La Russie veut changer les équations régionales en faveur du régime iranien

Si les règles du jeu ont changé avec le crash, le 10 février, du F-16 israélien c’est surtout grâce aux russes qui sont les nouveaux maîtres en Syrie. La destruction du F-16 israélien montre que le ciel syrien n’est plus sûr pour les avions de chasse israéliens. Cet événement montre que les avions de combat F-16, après trois décennies de vol au service de l’armée israélienne et quatre décennies au service de l’USAF, et malgré toutes les améliorations et rénovations qu’ils ont adoptées, ont largement perdu de leurs capacités opérationnelles face aux missiles d’artillerie Sam-5, n’étant plus capables de mener des opérations secrètes depuis le Liban contre des cibles en Syrie.

Mais ce n’est pas tout : ces attaques ont conduit la Russie à prendre ouvertement position en appui à l’Iran.

Dans son numéro de lundi 12 février, le journal israélien Haaretz revient sur les conséquences des attaques aériennes d’Israël sur la Syrie, en rapport avec l’écrasement de cet F-16 israélien par la DCA syrienne.

D’après le journal israélien, ces opérations risquent de transférer l’épicentre de la guerre en Syrie vers un autre front inattendu et contraindre les Russes à prendre désormais ouvertement une position favorable à la partie iranienne.

Selon le quotidien les raids aériens israéliens en Syrie feront déferler, contre l’État juif, l’accusation d’une ingérence directe dans la crise syrienne.Une intervention israélienne en Syrie pourrait entraîner cette conclusion que la crise syrienne relève plutôt d’une guerre contre Israël, que d’une guerre civile et cela aussi renforcera la position de l’Iran et de son allié Hezbollah.

Certes, la poursuite des opérations aériennes à court terme dépendra de la décision du cabinet israélien et des pressions que les parties russe et américaine exerceraient sur Tel-Aviv, précise aussi le journal.

jérusalem tient à son approche officielle contre une présence militaire iranienne en Syrie, il va devoir suivre cette approche dans la perspective des relations entre trois pays que son l’Iran, la Russie et la Turquie. Or, en tout état de cause, ces trois pays vont essayer d’éloigner les Etats-Unis et Israël de la donne syrienne, conclut le journal israélien Haaretz.

Il serait aussi utile de rappeler que le 10 février, Israël a abattu un drone iranien qui avait pénétré son espace aérien, ayant décollé depuis une base militaire près de Palmyre. Les avions israéliens avaient bombardé initialement des bases militaires dans le centre syrien.

Il semble que les russes veulent occulter la présence de cette base militaire iranienne en Syrie. Téhéran prétend  que la présence iranienne en Syrie s’était réalisée à la demande officielle du gouvernement légitime syrien.

La Russie, la Turquie et l’Iran continuent de coordonner leurs mesures en Syrie

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a assuré, le mardi 13 février, que son pays cherche « l’organisation d’une nouvelle édition des pourparlers d’Astana ainsi que de nouveaux tours de négociations à Sotchi. Vladimir Poutine est en contact permanent avec ses homologues en Turquie et en Iran. La Russie, la Turquie et l’Iran continuent de coordonner leurs mesures afin de baliser le terrain à l’instauration de la paix en Syrie, sous les auspices des Nations unies », a indiqué Dmitri Peskov.

« Les forces militaires qu’a maintenues la Russie en Syrie ont la capacité d’y prévenir les agissements terroristes », a ajouté le porte-parole du Kremlin.

Le porte-parole du Kremlin a rappelé que « les attaques lancées de temps à autre par les terroristes en Syrie, on ne peut pas les prévenir immédiatement, car les groupes terroristes, lorsqu’il estime le terrain propice, lancent des attaques et des offensives. Cependant, les forces militaires et l’aviation de la Russie aideront l’armée syrienne à combattre les terroristes. Elles en sont bien capables.

Moscou nie la présence d’une base militaire iranienne en Syrie.

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, son pays ne dispose pas d’informations qui prouveraient la présence d’une base militaire iranienne non loin de Palmyre, en Syrie.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a affirmé devant les journalistes que Moscou ne disposait pas d’informations concernant l’éventuelle existence d’une base iranienne près de Palmyre.

« Non, je ne dispose pas de telles informations », a-t-il indiqué, interrogé par la presse ce lundi 12 février 2018.

