La situation des Juifs d’Europe dégradée dans son ensemble

« Nous sommes entrés dans un nouvel âge de la judéophobie » explique Pierre-André Taguieff dans L’Obs

Comment en est-on arrivé là ? se demande Sara Daniel dans le dernier numéro de L’Obs consacré à la situation des Juifs en France, en Suède, en Allemagne et en Belgique.

Des policiers enquêtent sur l’explosion d’une bombe dans un supermarché casher de Sarcelles, après que deux hommes masqués on lancé une grenade à l’intérieur du magasin en plein jour, le 19 septembre 2012. (Crédit : Joël Saget/AFP)

« Un petit garçon de 8 ans portant une kippa agressé par deux adolescents à Sarcelles; des juifs qui plient bagage en Seine Saint Denis; une synagogue transformée en bunker en Suède; des écoles vidées de leurs enfants juifs dans le centre de Bruxelles; l’explosion d’actes antisémites à Berlin ».

Et les mots qui donnent à sentir un danger dont la seule chose qui rassure est qu’il soit contenu par l’autorité publique et les forces de l’ordre ne sont pas en reste. Ainsi, en juillet 2014 à Paris et à Sarcelles, et plus récemment à Berlin, suite à la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, on a pu réentendre le vieux slogan « morts aux juifs ! ».

Partout, le magazine note la même convergence idéologique qui amène les Juifs à quitter les écoles publiques, changer de quartier voire émigrer en Israël.

Pierre-André Taguieff, observateur pointu de la résurgence de l’antisémitisme au début des années 2000, qu’il avait rebaptisé « la nouvelle judéophobie, » résume ainsi la situation dans l’hebdomadaire : « Je dirai que la récente vague anti-juive résulte des interférences de trois types de mobilisation : l’anti-sionisme radical d’extrême gauche, le pro-palestinisme mystique et l’islamisme djihadiste ». Cela en lieu et place du « vieil antisémitisme politique rassemblant nationalistes et catholiques ».

« En 1999, on dénombrait 82 faits anti-juifs » ayant donné lieu à une plainte.

« En 2000, égraine-t-il, ils s’élevaient brutalement à 744, en 2002 à 936, à 974 en 2004, 815 en 2009, 615 en 2012 et une, après une baisse en 2013 (423) 851 en 2014. En 2015, on a dénombré 808 faits anti-juifs. En 2016, on constate une baisse importante (-58,5 %) : 335 faits anti-juifs. La tendance s’est poursuivie en 2017, mais de manière moins prononcée : 311 faits (97 actions, 214 menaces) soit une baisse de 7,2 %. On note cependant une augmentation des actions violentes : 97 contre 77 l’année précédente ».

« Nous sommes entrés dans un nouvel âge de la judéophobie, » conclut Pierre-André Taguieff qui appelle à endiguer la progression de l’islamisme radical dans le monde musulman, et à remplacer « par la connaissance et l’analyse du conflit israélo-palestinien la vulgate pro-palestinienne islamisée qui se diffuse aujourd’hui largement ».

Source: Times of Israël