Le désintérêt du Hamas pour un conflit en dépit de la détérioration humanitaire rend la guerre israélienne contre le Hezbollah et les missiles iraniens plus probable

Les soldats israéliens (en haut à gauche) et les Casques bleus (en haut à droite) regardent les partisans libanais du mouvement chiite Hezbollah assister à un rassemblement contre la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le 28 janvier 2018, dans le village dans le sud du Liban d’Alma al-Shaab, à la frontière avec Israël (Crédit : AFP PHOTO / Mahmoud ZAYYAT)

En lisant les unes des journaux, on a le sentiment clair qu’Israël va bientôt entrer dans une guerre sur de deux fronts : une contre le Hamas à Gaza et l’autre contre le Hezbollah au Liban. Les déclarations faites par les responsables, les députés, les ministres et les militaires, les unes après les autres, semblent préparer leurs électorats respectifs pour un tel scénario.

Alors que les tensions augmentent sur les deux fronts, c’est la frontière nord qui présente la situation la plus explosive et qui représente la plus forte probabilité d’engendrer un conflit réel.

Le grand exercice de parachutage de l’armée israélienne et les diverses fuites médiatiques depuis Beyrouth à propos de ses usines de roquettes souterraines financées par l’Iran donnent toutes deux l’impression qu’il existe un sérieux potentiel d’escalade le long de la Ligne bleue.

Israël a précisé à plus d’une occasion qu’il n’avait pas l’intention d’accepter la création d’usines de roquettes de grande précision au Liban.

Une installation similaire en Syrie n’existe plus, suite à une frappe aérienne israélienne, selon les médias arabes.

Mais les efforts soutenus par l’Iran pour construire des missiles se poursuivent au Liban et au Yémen, où le régime soutient les rebelles Houthi, bien qu’il le nie officiellement. Alors que le problème du Yémen est le problème de l’Arabie saoudite, les efforts au Liban sont de la plus haute importance pour Jérusalem, et une action militaire israélienne ne semble qu’être qu’une question de temps.

C’est là que la réponse du Hezbollah entre en scène. L’organisation chiite a clairement fait comprendre dans le passé que, même si elle laisse passer les actions israéliennes en Syrie avec rien de plus que des dénonciations mécontentes, dès qu’il s’agira du sol libanais, il n’y aura pas de clémence. Il est plutôt possible qu’une attaque israélienne invite une réponse militaire du Hezbollah.

L’image d’ImageSat International de la présumée base iranienne située à 50 km de la frontière syro-israélienne (Crédit : Capture d’écran des informations de Hadashot)

Les deux parties ont clairement indiqué qu’elles sont capables de causer des dommages sérieux à l’autre, et avec raison.

Dans ce face à face tendu, la question est maintenant de savoir si l’un ou l’autre camp choisira de cligner des yeux — Israël en ignorant les usines de missiles du Hezbollah ou le Hezbollah en ignorant une attaque israélienne.

Aucun intérêt du Hamas

Les choses sont un peu moins explosives à Gaza, où, bien qu’il y ait une crise humanitaire croissante, la guerre ne pointe apparemment pas forcément à l’horizon.

La détresse y est en effet sévère — apparemment sans précédent, même pour l’enclave côtière. Lundi, trois nouvelles cliniques médicales ont été fermées en raison des pénuries d’électricité, et 15 autres cliniques ne fonctionnent que partiellement.

Avec un taux de chômage d’environ 46 % et plus de la moitié de la population — 1 million de personnes — ayant besoin d’une aide alimentaire des organisations de défense des droits de l’Homme pour survivre jusqu’à la fin du mois, l’effondrement économique de Gaza, comme l’a déclaré le chef d’état-major Gadi Eizenkot, n’est plus qu’une question de temps.

Un employé du ministère palestinien de la Santé vérifie l’hôpital de Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza après qu’il a été fermé le 29 janvier 2018 n’ayant plus d’électricité (Crédit : Mahmud Hams / AFP)

Il est vrai que plus la crise humanitaire dans la bande de Gaza est grave, plus le danger d’une explosion violente est grand, puisque le Hamas a moins à perdre. Et pourtant, le Hamas n’a toujours pas montré de l’intérêt pour la guerre.

Le groupe terroriste ne veut pas d’une confrontation violente, et cela a été clairement démontré par ses actions au cours des derniers mois. Le Hamas aurait sévèrement réprimé des groupes salafistes dans l’enclave, dans le but d’empêcher des tirs de roquettes supplémentaires sur Israël.

Le verbiage israélien incessant sur cette question a créé au sein du Hamas le sentiment que Jérusalem pourrait être le premier à faire le premier geste militaire comme il l’a fait dans les guerres passées.

C’est pour cette raison que le quartier général du Hamas a été évacué et le groupe terroriste a annoncé un « état d’urgence » dans le but de créer le moins de cibles possibles pour les Israéliens.

Et malgré cela, dans presque toutes les conversations, les sources dans la bande de Gaza affirment qu’en dépit de la situation économique grave, le Hamas n’est pas intéressé par une escalade de la violence.

Source: Times of Israël

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