Le point rouge très brillant que vous voyez au-dessus de l’horizon sud-est le soir, c’est Mars. Il est rare de voir cette planète si étincelante dans la nuit. Et ce n’est pas fini : sa luminosité va encore augmenter jusqu’à la fin du mois, quand la distance entre la Planète rouge et la Terre sera la plus petite. Cette année, ce sera la plus courte depuis quinze ans. Indéniablement, Mars est la star de l’été !

Ces jours-ci, ou plutôt ces soirs-ci, quand l’étincelante Vénus s’enfuit sous l’horizon ouest, son amant, Mars, se hisse au-dessus du sud-est. Attend-il qu’elle s’en aille pour se montrer ? Ou, au contraire, tente-t-il de la rattraper pour lui dire son amour ? On pourrait aussi penser que Mars essaie de nous atteindre. En effet, dans sa danse orbitale autour du Soleil, la planète qui porte le nom du dieu de la guerre dans la mythologie romaine (fils de Junon et Jupiter, mais aussi père de Romulus et Remus, Mars fut d’abord dieu de l’agriculture pour les Romains) n’a pas cessé de se rapprocher de la Terre au cours de ces derniers mois.

Si bien qu’il est impossible de la manquer au cours de ces douces soirées de juillet, lorsque l’astre fait son entrée dans le ciel étoilé. Une entrée fracassante, cette année. Quel éclat ! Une fois n’est pas coutume, Mars la rouge est plus brillante que son aîné Jupiter (certes plus éloignée, mais tellement plus grande). Et cela va durer encore plusieurs jours.

Mais alors, pourquoi Mars brille-t-elle autant cette année ? D’abord, le 27 juillet sera le jour de son opposition. Autrement dit, la Planète rouge sera alignée avec la Terre et le Soleil. D’ailleurs, ajoutons que ce sera aussi le cas de la Lune : ce même soir, en effet, la Pleine Lune nous fera l’honneur d’une belle éclipse totale, et cela à côté de Mars ! Mais, revenons à Mars. N’est-ce pas à l’occasion de ce jour de l’opposition que la distance entre nos deux planètes devrait être la plus petite ? Eh bien, pas tout à fait.

À droite, dernier portrait de Mars par Hubble à l’occasion de l’opposition de 2018. Par comparaison avec l’opposition de 2016, bien des détails sont estompés par la tempête globale de poussière qui s’est levée fin mai. © Nasa, ESA, STScI

La plus petite distance entre Mars et la Terre le 31 juillet

En raison de l’excentricité de l’orbite de Mars, cette dernière sera au plus proche de la Terre quelques jours plus tard, le 31 juillet. Ce jour-là, l’espace entre la Planète rouge et la Terre ne sera que de 57,6 millions de kilomètres. Et non, Mars ne deviendra pas aussi grosse que la Lune, comme le prétend une rumeur récurrente sur Internet. C’est totalement impossible.

2018 est un excellent cru, le meilleur depuis 2003. Ce dernier restera longtemps dans les annales pour avoir été la plus petite distance entre Mars et la Terre depuis… 60.000 ans. L’écart entre les deux planètes n’était alors que de 55,7 millions de kilomètres, soit deux millions de kilomètres de moins que cette année ; 2018 sera tout de même beaucoup mieux que la précédente opposition de 2016, qui était de 76,1 millions de kilomètres, et que celle de 2012, de 100,8 millions de kilomètres.

Naturellement, ce rapprochement augmente la taille apparente de notre voisine : en 2012, la taille apparente de Mars était de 13 secondes d’arc ( ») contre 24 actuellement ! Cela se traduit donc par une luminosité plus généreuse, à rendre jalouses Jupiter et Vénus, ainsi que bien des étoiles qui règnent sur le ciel de l’été (Véga, Deneb, Altaïr, Arcturus, etc.).

