Federica Mogherini a répondu à un rapport du ministère des Affaires stratégiques qui accuse Bruxelles de financer des organisations pro-BDS ou liées à des groupes terroristes

L’Union européenne a riposté après qu’un ministre israélien a accusé Bruxelles de financer le boycott, et même le terrorisme contre Israël.

Federica Mogherini (Crédit : AFP)

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini s’est récemment plainte au ministre des Affaires stratégiques Gilad Erdan, en lui indiquant qu’un rapport de son ministère diffusait de fausses informations en accusant l’UE de financer des groupes anti-Israël liés aux terroristes.

L’ambassadeur européen en Israël Emanuele Giaufret a également éludé la question mardi.

« L’idée que l’UE puisse soutenir le terrorisme est sans fondement aucun », a-t-il dit au Times of Israel mardi. « Nous sommes engagés dans une lutte contre le terrorisme et opposé à l’isolation d’Israël ou à la remise en question de sa légitimité. C’est pourquoi nous ne finançons aucune activité du BDS [Boycott, désinvestissement et sanctions]. »

Il a ajouté que l’UE était ouverte à entendre « les préoccupations » d’Israël.

Mogherini a adressé le 5 juillet un lettre à Erdan, en réponse à un rapport du mois de mai, rédigé par son ministère, qui allègue que l’UE finance des organisations à but non-lucratif qui font campagne pour le boycott d’Israël ou sont liés à des groupes terroristes.

Le contenu de ce courrier a été initialement relayé par Haaretz mardi, qui s’en est procuré une copie.

Erdan a répondu mardi en accusant Mogherini d’ignorer les preuves qu’il lui avait présentées et de tenter de justifier son soutien à ces mouvements, alors qu’elle a conscience qu’ils promeuvent le boycott d’Israël.

Le rapport du ministère des Affaires stratégiques, intitulé : « The Money Trail: The millions given by EU institutions to NGOs with ties to terror and boycotts against Israel » (La Route de l’Argent : les millions donnés par les institutions européennes aux ONG liées au terrorisme et au boycott d’Israël), indique qu’en 2016, l’UE a donné 5 millions d’euros aux organisations qui « promeuvent la délégitimation d’Israël et les boycotts ».

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant la cérémonie de Yom HaAtsmaout de la police, à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a également soulevé « le fait que l’argent du contribuable européen est utilisé pour soutenir les liens avec les organisations » telles que le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), après avoir identifié certains bénéficiaires européens qui sont liés à des groupes terroristes.

Erdan a adressé ce rapport à Mogherini en mai, accompagné d’une lettre dans laquelle il accuse l’Union européenne de saboter les efforts de paix en soutenant les groupes anti-Israël.

Dans sa réponse à Erdan, Mogherini s’est opposée « aux suggestions d’une implication de l’UE dans le soutien à la terreur ou au terrorisme » et a mis en garde contre « des accusations vagues et infondées, qui ne font que contribuer aux campagnes de désinformation ».

« Les allégations [selon lesquelles] l’UE soutient l’incitation et le terrorisme ne sont pas fondées et sont inacceptables », a écrit Mogherini. « Le titre du rapport lui-même est déplacé et trompeur : il mélange la question du terrorisme et celle du boycott, et crée la confusion inacceptable dans l’œil du public sur ces deux phénomènes. »

« Nous sommes certains que le financement de l’UE n’est pas utilisé pour soutenir le boycott d’Israël ou les activités du BDS, et certainement pas pour financer le terrorisme », a-t-elle souligné.

« L’UE rejette toutes les tentatives d’isoler Israël et ne soutient pas les appels au boycott. L’UE ne finance pas les actions qui sont liées aux activité du boycott. Cependant, simplement parce qu’une activité ou un individu est lié au mouvement BDS, cela ne signife pas que cette entité est impliquée dans l’incitation à commettre des actes illégaux, ni que cela le rend inéligible à un financement de l’UE. »

Mogherini, qui a affirmé que le rapport d’Erdan contenait des erreurs, a invité le ministre « à venir à Bruxelles quand il le souhaite et à présenter des preuves pour corroborer ces allégations ».

« En attendant, nous encourageons votre gouvernement à poursuivre un dialogue productif sur les questions de sociétécivile, comme prévu par l’Accord d’Association Israël-UE, dans un état d’esprit de coopération ouverte et transparente, plutôt que par le biais d’un document infondé publié sans dialogue ni engagement préalable. »

Une Palestinienne marche devant une pancarte appelant au boycott d’Israël dans la ville de Bethléem en Cisjordanie, le 11 février 2015 (Miriam Alster / Flash 90)

Erdan, qui est également ministre de la Sécurité intérieure, a répondu en tweetant que Mogherini ignorait les faits et tentait de se justifier face à ces accusations.

« C’est triste que la ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne choisisse d’enterrer sa tête dans le sable et de balayer les preuves claires [à savoir] que les organisations BDS reçoivent un financement de sa part ou participent à des activités avec des organisations terroristes », a-t-il écrit.

« Mogherini admet que la plupart des organisations soutenues figurant dans le rapport promeuvent effectivement le boycott contre Israël mais explique pourquoi il est normal de les financer. »

Dans un communiqué fourni au Times of Israel, un porte-parole de la mission de l’UE en Israël a refusé de commenter sur le document, mais a souligne, au sujet du rapport du ministère des Affaires stratégiques, que « nos quartiers généraux se sont penchés avec attention sur le rapport et en ont conclu que les allégations évoquées sont infondées. »

« L’UE observe des règles très strictes pour examiner et évaluer les bénéficiaires des fonds européens », poursuit le communiqué.

« C’est pourquoi nous sommes assurés que les fonds européens n’ont pas été utilisés pour financer le terrorisme. La lutte contre le terrorisme n’a jamais été aussi forte, et nous avons toujours maintenu des positions claires sur les organisations terroristes. »

Le porte-parole a ensuite affirmé que l’UE est « certaine que nos fonds n’ont pas été utilisés pour soutenir le boycott d’Israël, et particulièrement pas les activités du BDS ».

L’Union européenne « rejette toute tentative d’isoler Israël et ne soutient pas les appels au boycott. Parallèlement, l’UE défend fermement la protection de la liberté d’expression et la liberté d’association, conformément à la Charte des Droits fondamentaux de l’Union européenne. »

Source: Times of Israël

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