Les mouches contagieuses inquiètent la Cisjordanie et le nord d’Israël

Les autorités locales s’inquiètent du nombre croissant de cas de leishmaniose, causés par un parasite véhiculé par les mouches des sables, entraînant plaies et lésions cutanées

Au cours des derniers mois, une épidémie propagée par les mouches des sables a frappé le centre et le nord de la Cisjordanie ainsi que la Basse Galilée, ce qui a conduit le gouvernement à augmenter ses budgets pour faire face à cette menace.

Un phlébotome. (Crédit : CC BY-SA Commander Applebery/Flickr)

Les mouches des sables [phlébotomes] présentes en Israël et dans les régions environnantes portent souvent un parasite appelé Leishmania, qu’elles contractent à partir de l’hyrax, un petit mammifère du désert originaire du Moyen Orient et d’Afrique. Les personnes piquées par une mouche des sables infectée développent la leishmaniose, une maladie caractérisée par des ulcères cutanés et des plaies ouvertes à l’endroit de la piqûre qui peuvent prendre jusqu’à 18 mois pour guérir complètement.

Les enfants sont particulièrement vulnérables à la leishmaniose, car les phlébotomes ont tendance à voler près du sol.

« Je pense donc que nous sommes dans une situation d’urgence nationale », a déclaré à Hadashot le professeur Eli Schwartz, directeur du Centre de médecine géographique de Tel Hashomer. « Quand vous regardez la répartition de l’épidémie sur une carte, elle couvre environ 50 % d’Israël. »

Lésions cutanées causées par la leishmaniose. (Capture d’écran : Hadashot)

Le Prof. Schwartz a déclaré que certaines localités du nord et du centre d’Israël avaient un taux d’infection de 30 % et que certaines bases militaires de la région avaient un taux d’infection de 50 %.

En 2016, des dizaines de cas de leishmaniose ont été signalés dans le nord de la Cisjordanie, principalement dans l’implantation de Tzofim. Les habitants à l’époque disaient que la construction de la barrière de sécurité au cours de la dernière décennie avait entraîné une diminution des habitats hyrax, une hypothèse que le ministère de la Défense a fermement démentie.

En Israël, l’hyrax de roche est considéré comme une espèce en voie de disparition, et tuer l’animal, même pour le contrôle de la population, est illégal. Les efforts déployés ces dernières années par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs pour éloigner l’hyrax des zones résidentielles n’ont fait que pousser les animaux vers d’autres implantations dans la région.

A Nili, dans le centre de la Cisjordanie, une clôture électrique a récemment été construite pour les tenir à l’écart, mais les habitants disent que cette mesure n’a pas été efficace, et on voit des meutes d’hyrax errer dans la localité.

Le maire de la ville voisine de Modiin a déclaré à Hadashot que les fonds alloués à la lutte contre la leishmaniose étaient insuffisants.

Haim Bibas a déclaré qu’il a demandé une réunion d’urgence avec le vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman et les autorités locales pour discuter de ce problème.

Un hyrax de roche (Crédit photo : Doron Horowitz/Flash90)

« Les budgets alloués à cette fin au cours des quatre dernières années ne sont tout simplement pas suffisants, a-t-il précisé. « Nous sommes en présence d’une épidémie de leishmaniose. »

En réponse au rapport, plusieurs agences gouvernementales se sont engagées à consacrer des fonds supplémentaires pour lutter contre la propagation de la maladie, mais ont déploré l’absence d’une action coordonnée.

Le ministère de la Protection de l’environnement a déclaré qu’il prenait « très au sérieux » le nombre croissant de cas en Israël, mais a indiqué qu’il n’avait pas obtenu de fonds dans son budget 2019 pour le traitement et la prévention de la leishmaniose.

Le ministère des Finances a rejeté cette accusation et a déclaré qu’il avait débloqué 30 millions de shekels pour lutter contre la leishmaniose, mais que l’agence avait mal utilisé les fonds.

« A ce jour, malgré le temps qui s’est écoulé, le ministère de la Protection de l’environnement n’a toujours pas utilisé l’argent pour régler le problème », a déclaré le Trésor, ajoutant que le ministère avait « choisi de l’utiliser pour d’autres causes ».

Le ministère de la Santé a également nié que la leishmaniose atteignait des niveaux d’épidémie et a indiqué que les données montraient une diminution du nombre de cas ces dernières années. Le ministère a indiqué qu’il menait des études épidémiologiques pour surveiller la propagation de la leishmaniose et rechercher de meilleures méthodes de traitement.

Source: Times of Israël