Palmyre, ville syrienne de la province de Homs a été libéré en mars 2017 par les forces chiites et des milices iraniennes. Cette ville située au centre de la Syrie offre une artère de communication de grande importance stratégique.

Pourtant le Premier ministre israélien avait rencontré, le 29 janvier dernier, le président russe Vladimir Poutine. Netanyahu avait parlé  avec le président russe sur « les activités de l’Iran dans la région » et il avait affirmé  que sa présence en Syrie est problématique et quelle y créer une base militaire. Devant les journalistes, Netanyahu avait aussi dit qu’Israël préparait déjà des mesures en réaction à la conduite de l’Iran.

Le Premier ministre israélien avait aussi dit que l’Iran envisage de transformer le Liban en une énorme base de missile. Netanyahu avait parlerait aussi avec Poutine de ce qu’il avait appelé les efforts iraniens en vue de frapper Israël par des missiles à haute précision depuis le territoire libanais.

Il avait ajouté que ses multiples visites en Russie s’effectuaient dans le cadre des coordinations militaires entre les armées israélienne et russe concernant la Syrie. Reste à voir si le Premier ministre israélien avait t-il réussi à dissuader Moscou de son alliance avec l’Iran en ce qui concerne la crise syrienne ? Rien n’est moins sûr.

Le journal israélien Haaretz avait écrit  que Netanyahu avait  parlé  avec Poutine du Plan global d’action conjoint (PGAC, accord sur le nucléaire iranien) et sur le délai établi par le président américain Donald Trump pour un changement de cet accord, ce que les Iraniens ont toujours catégoriquement rejeté

Moscou demande des preuves du caractère déstabilisateur du programme balistique iranien

Le ministre russe des Affaires étrangères s’est penché sur les relations tumultueuses de la Russie avec les États-Unis et sur le programme balistique iranien. Sergueï Lavrov ne croit pas que l’Iran devrait prouver aux Occidentaux le caractère pacifique de son programme balistique, mais qu’au contraire, c’est l’Occident qui devrait montrer les preuves de ce qu’il avance à l’encontre de l’Iran, selon l’agence de presse Interfax.

« Ceux qui pensent que le programme balistique iranien est un facteur de déstabilisation doivent en apporter les preuves », a martelé Lavrov.

Les relations américano-russes se sont sérieusement refroidies, surtout depuis le rattachement de la péninsule de Crimée à la Russie, et l’implication grandissante de Moscou dans les équations du Moyen-Orient, en particulier dans le conflit syrien.

Selon l’agence de presse Interfax, Lavrov a dressé un tableau des relations actuelles en évoquant la publication d’une liste des Russes fortunés et proches du président russe Vladimir Poutine par le Trésor américain, qui a menacé de les sanctionner. « La publication de cette liste était un geste ridicule », a-t-il indiqué.

Les Etats-Unis sont plusieurs fois intervenu pour le règlement des dissensions avec Moscou sans que cette dernière aient jamais répondu à aucune des initiatives proposées.

Alors que les  américains continuent à croire que le programme balistique iranien est un élément déstabilisateur au même titre que la présence des conseillers militaires iraniens auprès de l’armée syrienne, Abbas Araqtchi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, veut négocier sur d’« autres questions » avec les Américains.

Sergueï Lavrov n’a pas manqué de menacer les Américains en Extrême-Orient : « Si ça continue comme ça, les chances de voir les tensions s’apaiser dans la péninsule coréenne vont diminuant. »

À noter que les gouvernements nord-coréen et sud-coréen, qui se considèrent comme des « ennemis » depuis 1953, ont pourtant fait mine de se rapprocher depuis les Jeux olympiques d’hiver. En effet, Kim Yo-jong, la sœur du dirigeant Kim Jong-un, a accompagné la délégation officielle mandatée par la Corée du Nord pour les jeux de Pyeongchang. Elle est la première membre de la dynastie qui règne depuis trois générations sur la Corée du Nord à fouler le sol sud-coréen. Ils ont été chaleureusement accueillis par le ministre sud-coréen de l’Unification.

Pendant ce temps, le vice-président américain Mike Pence, qui se trouve actuellement en Corée du Sud à l’occasion des JO, a ouvertement appelé le Japon et la Corée du Sud à prêter main-forte aux USA pour faire pression sur la Corée du Nord.

Reproduction autorisée avec la mention suivante: © Souhail Ftouh pour Europe Israël

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