Israël aux Gazaouis : « Ne soyez pas les marionnettes du Hamas »

L’armée a lancé des prospectus pour dire aux Palestiniens que le groupe terroriste les met en danger ; l’armée incendie des pneus pour éviter que les manifestants les utilisent

Des manifestants palestiniens durant des affrontement avec les soldats israéliens à proximité de la frontière entre Israël et Gaza, à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande, le 2 mars 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Un avion militaire israélien a lancé des prospectus sur la bande de Gaza tôt lundi matin avertissant les Palestiniens de se tenir à distance de la barrière séparant l’enclave côtière d’Israël, a dit l’armée israélienne, à l’approche de manifestations de masse prévues plus tard dans la journée.

« Il y a quelques minutes, des avions israéliens ont de nouveau distribué des avertissements de ne pas s’approcher de la barrière de sécurité, de tenter de la saboter ou de mener des attaques terroristes », a tweeté le bureau du porte-parole de l’armée.

Les prospectus en arabe disaient aussi aux résidents de l’enclave côtière que le groupe terroriste du Hamas qui contrôle la bande met leurs vies en danger.

« Le Hamas esssaie de masquer ses nombreux échecs en mettant vos vies en danger, pouvait-on lire sur le prospectus. Au même moment, le Hamas vole votre argent et l’utilise pour creuser des tunnels à vos dépens ».

Un prospectus incitait les résidents à « ne pas être les marionnettes aux mains du Hamas ».

Le message d’Israël était que le peuple de Gaza mérite mieux.

« Vous méritez un meilleur gouvernement et un meilleur futur, pouvait-on lire sur les prospectus. L’armée israélienne vous avertit de ne pas vous approcher de la barrière de sécurité ».

La dernière ligne était un avertissement ferme à rester à distance de la frontière. « N’approchez pas la barrière de sécurité et ne participez pas à la farce du Hamas qui menace votre vie », a dit l’armée.

Dans le même temps, l’armée a tiré sur et incendié des piles de pneus préparés par la manifestants à proximité de la frontière, a annoncé Hadashot TV, afin de les brûler en avance et d’empêcher les manifestants de les utiliser ensuite pour créer un écran de fumée.

L’armée israélienne se prépare à des manifestations féroces de la « Marche du Retour » le long de la barrière de sécurité, avec plus de 100 000 Palestiniens devant y participer, et potentiellement 200 000 ce qui constituerait une victoire majeure pour le groupe terroriste du Hamas, qui contrôle Gaza et a repris à son compte ce qui devait être, à l’origine, des semaines des manifestations non-violentes.

Les manifestatations sont prévues lundi pour coïncider avec le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

La peur principale de l’armée, lors de émeutes prévues, est que des dizaines ou des centaines de Palestiniens, y compris des membres du Hamas, puissent traverser la barrière de sécurité à Gaza et créer le chaos dans l’une des communautés israéliennes de l’autre côté, en attaquant des résidents, de lançant des feux et en détruisant des bâtiments.

L’armée considère que le Hamas concentrera son énergie sur ce style d’attaques massives et chaotiques, mais l’armée israélienne se prépare aussi à un combat armé plus direct, y compris des attaques contre des soldats le long de la frontière, des enlèvements de soldats israéliens comme cela s’est produit à la fontière de Gaza dans le passé.

Dimanche, l’armée a publié une vidéo montrant le Hamas en train de se retirer de ses positions le long de la frontière, et l’armée croit qu’il s’agit d’un signal que les émeutiers ne seront pas limités par le groupe terroriste au pouvoir.

L’armée a également averti les résidents que le Hamas cherchait à détruire leurs maisons, incendier les terres et massacrer « des femmes, des enfants et des hommes innocents ».

Les sept derniers vendredis ont vu de milliers de Gazaouis participer à des manifestations de le « Marche du Retour ».

Lors de ces violentes manifestations, des Palestiniens ont lancé des pierres et des cocktails Molotov aux troupes de Tsahal, fait rouler des pneus en feu contre la barrière de sécurité et essayé de la faire tomber avec des chaînes. Des bombes ont aussi explosé contre les troupes. Dans une logique de surenchère, des manifestants ont fait voler des cerfs-volants chargés avec de conteneurs de combustibles allumés afin de lancer de feux en Israël.

La Dixième chaîne d’Israël a montré des clips dimanche de ce qu’elle a dit être des nouvelles vidéos du Hamas dans lesquelles de jeunes Gazaouis étaient incités à se battre contre Israël : « Jeunes de la révolte palestinienne… Jérusalem attend votre révolution. Alors, montrez-lui votre détermination ferme dans la bataille », incitait un clip.

