Fin des essais nucléaires en Corée du Nord ?

Kim Jong-un a déclaré qu’il allait fermer un site d’essais nucléaires, une décision aussitôt saluée par Washington et Séoul mais jugée insatisfaisante par Tokyo.

La Corée du Nord suspend ses activités nucléaires et ses essais de missiles balistiques intercontinentaux. Annoncée par l’agence officielle KCNA, puis par la télévision officielle, la décision effective samedi 21 avril a été prise lors d’une réunion du Comité central du Parti du travail au pouvoir, réuni le 20 avril pour la première fois en six mois.

Dans une résolution consacrée à « la grande victoire de la ligne de suivi simultané du développement économique et de la construction d’une force nucléaire », Pyongyang signale son intention de « démanteler le site d’essais nucléaires situé dans le nord du pays pour démontrer de manière transparente la suspension des tests nucléaires ».

La décision s’accompagne d’engagements en faveur du développement économique du pays, conformément à la politique dite de « byongjin » prévoyant un développement en parallèle du nucléaire et de l’économie.

La République populaire et démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) s’engage également à participer aux efforts internationaux pour l’interdiction des essais nucléaires. Comme elle l’a toujours affirmé, elle promet de ne jamais utiliser d’armes atomiques à moins d’être menacée ou d’être la cible de provocations nucléaires.

De fait, la décision prise ne prévoit aucun démantèlement des armes nucléaires et des missiles déjà construits. La question des missiles à portée intermédiaire, qui inquiète notamment le Japon, n’est pas non plus évoquée.

A une semaine du sommet des deux Corées

« C’est une très bonne nouvelle pour la Corée du Nord et le monde – Grand progrès ! Impatient de nous retrouver pour notre sommet », a néanmoins tweeté Donald Trump après l’annonce de Pyongyang. La Maison Bleue, la présidence sud-coréenne, a pour sa part salué « une avancée significative » à même de créer un « environnement positif » pour les sommets à venir. Toutefois, le Japon a émis des réserves, jugeant cet engagement insatisfaisant. Le ministre nippon de la défense, Itsunori Onodera, regrette que la Corée du Nord n’ait pas mentionné « l’abandon de missiles balistiques de courte et moyenne portée ».

Le troisième sommet intercoréen de l’histoire, après ceux de 2000 et de 2007, doit se tenir le 27 avril au village de la trêve de Panmunjon, dans la zone démilitarisée entre les deux Corées. Il réunira le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant du Nord Kim Jong-un.

Un sommet entre M. Kim et le président américain Donald Trump est aussi envisagé début juin, dans un lieu encore à déterminer. Il s’agirait d’une première historique, aucun président américain en exercice n’ayant jamais rencontré de dirigeant du Nord. Les discussions devraient se concentrer sur les activités nucléaires et de développement de missiles de Pyongyang.

Le Nord aurait évoqué la nécessité de mesures de dénucléarisation par étapes et synchronisées. Les Etats-Unis appellent au démantèlement de son programme nucléaire, de manière complète, vérifiable et irréversible.

Un réchauffement engagé par Moon Jae-in

L’environnement favorable observé actuellement contraste avec celui de 2017. L’an passé, les tensions n’avaient fait que s’exacerber dans la péninsule. Pyongyang avait enchaîné les essais de missiles, dont certains capables d’atteindre le territoire américain, et avait mené son sixième essai nucléaire. « La grande cause historique de mettre au point une force de frappe nucléaire est réalisée », s’était alors félicité Kim Jong-un, signalant que le programme touchait à sa fin.

En réponse, l’administration Trump avait tout fait pour que les sanctions les plus fermes soient imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) au régime nord-coréen et elle avait multiplié les déclarations menaçantes. A l’époque, rappelait le 19 avril M. Moon, « L’ombre de la guerre menaçait la péninsule coréenne »,

Le changement a été amorcé par le discours du Nouvel An de Kim Jong-un qui a ouvert la voie au dialogue. La reprise des discussions a été facilitée par les efforts de Moon Jae-in, qui a toujours plaidé en faveur des négociations.

Depuis, les rencontres symboliques se multiplient. La sœur de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, a ainsi participé, le 9 février, à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud. Début mars, une délégation du Sud menée par le conseiller à la sécurité nationale Chung Eui-yong s’est rendue à Pyongyang. C’est à cette occasion que les sommets ont été évoqués.

