Les frappes occidentales « réussies » n’ont pas suffi à détruire la totalité de l’arsenal de Bachar al-Assad

Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le 24 février 2018 à New York
Don EMMERT (AFP)

24 heures après une opération militaire commune contre la Syrie de Bachar al-Assad, la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni entendent relancer la diplomatie.

Le président français Emmanuel Macron a estimé qu’après les frappes, c’était maintenant au Conseil de sécurité de reprendre l’initiative « dans l’unité », « sur les plans politique, chimique et humanitaire ».

Trois facettes qui sont également celles d’un nouveau projet de résolution sur la Syrie que la France et ses alliés ont remis à leurs 12 partenaires du Conseil, samedi soir, et qui devrait être discuté à partir de lundi, selon des diplomates.

Le document « condamne dans les termes les plus forts tout recours aux armes chimiques en Syrie, en particulier l’attaque du 7 avril à Douma ». Il prévoit de créer « un mécanisme indépendant » d’enquête et d’attribution des responsabilités « basé sur des principes d’impartialité et de professionnalisme ».

Il demande aussi à la Syrie de coopérer pleinement avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) alors qu’une mission se trouve sur les lieux pour réunir des éléments sur cette attaque présumée qui aurait fait au moins 40 morts à Douma, selon des secouristes sur place.

Des évacués de Douma arrivent près de Al-Bab dans le nord de la Syrie le 14 avril 2018
Nazeer al-Khatib (AFP)
Ce projet de résolution des trois pays qui ont mené les frappes est le premier à regrouper les aspects chimique, humanitaire et politique du conflit en Syrie, vieux de plus de sept ans.Il « exige des autorités syriennes qu’elles s’engagent dans des négociations inter-syriennes de bonne foi, de manière constructive et sans préconditions » en application des dernières discussions menées à Genève le 3 mars.

Ces négociations, au point mort, doivent porter sur la gouvernance, la question constitutionnelle, les élections, le contre-terrorisme et des mesures de confiance.

Des armes chimiques, toujours utilisables par Damas

Le lieutenant général des forces navales Kenneth F. McKenzie, directeur de l’Etat-Major interarmées du Pentagone, a déclaré que les frappes aériennes alliées avaient « arraché le cœur » de l’arsenal d’armes chimiques de Bachar al-Assad.

Selon l’officiel américain, 105 missiles américains et alliés ont été tirés, dont 66 étaient des missiles de croisière Tomahawk lancés à bord de trois navires et d’un sous-marin américains. Des avions d’attaque britanniques, français et américains, dont deux bombardiers stratégiques B-1B de l’US Air Force, ont lancé des missiles furtifs à longue portée à l’extérieur de l’espace aérien syrien, ont annoncé des responsables.

Photo issue du site Internet de l’agence de presse officielle syrienne, le 14 avril 2018
Handout / STR (SYRIAN GOVERNMENT’S CENTRAL MILITARY MEDIA/AFP)

Qualifiés de « réussis », ces bombardement ont toutefois laissé d’autres installations chimiques syriennes intactes.

« Il y a toujours un élément résiduel du programme syrien qui existe », a déclaré M. McKenzie. « Je ne vais pas dire qu’ils ne pourront pas mener une nouvelle attaque chimique à l’avenir », a-t-il ajouté, estimant cependant que le régime syrien réfléchirait « longtemps et sérieusement » avant une quelconque action dans le futur.

Soigneusement organisée, l’attaque conjointe de samedi a été limitée pour empêcher la libération involontaire de vapeurs toxiques, minimiser les pertes civiles, mais aussi éviter un conflit direct avec l’alliée clé de la Syrie, la Russie.

L’ambassadeur américain à Moscou, John Huntsman, a précisé dans une vidéo que les Etats-Unis avaient communiqué avec la Russie avant de bombarder les bases syriennes « pour éviter de causer la perte de [militaires] Russes ou de civils » présents sur place.

Des forces russes, y compris aériennes, sont présentes dans plusieurs régions de Syrie pour soutenir Bachar al-Assad dans sa longue guerre contre les rebelles anti-gouvernementaux.

Forces russes et syriennes en formation
AFP

Selon l’armée américaine, trois cibles ont été visées samedi: le site de recherche et de développement sur les armes chimiques de Barzah dans la région de Damas, un dépôt d’armes chimiques près de Homs ainsi qu’un bunker contenant des armes chimiques, situé quelques kilomètres plus loin.

Les forces aériennes du président syrien – y compris les hélicoptères qu’il aurait utilisés pour larguer des armes chimiques sur des civils – ont quant à elles été épargnées.

Il y a un an, en réponse à une attaque au gaz sarin, l’armée américaine avait lancé une action qui avait neutralisé 20% des forces aériennes syriennes selon le Pentagone.

Depuis les frappes de samedi, ni la Syrie, ni ses alliés – russes ou iraniens – n’ont pour le moment riposté.

Source: i24 News

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