Retrouvez la première partie ici: Qui sera le futur Premier Ministre d’Israël – Partie 1

Lieberman: «J’ai toujours été dérangeant et controversé ; pour moi, ce qui est dérangeant est positif.»

S’il est blanchi des accusations qui pèsent contre lui, le Premier ministre se représentera-t-il lors des prochaines élections? C’est probable, il serait sans doute le meilleur candidat en lice  et une majorité d’Israéliens voteraient certainement pour lui.

Mais dans le cas contraire, comme je le disais dans la 1ère partie de ma chronique, la personne que semblent privilégier un nombre appréciable d’Israéliens est l’actuelle ministre de la Justice, Ayelet Shaked. Mais les médias et la gauche s’emploient à salir son image.

La gauche craint Ayelet Shaked comme elle craint Liberman. Il faut dire que ce sont là deux personnages provocateurs, qui n’ont pas la langue dans leur poche. D’ailleurs, les reproches qu’on adresse à la ministre de la Justice rappellent en bien des points ceux qu’on adresse au ministre de la défense.

Peut-être qu’avec celui qu’on appelle le « Raspoutine israélien » et celle qui sera la prochaine Dame de fer, Israël entrera dans une ère nouvelle où la sécurité sera accrue et où les doléances des « Palestiniens » seront réduites au minimum.

Parmi les reproches que lui adressent ses détracteurs vient d ‘abord son anti-palestinisme. Mais ce n’est pas tout.

2 – Son nationalisme Pour tous les détracteurs de l’État juif- antijuifs, gauchistes, nationalistes arabes, Juifs de gauche, etc.- le nationalisme juif est assimilé au racisme, au nazisme, au fascisme, au totalitarisme. Cela est vrai du nationalisme que l’on qualifie de dominateur, c’est le synonyme d’impérialisme. Mais ceux qui sont un tant soit peu instruits savent qu’il existe des différenciations entre les nationalismes et que le  nationalisme juif n’appartient nullement à cette catégorie.  Ils savent, disons le mot, celui que la gauche d’aujourd’hui exècre : le nationalisme juif, c’est le sionisme.

On pourrait donner du sionisme la définition que Jacques Grand’Maison, un farouche nationaliste québécois, écrivait à propos du nationalisme « C’est l’attachement au sol, celui qui a vu naître et mourir les ancêtres, et à une certaine tradition. Le nationalisme est aussi un point de repère idéologique de nature mystique ou militariste selon les pays, les auteurs et les époques ».  

Et le sionisme est aussi un mouvement d’émancipation du peuple juif, un mouvement de libération. Certes, mon propos n’est pas de faire ici l’apologie du sionisme, mais de rappeler ce que signifie être nationaliste pour le juif :c’est la fin de la soumission, la fin du mépris, la fin de l’exil.

En un mot, le sionisme, c’est la LIBERTÉ, la liberté de s’épanouir, le droit de renouer avec ses racines. Il a permis au juif d’acquérir le titre d’homme qui lui était refusé pendant 2000 ans. Et la gauche refuse obstinément le nationalisme juif, même si elle sait au fond d’elle-même qu’on ne peut le confondre avec les autres nationalismes, sans doute parce que le sionisme n’obéit pas à leurs critères du nationalisme.

Oui, Ayelet Shaked est sioniste. Elle est merveilleusement imprégnée de l’identité juive. Comme la majorité des Juifs d’ailleurs.  Et c’est heureux ! Ayelet Shaked est patriote, mais comment ne pas l’approuver ? Elle veut pour Israël ce qu’il y a de mieux. Les patriotes français ou autres ne partagent-ils pas son point de vue ?

De toute façon, un chef de gouvernement qui ne serait pas sioniste est quelque chose  de totalement inconcevable : il conduirait irrémédiablement le pays à sa perte. Qui voudrait d’un Premier ministre qui afficherait son universalisme ? 

3 – Son recours aux réseaux sociaux Désespérément à la recherche des défauts impardonnables qui lui fermeraient la porte au poste tant convoité, un gauchiste notoire, Jacques Benillouche, n’a rien trouvé de mieux que de lui reprocher, un peu comme on l’a fait avec Trump, d’utiliser les réseaux sociaux à son avantage.

« Shaked est de la nouvelle race des politiques qui savent exploiter la force des réseaux sociaux. Elle y est en permanence présente », écrit-il.  C’est vrai, elle le fait et elle fait bien ! Qui oserait le lui reprocher ? Les réseaux sociaux sont-ils interdits d’accès aux politiques ?

Elle est intelligente : elle a compris qu’ « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », qu’il  vaut mieux « se vendre » sur les réseaux sociaux que d’encaisser sans broncher les coups des médias traditionnels. Et si ce moyen a permis à Donald Trump de désarmer les médias et de se rapprocher de son peuple, il a bien fait. Il s’est rendu compte que les électeurs en ont ras-le-bol des politiques faux, menteurs, bavards, lâches et hypocrites et des  médias traditionnels qui, parce que bien souvent incultes, affichent ouvertement leur parti pris contre Israël.

