Le pape reçoit lundi Recep Tayyip Erdogan, première visite d’un président depuis 59 ans, programmée en pleins bombardements meurtriers en Syrie contre des Kurdes par le régime d’Ankara et après les condamnations répétées du chef d’Etat turc sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump.

Le pape François et le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 28 novembre 2014 à Ankara
Filippo Monteforte (AFP)

M. Erdogan devrait d’ailleurs sans aucun doute remercier le pape pour avoir contesté la décision du président américain. « Nous sommes tous les deux pour la défense du statu quo (à Jérusalem) et nous avons la volonté de le protéger », a commenté le dirigeant turc dans un entretien publié dimanche dans le journal La Stampa. Il y défend, comme le pape François, « la solution de deux Etats » et précise que la question de Jérusalem est la « priorité » de sa rencontre avec le souverain pontife.

« Aucune nation au monde n’a le droit de prendre des mesures unilatérales concernant une ville chère à des milliards de personnes, en ignorant le droit international », a-t-il poursuivi.

Le pape François et le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 28 novembre 2014 à Ankara
Filippo Monteforte (AFP)

« C’est pourquoi l’Assemblée générale des Nations unies a voté pour condamner la déclaration de Donald Trump sur Jérusalem en décembre dernier », a ajouté M. Erdogan, précisant que « seuls quelques pays ont soutenu les Etats-Unis et Israël, et j’ai été heureux de voir l’Italie voter contre la décision des Etats-Unis ».

Le pape argentin, qui n’a de cesse de marteler son horreur des guerres et des armes de destruction, ne manquera pas de son côté d’aborder l’offensive menée depuis le 20 janvier en Syrie contre la région d’Afrine, lors de la rencontre prévue à 9h30 (8h30 GMT) avec Erdogan.

Un sit-in de protestation contre la venue du président turc avec 200 personnes à l’initiative d’une association italienne de Kurdes est d’ailleurs prévu lundi en fin de matinée non loin du Vatican, dans les jardins de Castel Sant’Angelo. « A Afrine, un nouveau crime contre l’Humanité est en cours », dénonce l’association.

Le pape argentin, défenseur du dialogue interreligieux, avait effectué un voyage peu chaleureux en Turquie en novembre 2014. M. Erdogan, un pieux musulman, en avait profité pour s’arc-bouter sur la dénonciation de l' »islamophobie » et invoquer une responsabilité de l’Occident dans la montée du fondamentalisme islamique.

En juin 2016, lors d’un voyage en Arménie, le pape avait utilisé le mot « génocide » arménien, provoquant le courroux d’Ankara qui avait fustigé alors « une mentalité de croisade ».

Le président turc s’entretiendra aussi lundi avec le président italien Sergio Mattarella et le Premier ministre Gentiloni, occasion de parler d’immigration clandestine, d’industrie de la défense ou d’adhésion à l’UE.

Dimanche, il avait rejeté dans les colonnes de La Stampa toute option autre qu’une « adhésion » de la Turquie à l’UE, balayant la proposition française d’un simple « partenariat ».

Aucune rencontre avec la presse n’a été annoncée lundi. Erdogan avait été vivement critiqué début janvier à Paris pour s’en être pris à un journaliste français l’interrogeant sur la livraison supposée d’armes par Ankara au groupe Etat islamique en 2014.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

Source: i24 News

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