Loi sur « l’Etat-nation »: vif échange entre Erdogan et Netanyahou

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié mardi Israël de pays « le plus fasciste et raciste au monde » après le vote la semaine dernière par le parlement israélien (Knesset) de la loi sur « l’Etat-nation du peuple juif ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un rassemblement sur le « Pont des martyrs du 15 juillet » commémorant le deuxième anniversaire du putsch manqué, le 15 juillet 2018 à Istanbul
OZAN KOSE (AFP/Archives)

« Cette mesure a montré sans laisser la moindre place au doute qu’Israël était l »Etat le plus sioniste, le plus fasciste et le plus raciste au monde », a lancé M. Erdogan lors d’un discours devant son groupe parlementaire à Ankara, tandis que des députés criaient « maudit soit Israël ».

« L’esprit d’Hitler qui a entraîné le monde vers une grande catastrophe a de nouveau fleuri parmi certains dirigeants israéliens », a-t-il déclaré.

« J’appelle le monde musulman, la communauté chrétienne, tous les pays, organismes, ONG, journalistes démocrates et défenseurs des libertés dans le monde à passer à l’action contre Israël », a-t-il ajouté.

Répondant à l’invective, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé que « la Turquie sous Erdogan devenait une sombre dictature ».

« Erdogan massacre des Syriens et des Kurdes et emprisonne des dizaines de milliers de Turcs (…) L’attaque d’Erdogan contre la loi sur l’Etat-nation est le plus beau des compliments. »

« Sous son pouvoir, la Turquie devient une sombre dictature, alors qu’Israël accorde les mêmes droits à tous ses citoyens », a-t-il affirmé.

La Knesset a approuvé dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, dans la débâcle et après plusieurs heures de débat, la loi controversée sur l’Etat-nation qui vise à garantir le caractère juif de l’Etat d’Israël, par 62 voix contre 55 et deux abstentions.

« C’est un moment décisif dans l’histoire de l’Etat d’Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau », avait proclamé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à l’issue du vote.

L’adoption de cette loi avait provoqué une vague de critique, notamment de la part des Palestiniens, de l’Union européenne, ainsi qu’au sein même de l’Etat hébreu.

L’Union européenne s’est dite « préoccupée », indiquant que cela risquait de « compliquer » la solution à deux Etats pour régler le conflit israélo-palestinien.

La Turquie avait d’ailleurs été l’un des premiers pays à critiqué le texte. « Nous condamnons dans les termes les plus forts la loi sur l’Etat-Nation juif votée par le Parlement israélien et ne saurions accepter en aucun cas cette mesure raciste qui vise à éradiquer le peuple palestinien de sa patrie », avait pour sa part déclaré le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin sur Twitter.

Source: i24 News