Erdogan veut réévaluer ses liens économiques avec Israël

Le président turc a également appelé les pays islamiques à prendre des mesures contre les pays qui transféreront leur ambassade à Jérusalem

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit qu’il va revoir les liens économiques et commerciaux avec Israël, et il a appelé les pays islamiques à soutenir une décision récente d’appeler à des sanctions économiques contre n’importe quel pays qui suivrait les Etats-Unis dans le transfert de leur ambassade à Jérusalem ou reconnaîtrait la ville comme la capitale d’Israël.

Le président Turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un rassemblement de protestation à Istanbul, contre les morts récentes de manifestants palestiniens sur la frontière entre Gaza et Israël, le 18 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / OZAN KOSE)

Les relations entre Israël et la Turquie se sont fortement détériorée après les affrontements de la semaine dernière à la frontière d’Israël et de Gaza où des dizaines de Palestiniens ont été tués, entraînant une confrontation diplomatique qui a vu les ambassadeurs et les consuls des deux pays être expulsés ou rentrer dans leurs pays respectifs.

Erdogan, qui s’exprimait à des journalistes alors qu’il rentrait en Turquie depuis la Bosnie-Herzegovie dimanche, a déclaré que les membres de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI), que le Turquie préside actuellement, devraient suivre leur résolution de sanctionner les pays qui reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël. L’OCI a également appelé ses états membres et la communauté internationale à mettre en place un boycott des produits en provenance des implantations israéliennes en Cisjordanie.

« J’espère que les pays de l’OCI mettront en pratique la décision de l’embargo », a déclaré Erdogan, selon le quotidien Hurriyet. « Bien sûr, nous évaluerons aussi la situation. En ce qui concerne la Turquie, nous évaluerons nos liens, économiques et commerciaux en particulier, avec [Israël]… Nous prendrons des mesures dans cette direction après les élections ».

Les élections de Turquie pour la présidence et le parlement sont prévues pour le 24 juin.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait un discours pendant une réunion extraordinaire de l’organisation de la coopération islamique (OCI) à Istanbul, le 18 mai 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / POOL / Hakan Goktepe

Au sujet des récentes émeutes à la frontière de Gaza, Erdogan a noté que l’OCI a incité les Nations Unies à envoyer une force de maintien de la paix pour protéger la bande de Gaza d’Israël.

« Nous pensons que cela les dérangera et que ce ne sera pas facile pour Israël de tirer sur les forces des Nations Unies », a-t-il dit.

Lors d’une rencontre extraordinaire de l’OCI vendredi, le conseil composé de 57 membres a indiqué dans un communiqué final sa « détermination pour prendre les mesures politiques, économiques et autres contre les pays qui reconnaissent Al-Quds [Jérusalem] comme la capitale d’Israël ou transfèrent leurs ambassades là-bas ».

La rencontre, organisée par le Turquie à Istanbul, a été convoquée à la suite des affrontements à Gaza de la semaine dernière lors de manifestations prévues pour coïncider avec le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, tout comme pour marquer la Nakba palestinienne, ou ce que les Palestiniens appellent la « catastrophe » de la fondation de l’Israël en 1948. Depuis la décision américaine, le Guatemala et le Paraguay ont tous les deux ouvert des ambassades à Jérusalem.

Erdogan cherche depuis longtemps à incarner le rôle du dirigeant musulman dans l’ensemble du monde islamique, retenant ainsi rarement ses attaques verbales contre Israël même si Ankara a des relations diplomatiques avec l’état juif.

Dans une crise diplomatique qui a éclaté la semaine dernière – menaçant un accord de 2016 qui permettait la reprise de liens diplomatiques complets après six années d’hostilité – la Turquie a ordonné à l’ambassadeur israélien de quitter son territoire pour une période de temps non spécifiée.

La Turquie avait déjà retiré son ambassadeur à Tel Aviv pour des consultations alors qu’Israël avait donné l’ordre au consul turc à Jérusalem de partir, aussi pour une période de temps non spécifiée. Quelques heures plus tard, Ankara a expulsé le consul d’Israël.

Erdogan s’est également engagé dans un échange acerbe sur Twitter avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qu’il a accusé d’avoir « le sang des Palestiniens » sur les mains, alors que Netanyahu l’a accusé en réponse de soutenir le Hamas et d’être un soutien des « massacres et de la terreur ».

Selon le Ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas, 64 Palestiniens ont été tués lundi et mardi derniers alors que les forces de sécurités israéliennes ont ouvert le feu sur des manifestants qui cherchaient à traverser la frontière de sécurité. Israël affirme que le Hamas, un groupe terroriste qui souhaite détruire l’état d’Israël, a organisé les manifestations pour couvrir ses tentatives de traverser la frontière et de mener des attaques terroristes en territoire israélien.

De nombreux pays de la communauté internationale ont critiqué Israël pour les morts, même si l’armée israélienne et le Hamas ont tous les deux noté que la plupart des morts étaient des membres de groupes terroristes gazaouis. Un officiel du Hamas, Salah Bardawil, a déclaré mecredi que 50 des victimes étaient des membres du Hamas. Le Jihad Islamique a ensuite déclaré que 3 des morts faisaient partie du groupe.

Source: Times of Israël