Parvenant à un traité de paix

M. Chung a également négocié la mise en place de la première ligne de communication directe entre les bureaux de Moon Jae-in et ceux de Kim Jong-un. Elle a été inaugurée le 20 avril. D’après la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne, MM. Moon et Kim devraient s’entretenir par ce biais avant leur sommet.

Outre le nucléaire, Séoul aimerait profiter des rencontres à venir pour faire avancer l’idée de véritablement mettre fin à la Guerre de Corée (1950-1953) en parvenant à un traité de paix, entre les deux Corées et avec les Etats-Unis. Le conflit s’est en effet arrêté sur un simple armistice signé uniquement par la Corée du Nord et les Etats-Unis au nom des forces de l’ONU, en l’absence de tout représentant du Sud.

« Nous devrons faire preuve de beaucoup d’imagination et devrons trouver des solutions innovantes pour faire des sommets un succès et ne pas répéter les erreurs du passé », a déclaré M. Moon. « Nous aimerions assurément assister à la fin officielle de l’armistice. C’est quelque chose que nous soutiendrons », déclarait le même jour la porte-parole du secrétariat d’Etat américain Heather Nauert.

Source: Le Monde


Ce que Kim Jong Un a dit de l’arme nucléaire, « épée chérie » du régime

Photo fournie par l’agence officielle nord-coréenne Kcna du leader Kim Jong Un (c) lors d’une réunion du comité central du Parti des travailleurs de Corée, le 20 avril 2018 à Pyongyang afp.com/-

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a annoncé samedi la fin des essais nucléaires et des tirs de missiles intercontinentaux, donnant une nouvelle accélération à la détente et aux efforts de paix sur la péninsule coréenne.

Voici quelques unes des déclarations de M. Kim faites devant le comité central du Parti des travailleurs de Corée, le parti unique, telles que rapportées par l’agence officielle KCNA.

« Miraculeuse victoire« 

Kim Jong Un a décrit la mise au point de l’armement nucléaire de la Corée du nord comme une « victoire miraculeuse« .

« Le combat du peuple coréen qui a travaillé dur en se serrant la ceinture pour acquérir une puissante épée chérie (la bombe atomique, ndlr) pour défendre la paix avec succès s’est terminé« , a-t-il dit.

L’armement nucléaire nord-coréen est « la ferme garantie que nos descendants pourront jouir de la vie la plus digne et heureuse du monde« .

« Aucun essai nucléaire ni aucun tir d’essai de missile de portée intermédiaire ou intercontinental n’est plus nécessaire maintenant à la RPDC (République populaire démocratique de Corée, nom officiel de la Corée du nord), étant donné que le travail pour installer des ogives nucléaires sur des missiles balistiques est terminé« , a déclaré Kim Jong Un.

La garantie de sécurité

Selon lui, Pyongyang cherche à « fournir des contributions positives à l’établissement d’un monde libéré des armes nucléaires (…) pourvu que la puissance de la RPDC soit mise au niveau voulu par elle et il est devenu possible de garantir de façon fiable la sécurité de l’Etat et du peuple« .

Menace nucléaire

« La RPDC n’aura jamais recours aux armes nucléaires ni ne transferera en aucun cas d’armes nucléaires ou de la technologie nucléaire, sauf s’il y a des menaces et des provocations nucléaires contre elle« , a décidé le comité central à la suite du discours de Kim Jong Un, selon KCNA.

Recentrage sur l’économie

L’objectif d’acquisition de l’arme nucléaire étant réalisé, Kim Jong Un a déclaré que désormais le pays allait concentrer « tous les efforts » sur le développement de l’économie.

« Notre but est de stimuler l’ensemble de l’économie nationale et de la placer dans une spirale ascendante et d’établir ainsi une économie socialiste indépendante et moderne« .

Source: L’Express


Corée du Nord: Kim Jong-un annonce la fin des essais nucléaires

La Corée du Nord a testé un nouveau missile balistique intercontinental, le Hwasong-15, le 28 novembre 2017. — Yonhap News/NEWSCOM/SIPA

La Corée du Nord en a fini avec ses essais nucléaires et balistiques. C’est ce qu’a annoncé Kim Jong-un, samedi, en promettant la fermeture prochaine des sites de test. Si Donald Trump salue « une très bonne nouvelle pour le monde », des experts avertissent que l’annonce signifie sans doute que Pyongyang se considère désormais comme une puissance nucléaire. En clair, rien ne dit que le régime soit prêt à rendre son arsenal après avoir passé des années à le développer.