Le chef du Hamas, Ismail Nahiyeh, s’est rendu au Caire à l’approche des manifestations pour rencontrer des officiers égyptiens du renseignement, qui devaient l’appeler à faire en sorte que les manifestations ne soient pas hors de contrôle.

Pourtant, l’armée israélienne ne compte pas sur la force de persuasion de l’Egypte et a dépêché deux brigades supplémentaires pour prendre position le long de la frontière de Gaza à l’approche des émeutes prévues. Une troisième brigade était aussi déployée dans la bande de Gaza, a déclaré l’armée.

« La préparation de Tsahal comprend le déploiement supplémentaire d’un nombre de bataillons à la frontière de Gaza, des forces spéciales, des unités de collecte de renseignement et des snipers. En outre, le Commandement central recevra aussi des bataillons supplémentaires de combat et de équipes de collecte de renseignements en renfort », a déclaré l’armée dimanche.

D’autres soldats ont aussi été déployés pour fournir une sécurité supplémentaire aux communautés israéliennes à proximité de la frontière de Gaza.

Le renseignement militaire ne croit pas que le Hamas soit actuellement intéressé à la guerre, mais il s’attend à ce que l’on puisse voir, dans les prochains jours, des violences importantes à la frontière de Gaza.

Selon les évaluations militaires israéliennes, le Hamas est dans une situation désespérée, faisant face à la pression la plus importante depuis sa prise de contrôle de Gaza il y a dix ans. L’organisation terroriste perçoit les émeutes de la « Marche du Retour » comme un moyen de gagner du temps.

La « Marche du Retour » tient son nom du « droit du retour » demandé par des millions des Palestiniens qui veulent revenir dans leurs villages ancestraux, quelque chose d’aucun gouvernement israélien n’accepterait, parce que cela signifierait, en pratique, la fin d’Israël comme un état juif.

Selon le Ministère de la Santé du Hamas, environ 50 Palestiniens ont été tués depuis le début des manifestations et des affrontements le long de la frontière avec Gaza le 30 mars, et des centaines d’autres ont été blessés par des tirs d’armes à feu. Le Hamas a reconnu que cinq de ses terroristes étaient parmi les victimes après le premier vendredi de manifestation, mais il a depuis refusé de reconnaître si ses hommes étaient présents ou non parmi les morts. Israël a identifié d’autres victimes comme des membres de groupes terroristes. Israël a déclaré ouvrir le feu seulement quand c’est nécessaire pour arrêter des infiltrations, de dégâts à la barrière et des attaques.

A l’origine, l’armée israélienne pensait que ces manifestations atteindraient un pic avec le Jour de la Nakba le 15 mai, mais les évaluations du renseignement militaire indiquent maintenant que le Hamas cherche à « tirer profit » du spectacle du transfert de l’ambassade américaine de lundi afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur sa cause.

L’officier de l’unité des Coordinateurs des Activités du Gouvernement dans les Territoires a déclaré dimanche que le Hamas avait pris des mesures pour augmenter la pression sur les résidents de Gaza, empêchant très récemment les pêcheurs de Gaza de commencer à travailler lundi.

De manière encore plus grave, lors des dernières manifestations à la frontière de vendredi, l’officier du COGAT a dit que des membres du Hamas ont dirigé les émeutiers pour qu’ils détruisent et mettent le feu à des éléments clefs du point de Passafe de Kerem Shalom, le principal, et souvent seul, passage pour les biens commerciaux et l’aide humanitaire vers et en dehors de Gaza. Les gazoducs ont été détruits et de dizaines de millions de shekels de dégâts ont été causés.

Groupe terroriste islamiste, le Hamas a violemment pris le contrôle de Gaza au parti du Fatah de Mahmoud Abbas, deux ans après le retrait israélien de sa présence militaire et civile de la bande. Israël et l’Egypte maintiennent une blocus sécuritaire de Gaza. Israël a déclaré qu’il était vital d’empêcher le Hamas – qui a combattu à trois reprises contre Israël depuis qu’il a pris Gaza, tirant des milliers de roquettes vers Israël et creusant de dizaines de tunnels d’attaque sous la frontière – d’importer des armements.

Lors de précédentes négociations de paix, les Palestiniens ont toujours demandé, avec la souveraineté en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem Est et dans la Vieille Ville, un « droit du retour » en Israël pour les réfugiés palestiniens qui sont partis ou ont été forcés à partir quand Israël a été créé. Les Palestiniens demandent ce droit non seulement pour ceux des centaines de milliers de réfugiés qui sont encore en vie – un nombre estimé à moins de dizaines de milliers – mais aussi pour les descendants, qui se comptent en millions.

Aucun gouvernement israélien n’accepterait probablement jamais cette demande puisqu’elle conduirait à la fin de la majorité juive d’Israël.

Source: Times of Israël