons infâmes ».

« Tu (Rome) pratiques l’adultère, l’union illicite avec des garçons, toi, efféminée et injuste, citée perverse et maudite entre toutes, malheur à toi, cité impure du pays latin »

« En toi, une mère avait un commerce impie avec son enfant, une fille devenait l’épouse de son propre géniteur…en toi, les hommes pervers avaient des relations avec les bêtes ; Silence, misérable cité scélérate, pour l’orgie à laquelle tu t’es livrée ».

La moralité ?

Les rabbins disaient « Superbia et Avaricia ». Ils ajoutaient que :

« Cet empire troublerait tout, briserait tout, emplirait tout des maux à cause d’une cupidité dégradante et d’une ignoble soif de richesse »

« Les Kittims (les Romains) répartissent leur joug et leur impôt, leur nourriture sur tous les peuples, année après année, pour détruire de nombreux pays »

« Toute leur pensée est pour le mal et c’est avec astuce et ruse qu’ils se conduisent avec tous les peuples »

Les bienfaits de la civilisation

Les romains étaient de très bons techniciens, ils disaient :

« Nous avons institué beaucoup de marchés, fait beaucoup de thermes, multiplié l’argent et l’or pour qu’Israël se consacre à la Tora »

Sur quoi, les rabbins répondaient que les romains faisaient des marchés pour y mettre des
prostituées, que les ponts étaient faits pour y mettre des péages. Quand à la propreté
corporelle, recommandée surtout pour les chefs religieux, les thermes étaient si dangereux qu’il
fallait prononcer une bénédiction en y entrant.

Rome était hypocrite et rusée. D’ailleurs une des questions qui étaient posée aux prisonniers lors
des jugements était :

« Prenons l’hypothèse que tu n’as pas tué, avec quoi as-tu tué ? »

Un royaume tortueux dans ses voix !

Source: Disciple de Yeshoua

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