La Cour autorise les Israéliens à dire « Am Yisrael chai » sur le mont du Temple

Le juge détermine que le slogan patriotique « Le peuple d’Israël vit » ne constitue pas une prière et n’est donc pas interdit dans le lieu saint disputé

Des Juifs visitent le mont du Temple, site accueillant la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher dans la Vieille Ville de Jérusalem durant la fête de Soukkot, le 8 octobre 2017 (Crédit : Yaakov Lederman/Flash90)

Un tribunal israélien a statué lundi qu’il est permis aux visiteurs de l’enceinte du mont du Temple de dire « Am Yisrael chai » (« Le peuple d’Israël vit »), car il s’agit d’un slogan patriotique plutôt que d’une prière.

Les Juifs qui visitent le site disputé sont empêchés par la loi israélienne d’y prier, en vertu d’un arrangement institué par Israël après la conquête de la Vieille Ville de Jérusalem pendant la guerre de 1967.

Le tribunal de première instance de Jérusalem a rendu sa décision dans l’affaire Itamar Ben Gvir, un militant de droite et avocat qui a été expulsé du site par la police en septembre 2015 et détenu pendant plusieurs heures après avoir crié le slogan.

Ben Gvir était en train de visiter le site avec un groupe d’autres Juifs, quand l’une des femmes musulmanes du site a maudit un membre de son groupe et leur a crié : « Allahu Akbar (Allah est le plus grand »). Il a répondu en criant en retour, « Am Yisrael chai » et a été rapidement arrêté.

Il a été détenu pendant environ trois heures par la police, qui lui reprochait d’avoir enfreint la loi.

Ben Gvir a intenté un procès pour détention injustifiée, et le juge a conclu en sa faveur, en écrivant dans sa décision, « Pendant la visite [sur le mont du Temple] et par la suite, les cris d’“Allah est le plus grand” ont été entendus, et il n’y a rien de répréhensible à dire “le peuple d’Israël vit” ».

Le juge a ajouté qu’il n’y avait aucun motif pour la détention de Ben Gvir et a critiqué la police pour n’avoir pris aucune mesure contre une femme musulmane qui a maudit l’avocat et son groupe.

« L’un des visiteurs musulmans a maudit un Juif en arabe et lui a dit : “Va-t’en, chien”, et quand le Juif lui a demandé des explications, la police a refusé de lui en fournir et n’a pas pris la peine d’arrêter la femme », a écrit le juge dans sa décision.

Ben Gvir avait également poursuivi la police et le Waqf musulman, qui contrôle le site, pour discrimination, affirmant que lui et un groupe de Juifs étaient obligés d’attendre une heure et demie avant d’être autorisés à entrer sur le site, tandis que des groupes de touristes étaient autorisés à passer. Le juge a rejeté cette plainte contre la police.

L’avocat a déclaré à Hadashot que sa victoire au tribunal était « un cadeau au peuple juif à la veille du 70e anniversaire de l’indépendance d’Israël ».

Il a dit espérer que le prochain développement serait que les tribunaux permettent aux Juifs de prier sur le site.

« Je crois que le temps est venu pour les tribunaux de statuer que les Juifs sont autorisés à prier sur le mont du Temple, tout comme les musulmans sont autorisés à prier sur le site », a-t-il indiqué. « Il ne peut y avoir de discrimination injustifiée sur le site le plus important pour le peuple d’Israël. »

Le Mont du Temple abrite le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa, et est considéré comme le troisième site sacré de l’Islam. C’est le lieu le plus saint du judaïsme, vénéré par les Juifs comme lieu des Temples juifs bibliques.

En vertu de l’arrangement actuel institué par Israël après la prise de la Vieille Ville de Jérusalem pendant la guerre de 1967, le site, connu des musulmans sous le nom de Haram al-Charif, demeure sous la garde religieuse de la Jordanie. Les Juifs sont autorisés à visiter l’enceinte, mais sont interdits de culte ou de prière.

En juillet dernier, le mont du Temple est devenu le centre d’une crise majeure entre les autorités israéliennes, les Palestiniens et la Jordanie au sujet des mesures de sécurité installées aux entrées de l’enceinte.

Des détecteurs de métaux et des caméras avaient été placés après une attaque meurtrière au cours de laquelle trois Israéliens arabes sont sortis du site et ont abattu deux policiers israéliens à l’aide d’armes introduites en contrebande. Les mesures de sécurité renforcées ont toutes été finalement levées dans un contexte de protestations majeures de la part des Palestiniens et d’autres pays du monde musulman.

Source: Times Of Israël