Pour comprendre pourquoi certains la désavouent, il faut savoir qu’elle a déjà dévoilé son programme électoral et que certaines mesures qu’elle prendrait si elle était élue ne peuvent que déplaire aux gauchistes, à tous ceux qui sont pro-Palestiniens. Elle veut entre autres,

– Enterrer la solution de deux États :

En fait, un minimum de bon sens permet à Monsieur et Madame tout-le-monde de comprendre que si 70 ans n’ont pas permis d’en arriver à une entente entre Israéliens et « Palestiniens », on n’y arrivera jamais. Inutile de se leurrer, d’échafauder des plans qui seront rejetés parce que ne répondant pas aux exigences du peuple dit « palestinien » .Cette solution n’est pas à l’agonie, elle  est bel et bien morte et enterrée, n’en déplaise à tous les pro-Palestiniens.  Disons le clairement : il n’y a pas de place pour deux États, il n’ y a et il n’y aura qu’un seul et unique État à l’emplacement de l’État d’Israël : c’est l’État juif. Point barre.

– Désarmer la gauche et les ONG.

La ministre de la Justice ne cherche pas à se gagner les faveurs des gauchistes. Bien au contraire! À la lumière de son comportement à l’égard des gauchistes, on n’a pas de difficultés à comprendre qu’ils l’aient  dans leur collimateur.

Oui, c’est vrai, la ministre de la Justice a déclaré la guerre à la gauche. Elle a bien fait, et même très bien fait! Il y a longtemps que cela aurait dû être fait. Car la gauche aujourd’hui, en Israël, n’a plus rien de la Gauche sioniste, de cette gauche qui s’est vaillamment battue pour que les Juifs aient un État ?

Sa situation s’est terriblement détériorée, la gauche israélienne est gravement malade et le fait qu’elle ait changé de nom, qu’elle se fasse appeler Parti progressiste ou mieux encore moderniste– même si ces mots sont chargés de connotations  positives- ne changera rien à la perception qu’ont de la gauche les Israéliens.

Aujourd’hui, la gauche, qu’elle soit israélienne ou autre, prend systématiquement fait et cause pour Abbas, l’homme qui glorifie le terrorisme, qui le finance largement, qui veut détruire l’État juif, alors qu’elle condamne systématiquement toute décision que prend le gouvernement israélien.  Comment ne pas lui apposer l’adjectif « traîtresse » ? Comment ne pas vouloir la mettre hors d’état de nuire ?

Alors, comme bien des Juifs, que ce soit en Israël ou dans la diaspora, Ayelet Shaked est révoltée par le comportement des gauchistes. Elle se refuse à laisser vivre en paix des Juifs qui, pour se faire un nom, consentent à collaborer avec l’ennemi, à détruire, pour le satisfaire, l’image de Tsahal et, partant, à saper les fondements du pays. Alors, comme cette future candidate aux élections place l’amour de son pays au sommet de son échelle de valeurs, elle travaillera à faire taire les voix dissidentes.

Par ailleurs, elle compte également accentuer les sanctions déjà entreprises par Netanyahou pour mettre certaines ONG également hors d’état de nuire.  Netanyahou a  eu le courage de s’attaquer aux ONG parmi lesquelles figurent « La Paix maintenant » (en hébreu Shalom Arshav) et « Briser le silence » ( en hébreu Shovrim Shtika ) et de mettre fin au financement qu’elles reçoivent des pays étrangers.

S’attaquer aux ONG exige une sacrée dose de courage car cela revient à s’attaquer à l’Union Européenne qui les subventionne grassement. En effet, elle peut aller jusqu’à donner 200 millions d’euros par an à des ONG israéliennes pour qu’elles fassent entendre leurs voix à travers le monde en tant qu’organisations israéliennes qui condamnent le gouvernement. Évidemment, on ne nous le dira pas, mais elles remplissent merveilleusement bien la tâche qu’on leur a confiée : ces ONG salissent la réputation de Tsahal en la présentant comme une armée amorale alors qu’elle se dit – et qu’elle est ! – l’armée la plus morale du monde ;  elles travaillent à détruire les fondements d’Israël, à délégitimer leur pays et, partant,  leur peuple. C’est pourquoi l’Europe a hurlé au scandale quand Netanyahou a annoncé qu’il interdirait le financement étranger,

Après tout, comme le dit la ministre de la Justice : «Il n’est pas normal, que des États européens interfèrent de cette manière dans notre vie nationale,. D’autant que ces associations touchent de l’argent pour délégitimer Israël et diffamer son armée. Que diraient ces mêmes pays européens si nous nous mettions à financer à notre tour des groupes sapant sans vergogne la politique de leur gouvernement ? » 

– Limiter les attributions de la Cour suprême

Dans ce domaine, en tant que ministre de la Justice, Ayelet Shaked se sert déjà de ses prérogatives et compte bien limiter les pouvoirs de la Haute cour qu’elle juge trop politisée. Alors qu’à la Cour suprême la quasi-totalité des juges sont libéraux, la ministre de la Justice a opéré des changements : «Lorsque j’ai pris mes fonctions, l’un des objectifs que je m’étais fixés était d’accroître la diversité à la Cour suprême », a-t-elle dit.

