Paris soutient la Marche des fiertés LGBT, qui revendique la PMA pour toutes

« Les discriminations au tapis dans le sport comme dans nos vies », tel est le slogan au rythme duquel la 37e Marche des fiertés, organisée par le mouvement LGBT, s’élancera samedi aux alentours de 14 heures de la place de la Concorde, à Paris. – (C’était hier)

Des militants du collectif Oui oui oui !, lors de la marche des fiertés, le 29 juin 2013, à Paris
Lionel Bonaventure/AFP

La parade, pétition annuelle de l’égalité des droits des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles et transexuelles, parcourra la rue de Rivoli, avant d’emprunter les boulevards de Sébastopol et Saint-Martin pour arriver place de la République, point final de la manifestation.

Trois minutes de silence seront observées à 16h30 en hommage aux personnes atteintes du Sida, suivies d’un concert qui se tiendra jusqu’à 22 heures.

« Notre mot d’ordre c’est: PMA, l’égalité n’attend pas », souligne Joël Deumier, président de SOS homophobie.

« C’est une urgence sanitaire et une mesure de justice sociale, lance Clémence Zamora Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT. « Il y a aujourd’hui une différence entre celles qui peuvent partir le faire à l’étranger et celles qui n’ont pas les moyens ».

Or, « tous les voyants sont au vert », affirme M. Deumier. « L’ouverture de la PMA est un engagement de campagne d’Emmanuel Macron. Plusieurs instances se sont prononcées pour: le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, le Défenseur des droits. On attend désormais l’avis final du comité d’éthique à la rentrée, sachant qu’il s’est déjà dit favorable en juin 2017 ».

Pourtant, l’édition 2018 de la Marche des fiertés s’inscrit dans un contexte de tensions homophobes en France. Selon le dernier rapport de SOS Homophobie, les actes anti-LGBT ont même augmenté de 4,8% en 2017 par rapport à 2016.

D’après une étude publiée le 27 juin par l’IFOP, plus de la moitié des homosexuels, bisexuels ou transgenres ont déjà été victimes d’une agression (insultes, attouchements ou gestes à caractère sexuel, menaces de révéler l’orientation sexuelle, viol…).

Paris contre l’homophobie

A l’occasion de la parade, la mairie de Paris avait peint plusieurs passages piétons avec le drapeau arc-en-ciel dans le quartier du Marais. Vandalisés à plusieurs reprises cette semaine en lettres capitales exigeant les « LGBT hors de France », Anne Hidalgo s’est résolue à soutenir la Marche.

« Nous allons rendre permanents les passages piétons arc-en-ciel que nous avons installés dans le Marais », annonçait la maire mercredi, pointant un « signal positif et bienveillant » et un « message de bienvenue » pour les visiteurs du quartier.

Samedi, la présidence de l’Assemblée a indiqué qu’un drapeau arc-en-ciel pavoisant l’Assemblée nationale à l’occasion de la Marche a été déchiré vendredi soir, et un individu a été interpellé.

L’auteur, arrêté rapidement par la garde républicaine assurant la sécurité du Palais Bourbon, s’est revendiqué « militant d’extrême droite et anti-LGBT », selon la présidence.

A la demande du président de l’Assemblée François de Rugy (LREM), une plainte va être déposée, a-t-on ajouté. Issu des rangs écologistes, le président ainsi que plusieurs députés ont par ailleurs prévu de participer à la parade.

Source: i24 News