A l’approche des élections communales belges, le fondateur du parti Islam a donné dans une émission ce 23 avril un aperçu de son programme : ne pas serrer la main des femmes, ni les regarder. Son but : installer un « Etat islamique » belge.

Scène ubuesque ce 22 avril sur le plateau de l’émission belge C’est pas tous les jours dimanche diffusée sur la chaîne RTL-TVI. Redouane Ahrouch, fondateur du parti Islam et conseiller communal dans la ville d’Anderlecht depuis 2012, a en effet provoqué la circonspection suite à son comportement envers la gent féminine. L’homme politique belge n’a ainsi pas souhaité se faire maquiller par une femme avant de prendre l’antenne, ni serrer la main des femmes présentes dans l’émission.

Pendant le programme, il a également ostensiblement évité de croiser le regard d’une chroniqueuse. Redouane Ahrouch explique souhaiter «ne pas être en contradiction avec les valeurs» qu’il essaie défendre. D’ailleurs, le fait de se serrer la main est, selon lui, « plutôt occidental ». «Regardez les esquimaux, ils se touchent le bout du nez !», justifie-t-il ainsi sous le regard stupéfait du présentateur.

Le parti Islam, dont les mots d’ordre sont «Intégrité, solidarité, liberté, authenticité et moralité», n’en est pas à sa première polémique. Son chef de file Redouane Ahrouch a fait de nombreuses apparitions médiatiques depuis que son parti a obtenu deux conseillers communaux en réalisant un score de près de 4% en 2012 à Anderlecht et Molenbeek, résultat non négligeable pour un parti néophyte.

Instaurer un « État islamique » en quelques décennies

L’élu musulman, qui exerce la profession de conducteur de bus à la Société des transports intercommunaux de Bruxelles, a été impliqué dans les années 1990 dans la construction d’une des premières mosquées d’Anderlecht. Son ancien parti, Noor, qui n’a pas rencontré le succès escompté, proposait par exemple de favoriser le mariage à l’adolescence, de rendre plus strictes les procédures de divorce ou encore de revoir la mixité dans certains lieux publics.

Sur le site du parti Islam, de nombreuses propositions sociales comme le revenu universel côtoient des propositions émanant de la loi islamique : légalisation de la polygamie et des mariages d’adolescents, distribution de repas halal dans les cantines scolaires, mise en place de jours de congés confessionnels, interdiction de l’euthanasie, restriction de l’avortement ou encore abrogation des lois «anti-voile».

Depuis 2012, Redouane Ahrouch ne cesse de faire de la «pédagogie» quant aux ambitions du parti Islam. Ces dernières ne sont pas tues : le but est de faire de la Belgique en quelques décennies, un «Etat islamique». Un concept que la formation politique ne confond toutefois pas avec l’organisation djihadiste du même nom, dont les actions sont condamnées sur une page du site consacrée au terrorisme.

«Il faut y aller tout doucement, sensibiliser les gens. Et tout à fait naturellement on va aboutir à un Etat islamique […] Cela va prendre des décennies, peut-être un siècle, mais le mouvement est lancé», remarquait-il dans une interview à la chaîne belge RTBF. Pour ce faire, il faudra selon lui appliquer la loi islamique dans différents pans de la société belge. En effet, selon Redouane Ahrouch, la charia présente de nombreux avantages. Un problème de harcèlement dans les transports ? Avec Islam, plus besoin de campagne de sensibilisation puisque les hommes et les femmes seraient séparés dans les transports en commun. Cette ségrégation sexuelle proposée par Redouane Ahrouch a suscité de nombreuses réactions dans le plat pays.

Si Redouane Ahrouch offre sans frais une grande présence médiatique à son parti en Belgique grâce à des mots choc (charia, Etat islamique ou encore ségrégation) dans un contexte marqué par des attentats islamistes en Europe, ses propos et son programme semblent bels et biens sincères. Présente sur le plateau le 23 avril en tant que chroniqueuse, Emmanuelle Praet n’a pas été saluée ni même regardée par Redouane Ahrouch lors des échanges. Elle a confié après l’émission polémique : «On se sent comme une moins que rien et ce qui fait peur, c’est que je ne pense pas que ce soit un jeu de sa part.»

Le député fédéral Richard Miller, du Mouvement réformateur (centre-droit), a également estimé que le projet prôné par Islam allait «à l’encontre [des] libertés et droits fondamentaux inscrits dans la Constitution [belge]» , bien qu’aucun texte de loi n’autorise la justice à interdire un parti politique. Le secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations Theo Francken (nationaliste flamand), connu pour ses prises de position radicales, a lui aussi dénoncé les valeurs défendues par le parti islamiste outre-Quiévrain.

Mais, si des voix s’élèvent en Belgique pour contrer les objectifs du parti, notamment en inscrivant dans la constitution le concept de laïcité, une réforme de la norme juridique suprême n’est pas à l’ordre du jour dans le pays. Islam a présenté 28 candidats pour les élections communales d’octobre prochain.

Source: Europe Israël

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