« A partir du 21 avril, la Corée du Nord va cesser ses essais nucléaires et les lancements de missiles balistiques intercontinentaux », écrit l’agence officielle nord-coréenne KCNA., citée dans un premier temps par l’agence sud-coréenne Yonhap. « Le nord va fermer un site d’essais nucléaires dans le nord du pays afin de prouver son engagement à suspendre les essais nucléaires », a ajouté KCNA, citant le dirigeant nord-coréen.

Cette annonce spectaculaire intervient moins d’une semaine avant le sommet prévu entre Pyongyang et Séoul qui préfigure un sommet historique qui devrait avoir lieu entre Kim Jong-un et le président américain Donald Trump, en principe début juin.

« Un Etat nucléaire qui parle »

« Comme le caractère opérationnel des armes nucléaires a été vérifié, il n’est plus nécessaire pour nous de mener des essais nucléaires ou de lancer de missiles à moyenne et longue portée ou ICBM » (missiles balistiques intercontinentaux), a dit Kim Jong-un lors d’une réunion du Comité central de son parti unique au pouvoir en Corée du Nord. « Le site d’essais nucléaires du nord a rempli sa mission », a-t-il ajouté.

« Rien ne suggère que la dénucléarisation sera sur la table la semaine prochaine ou lors du sommet avec Trump. C’est un Etat nucléaire qui parle », estime le géopolitologue Ankit Panda.

Sous la direction de Kim Jong-un, Pyongyang a fait des progrès rapides dans son programme d’armements, objet de multiples sanctions aggravées de la part notamment du Conseil de sécurité de l’ONU, des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Corée du Sud. L’année dernière, la Corée du Nord a mené son sixième essai nucléaire, le plus puissant en date, et lancé des missiles capables de toucher le territoire des Etats-Unis.

Félicitations de la Corée du Sud et de la Chine

La Corée du sud s’est félicitée ce samedi de la décision de Kim Jong Un : « La décision de la Corée du nord représente un progrès significatif pour la dénucléarisation de la Péninsule coréenne, que le monde attend », a déclaré la présidence sud-coréenne dans un communiqué, saluant « l’environnement très positif pour les sommets à venir entre les deux Corées et entre la Corée du nord et les Etats-Unis », que la décision de Pyongyang « va créer ».

La Chine, principal allié de Pyongyang, a également salué ce samedi l’annonce : « La Chine pense que la décision d’arrêter les essais nucléaires et de se concentrer sur le développement économique ainsi que sur l’amélioration des conditions de vie va aider à apaiser la situation dans la péninsule coréenne et faire avancer le processus de dénucléarisation ainsi que les efforts en vue d’une solution politique », a déclaré Lu Kang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Prudence, voire scepticisme, de Tokyo

En revanche, le Japon -allié des Etats-Unis qui est à portée de tir des missiles nord-coréens et a déjà été survolé à deux reprises en 2017 par ces engins– a salué avec prudence l’engagement de Pyongyang : « Nous saluons (la décision nord-coréenne) comme une initiative d’avenir (…) mais le point important est de savoir si cette décision conduira à l’abandon complet du développement nucléaire et celui des missiles d’une façon vérifiable et irréversible », a déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe à la presse. « Nous voulons surveiller cela de près », a-t-il ajouté.

Mais son ministre de la Défense, Itsunori Onodera, avait lui adopté un peu plus tôt une position beaucoup plus tranchée, en déclarant à des journalistes à Washington : « Nous ne pouvons pas être satisfaits », du fait que, selon lui, la Corée du nord n’avait pas mentionné « l’abandon de missiles balistiques de courte et moyenne portée ».

Cité par la télévision japonaise, il a ajouté que le Japon n’allait pas modifier sa politique de pressions sur Pyongyang jusqu’à « l’abandon définitif d’armes de destruction massive, armes nucléaires et missiles ».

Le vice-Premier ministre japonais, Taro Aso, également ministre des Finances, a fait part lui aussi de son scepticisme, rappelant que Pyongyang avait dans le passé « fait beaucoup de promesses ». « Nous avons donné de l’argent (à la Corée du nord) à la condition qu’ils abandonnent les sites d’essais, mais ils ont continué », a-t-il ajouté.

Source: 20 Minutes

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