Malgré l’éclat de Mars, un astrophotographe a réussi à mettre en évidence les deux petites lunes qui gravitent autour de la Planète rouge : Phobos (27 km) et Deimos (15 km). © Dzmitry Kananovich, Spaceweather

Mais alors, avec une taille apparente semblable, c’est donc le meilleur moment pour observer Mars ? La réponse est : oui, mais… cela ne sera pas évident. En fait, cela dépend de l’endroit où vous êtes et aussi de la tempête de poussière qui sévit en ce moment à la surface de Mars. Apparue fin mai, la petite tempête est devenue monstrueuse, au point d’englober toute la planète, ou presque. Ainsi, le ciel s’est considérablement obscurci vu de la surface de Mars, ce qui n’est pas sans poser de problème au rover Opportunity, très dépendant de la lumière solaire. Les éclaircies se font attendre et, comme souvent avec de telles tempêtes, la poussière se dissipe lentement.

Le saviez-vous ?

Mars a une rivale dans le ciel. Vous pouvez la voir scintiller en cette saison, à quelques encablures à l’ouest de la Planète rouge, non loin du centre de la Voie lactée. C’est Antarès, l’anti-Arès (nom grec de Mars), une étoile rouge qui palpite au sein du Scorpion. De prime abord, on pourrait croire cette étoile petite et faible, mais en réalité, c’est une supergéante rouge qui, un jour ou l’autre (dans quelques siècles ou quelques millénaires…), explosera en supernova. Et là, inutile de vous dire que sa luminosité dépassera de très loin celle de tous les autres astres du ciel terrestre (Soleil et Lune exceptés).

Observer Mars

En clair, la météo martienne n’est pas de notre côté et ne favorise pas l’observation des reliefs emblématiques (dans tous les cas, il faut posséder une lunette ou un télescope). Car, hélas, la tempête tend à gommer les taches sombres de la surface martienne et à les uniformiser. Toutefois, la calotte polaire sud de Mars reste bien visible, et, comme l’été approche dans son hémisphère sud, nous devrions voir sa taille diminuer au fil des semaines. À noter aussi que, sur de récentes photographies d’astronomes amateurs, on devine les taches sombres au sol malgré les intempéries. Tout n’est pas perdu.

Mars, le 21 juillet 2018, photographiée depuis la Terre par Damian Peach. © Damian Peach (@peachastro)

Mars brille en ce moment dans la constellation du Capricorne, ce qui veut dire que quand l’astre passe le sud (donc, quand il est au plus haut dans le ciel), vu de France métropolitaine, il n’est guère plus élevé qu’une vingtaine de degrés au-dessus de l’horizon. Ce n’est donc pas beaucoup et l’observation de la planète peut être gênée par la turbulence atmosphérique (les couches de l’atmosphère terrestre sont plus épaisses près de l’horizon).

Autrement dit, la Planète rouge peut apparaître assez floue et fluctuante dans un instrument. Des conditions qui pénalisent l’observation aux latitudes moyennes. Pour en profiter au maximum, il faut donc se diriger vers les latitudes plus basses. Au passage, signalons que le meilleur endroit pour observer l’éclipse totale de Lune du 27 juillet — la plus longue du siècle — sera l’île de La Réunion. Et Mars brille à côté.

Quoi qu’il en soit, Mars est superbe à regarder à l’œil nu. Comme on l’a vu, il est rare de la voir si brillante. Quasiment tout l’été, l’astre va percer la nuit de son intense éclat rouge orangé. Impressionnant.

  • Le 27 juillet, le même jour que la plus longue éclipse de Lune du siècle, Mars sera en opposition. Le Soleil, la Terre et Mars seront alignés.
  • Mais ce sera le 31 juillet que la distance entre la Planète rouge et la Terre sera la plus courte.
  • En conséquence, Mars est très brillante. On ne l’a pas vue autant briller depuis quinze ans.

Source: Futura Sciences

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