Le 30 mars, le Vendredi Saint, est pour de nombreux chrétiens (en particulier les catholiques romains) un jour pour s’attarder sur le côté obscur de l’existence humaine.  Le point culminant de la saison pénitentielle du Carême, le Vendredi Saint, commémore la crucifixion du Christ, et (comme j’ai déjà entendu un prêtre catholique le dire) c’était le triomphe, même temporaire, du mal absolu.

Il est donc ironique que ce Vendredi Saint soit marqué par un sombre débat sur une affirmation que le Pape François a récemment renié l’existence de l’Enfer lors d’une discussion avec un ami athée.  Il est difficile d’imaginer votre pape moyen ayant des amis athées avec qui il tient des conversations géniales.  Mais, le Pape François n’est pas votre pape moyen, et donc, la controverse continue à faire rage malgré les efforts du Vatican pour verser de l’eau froide sur ses feux infernaux.

L’hérésie présumée du pape a été diffusée dans la publication italienne de son prétendu interlocuteur athée, comme The Guardian l’explique :

« Au cours de la réunion, Scalfari a demandé au pape où vont les « mauvaises âmes », et il aurait répondu : « Ils ne sont pas punis.  Ceux qui se repentent obtiennent le pardon de Dieu et prennent place parmi les rangs de ceux qui le contemplent, mais ceux qui ne se repentent pas et ne peuvent pas être pardonnés disparaissent.  Un enfer n’existe pas, la disparition des âmes pécheresses existe. »

Au fur et à mesure que l’histoire se répandait, le Vatican se hâtait d’y remédier, mais, il compliquait encore plus les choses avec ce qu’on appelle généralement un démenti non-déni, tel que rapporté dans le registre catholique national :

« Une rencontre récente entre le Pape François et le journaliste italien Eugenio Scalfari, âgé de 93 ans, était une « réunion privée pour l’occasion de Pâques, mais, sans lui donner aucune entrevue », a déclaré le communiqué du 29 mars. »

« Ce qui est rapporté par l’auteur dans l’article d’aujourd’hui est le résultat de sa reconstruction, dans laquelle les mots littéraux prononcés par le pape ne sont pas cités.  Aucune citation de cet article ne doit donc être considérée comme une transcription fidèle des paroles du Saint-Père. »

Il est certainement crédible qu’un athée âgé de 93 ans mette en cause certains aspects de la théologie du Pape François, mais on s’attendrait à une déclaration plus définitive qui le répudie, considérant que la définition officielle de l’enfer par l’Église est très réelle : « Immédiatement après la mort, les âmes de ceux qui meurent dans un état de péché mortel descendent en enfer, où ils subissent les châtiments de l’enfer, du feu éternel ».

Maintenant, il est vrai que de nombreux chrétiens orthodoxes au cours des siècles ont intellectualisé (ou peut-être spiritualisé) le concept de l’enfer pour suggérer que ce n’est pas un endroit physique où les diables aiguillonnent les damnés et brûlent leurs corps tourmentés dans des chaudrons chauffés à blanc. Même le Catéchisme dit que la « punition principale de l’enfer est la séparation d’avec Dieu » et souligne sa nature fondamentale comme un choix. Le grand apologiste chrétien C.S. Lewis, dans son traitement fictif du sujet dans Le Grand Divorce, décrit l’enfer comme la demeure des egos purs qui ne peuvent tolérer l’altruisme du ciel, auquel ils sont libres d’aller à tout moment en autobus.  De même, l’ami de Lewis, le romancier Charles Williams, dans Descente En Enfer, décrit la damnation comme un auto-isolement complet et volontaire de la part de personnes qui ont détruit leur capacité d’aimer.

Peut-être que c’est ce que le Pape François avait en tête, bien que le récit de Scalfari suggère quelque chose de moins traditionnel : Le Mortalisme Chrétien, la croyance que les âmes privées de salut sont éteintes à la mort ou ne participent pas à la résurrection générale à la fin des temps.  Bien qu’il y ait eu une croyance minoritaire persistante dans le mortalisme, et un déni correspondant de l’immortalité naturelle, parmi les chrétiens à travers les âges, ce n’est certainement pas orthodoxe.

Le calendrier de ce brouhaha, pas seulement dans le calendrier liturgique, mais pour les Américains, à une époque de préoccupations 24/7 avec les païens de la Maison Blanche, a évidemment été remarqué par les fidèles.

En tout cas, jusqu’à ce que le Pape François lui-même clarifie tout cela, la fureur de l’enfer ajoutera à l’impression, particulièrement parmi les conservateurs catholiques, qui sont perpétuellement nerveux à propos de ce pape après s’être identifié avec l’autorité papale maximale sous ses prédécesseurs conservateurs, que la doctrine traditionnelle est entièrement sûre entre ses mains.  Qu’il croie ou non dans l’enfer, comme on le comprend généralement, ce Pape est un véritable enfer pour ceux qui aiment leurs vérités sans être dérangés.

Source: Nymag

Traduit par PLEINSFEUX.ORG

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