Marie Bourreau, correspondante au Monde : « Les États-Unis quittent le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Nikki Haley annonce le retrait américain du Conseil des (hypocrites et partisans soi-disant) droits de l’homme de l’ONU. La représentante américaine auprès des Nations Unies a formalisé la décision de la Maison-Blanche, qui juge l’instance partiale envers Israël. »

C’est un retrait de plus qui confirme le désengagement américain des organisations partisanes anti-américaines comme le Conseil des droits de l’homme (CDH), un organe militant basé à Genève.

Ce départ fait suite au retrait de l’UNESCO, en décembre 2017, et ne fait que confirmer la politique de défiance justifiée des USA à l’égard des organisations internationales antisionistes et anti-américaines.

L’annonce a été faite par l’ambassadrice américaine aux Nations unies (ONU), Nikki Haley, au côté du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, au département d’État. Les deux ministres n’ont pas eu de mots assez durs contre l’institution (justement) qualifiée d’hypocrite, d’égoïste et accusée d’être source d’embarras pour les États-Unis [lesquels] sont perpétuellement critiqués par l’ONU pour leur politique migratoire.

La bureaucratie de l’ONU n’est rien d’autre qu’un « cloaque de partis pris politiques » anti-américains.

Ce retrait de Washington ne prend personne par surprise. Depuis son arrivée à la tête de la mission américaine à l’ONU, en janvier 2017, Nikki Haley, la « dame de fer » des États-Unis à l’ONU, n’a de cesse d’agiter la menace d’un départ des États-Unis. Faute d’obtenir une réforme en profondeur du CDH, elle voulait pouvoir exclure les membres ayant commis (et commettant encore) de graves violations des droits humains

« Pendant trop longtemps, le CDH a protégé les auteurs de violations des droits de l’homme et il a été un cloaque de partis pris politiques« a-t-elle fustigé.

Mais elle a assuré que ce retrait « ne signifiait en rien un désengagement des Américains en faveur des droits de l’homme« .

Auparavant, l’administration républicaine de George W. Bush avait refusé d’y siéger, de même l’actuel conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, alors ambassadeur à l’ONU, mais qui était déjà un fervent opposant au multilatéralisme. 

Les organisations de défense des droits humains ont régulièrement dénoncé une instance de l’ONU contestable ainsi que « sa capacité à aborder des sujets-clés comme la migration, le contre-terrorisme et la protection des femmes, des personnes LGBT, des personnes handicapées… » 

Washington fait payer au CDH son biais (avéré) contre Israël, évoqué à chacune des réunions de l’organe onusien.

« Cinq résolutions ont été votées contre [l’État hébreu]. C’est plus que toutes les résolutions confondues contre la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie« a fait valoir Nikki Haley.

  • Le 18 mai, le CDH s’était ainsi prononcé en faveur d’une enquête sur les violences commises par Israël contre des terroristes palestiniens à Gaza. Cette décision avait suscité l’ire de la représentante américaine qui avait immédiatement dénoncé « un nouveau jour de honte pour [l’ONU et] les droits de l’homme« .
  • En 2012, une enquête précédente portant sur la « colonisation israélienne des territoires palestiniens » reconquis militairement en 1967 avait provoqué la colère de l’État hébreu et son boycott de l’examen de la situation des droits humains en Israël. 

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a salué dans la nuit une « décision courageuse contre l’hypocrisie et les mensonges de ce soi-disant Conseil des droits de l’homme de l’ONU ». Depuis des années, poursuit le communiqué, cette instance a démontré qu’elle était « biaisée, hostile, anti-israélienne ».

Aux Nations Unies, haro sur les droits de l’homme ! Cette réaction renforce l’amitié de Washington pour le gouvernement israélien, après le transfert en mai de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, reconnaissant que Jérusalem est bien la capitale de l’État hébreu.

Ce transfert a entraîné la rupture des relations entre Washington et les Palestiniens, alors que le conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, doit présenter prochainement un plan de paix.

Les critiques des Palestiniens ont entraîné en janvier une baisse drastique des fonds alloués par les États-Unis à l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens. Ce désengagement « n’est pas un bon signal alors que les droits de l’homme sont massivement mis à l’épreuve« a estimé Delattre, le représentant socialiste français à l’ONU, qui rappelle, faute d’arguments en la circonstance, que « ce sont deux grandes personnalités française et américaine, René Cassin et Eleanor Roosevelt, qui ont écrit la Déclaration des droits de l’homme dont nous célébrons cette année le soixante-dixième anniversaire« . 

En même temps, Maryline Baumard et Julia Pascual, dans Le Monde écrivent :

« Environ la moitié des passagers africains de l’Aquarius veulent demander l’asile vers la France. Le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice, rentre de Valence, en Espagne, où il a rencontré les personnes « sauvées » par l’Aquarius. Les 630 personnes « sauvées des eaux » entre Malte et l’Italie par l’Aquarius, le navire de l’association des activistes de SOS-Méditerranée, après le refus de ces deux pays de les accueillir, ont accosté à Valence, en Espagne. Ils ont reçu la visite de Pascal Brice, le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), afin d’organiser le voyage en France de ceux qui répondent aux critères du droit d’asile ! » 

Marie Bourreau abonde, toujours dans Le Monde :

« Aux Nations Unies, haro sur les droits de l’homme ! La Chine, la Russie, et leurs soutiens se livrent à une campagne systématique pour limiter les fonds alloués à la défense des droits fondamentaux.

C’est une guerre derrière les portes closes de la « cinquième commission » chargée du budget de l’ONU. Elle se joue à coups de lignes budgétaires sabrées et de marchandages politiques. Au centre des querelles, la place à accorder aux droits de l’homme dans un monde [soi-disant] populiste autoritaire [alors que populiste est l’opposé d’autoritaire]. La Russie, la Chine et leurs soutiens ont gagné une première bataille en obtenant le démantèlement de la Human Rights Up Front Initiative (« les droits de l’homme avant tout »), créée en 2014 par Ban Ki-moon, chargée de diffuser la culture des droits de l’homme, l’un des trois piliers de l’organisation dans le système (de l’ONU). »

Le système de protection des droits de l’homme (de l’ONU) va bien au-delà. Jamais les migrants n’ont été aussi bien protégés grâce à un corpus de résolutions qui offre un cadre protecteur. Ça ne se voit pas, mais il joue un rôle fondamental dans la protection des droits de l’homme dans le monde…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Dreuz.info.

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