En 2017, elle a nommé trois juges conservateurs, et en février 2018 sont venus s’ajouter deux nouveaux juges dont l’un est franchement conservateur et l’autre un tant soit peu libéral. Ces nominations vont, comme elle le laisse entendre,  changer le visage de la Cour suprême : « Je ne doute pas que leur contribution à la Cour suprême marquera l’histoire du système judiciaire israélien ».

Si le projet de loi qu’ont publié la ministre et Naftali Bennett, le leader de la formation HaBayit HaYehudi, est adopté, la Cour suprême verra ses pouvoirs considérablement réduits, elle ne pourra plus être un État dans l’État, ce qu’elle a été jusqu’à maintenant. Elle ne pourra plus, comme elle l’a toujours fait par le passé, annuler des lois entérinées par la Knesset.

Quant aux « Palestiniens », c’est vrai qu’ils vont en souffrir : ils ne bénéficieront plus d’une oreille compatissante pour écouter leurs doléances surtout en ce qui concerne les démolitions prévues par l’armée, ils devront désormais s’adresser aux tribunaux de circonscription où ils risquent fort d’être déboutés; ils ne pourront plus contester certaines lois du pays et refuser de s’y soumettre.

Si les soutiens des « Palestiniens » désavouent ces changements, en revanche la majorité des Israéliens s’en réjouit.

Autre avantage et non des moindres à museler la Cour suprême : il sera plus facile au gouvernement de faire adopter le projet de loi sur l’État-nation qui définit Israël en tant qu’État juif.

– Faire d’Israël l’« État-nation du peuple juif »

C’est l’objectif que s’est fixé Netanyahou. On sait qu’il y a un projet de loi qui vise à définir Israël en tant qu’« État-nation du peuple juif », Ce projet de loi stipule que «le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est unique au peuple juif».

Le Premier ministre se heurte à ceux qui se disent défenseurs de l’égalité et qui jugent qu’une  telle loi aura pour effet de «dénigrer clairement la minorité arabe palestinienne non-juive au statut de citoyens de seconde classe».Faut-il leur rappeler quel était le statut des Juifs en pays arabe?  Ont-ils une autre solution pour qu’Israël soit l’État des Juifs? Ou bien sont-ils prêts à renoncer à l’identité juive de leur patrie?

Et comme il fallait s’y attendre, ce projet de loi est condamné par la quasi-totalité de la communauté internationale, à commencer par les pays de l’UE sous prétexte que cela « aboutit à des discriminations, qui interrogent sur le caractère démocratique de l’Etat d’Israël. » Autrement dit, l’UE laisse entendre qu’Israël qui se targue d’être une démocratie ne serait plus considérée comme telle. Donc, pour que la démocratie continue à prévaloir, il faudrait que l’État juif consente, le cas échéant, à devenir un pays majoritairement peuplé de musulmans, donc à disparaître. Quel pays à majorité musulmane– et il en existe 49- consentirait à avoir une majorité juive ou chrétienne? Certainement aucun!

Mais Ayelet Shaked défend ce projet avec acharnement. Pour elle, il n’y a pas d’antinomie entre État juif et démocratie. Au contraire! « Je crois, dit-elle,  que nous serons un État plus démocratique, plus nous serons un État juif, et nous serons un État plus juif, plus nous devenons démocratiques». 

Et elle a scandalisé tout le monde en annonçant qu’il faut garder la majorité juive en Israël même « au prix de la violation des droits ». Des propos que tous les médias ont rapportés et qui ont été jugés scandaleux.

Pourquoi s’indigner des propos de la ministre de la Justice ? D’ailleurs, une majorité juive, n’est-ce pas la condition sine qua non pour qu’Israël reste la patrie nationale du peuple juif?

Certes, les Arabes ne jouiront plus des mêmes droits que les Juifs. Après tout, rien n’obligeait les Juifs- surtout après la guerre qu’ils venaient d’essuyer, à accorder aux Arabes la citoyenneté israélienne.  Et pourtant, c’est bien ce qu’ils ont fait en promulguant la loi de 1952.

Et pourquoi les « Palestiniens » ne seraient-ils pas traités en dhimmis, avec les pogroms en moins,  comme l’ont été les Juifs dans les pays arabes où leur présence était souvent antérieure à celle des musulmans?

Certes, on nous rappellera toujours qu’en Israël les Juifs jouissent d’un avantage que n’ont pas les Arabes : la Loi du retour. Et heureusement!  Accorder cette loi aux réfugiés palestiniens revient pour Israël à se faire hara-kiri, ce qui n’est nullement dans la mentalité des Juifs.

En conclusion,  comme je le disais, seule une personne déterminée à poursuivre l’œuvre de Netanyahou, de préférence avec encore plus de détermination, aura des chances d’être élue. Alors, aux Israéliens de choisir celui ou celle qui protègera l’identité juive d’Israël, quels que soient les moyens qu’il faille mettre en œuvre.

© Dora Marrache pour Europe-Israël

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