Les Etats-Unis ont menacé jeudi de frapper une Turquie déjà ébranlée par l’effondrement de la livre avec de nouvelles sanctions si un pasteur américain, une nouvelle fois qualifié d' »otage » par Donald Trump, n’était pas libéré.

Le pasteur américain Andrew Brunson a été assigné à réidence le 25 juillet 2018 – (AFP)

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a en effet averti que les Etats-Unis prendraient des sanctions supplémentaires contre Ankara si Washington n’obtenait pas la libération du pasteur Andrew Brunson.

« Nous prévoyons de faire davantage s’ils ne le libèrent pas rapidement », a-t-il affirmé lors d’une réunion à la Maison Blanche du cabinet du président Trump et de ses principaux ministres.

Le pasteur Brunson, au coeur de la tempête diplomatique entre les deux alliés de l’Otan, a été placé le mois dernier en résidence surveillée après plus d’un an et demi d’incarcération. Il est accusé par Ankara d’espionnage et d’activités « terroristes ».

Le président Trump, qui s’est exprimé avant M. Mnuchin, a de nouveau pris la défense du pasteur, « un homme très innocent » selon lui, et jugé que la Turquie n’avait pas été une très bonne « amie ».

Pendant la soirée, il s’est de nouveau exprimé à ce sujet, cette fois sur Twitter.

« La Turquie a profité des Etats-Unis pendant beaucoup d’années. Ils retiennent notre merveilleux Pasteur Chrétien, à qui je dois maintenant demander de représenter notre Pays en tant qu’otage patriote. Nous ne paierons rien pour la libération d’un homme innocent », a-t-il écrit.

Le puissant ministre turc des Finances Berat Albayrak, qui est aussi le gendre du président Recep Tayyip Erdogan, avait assuré plus tôt que son pays « émergerait encore plus fort » de la crise de la livre, dont la valeur a fondu de 40% par rapport au dollar cette année.

Il a par ailleurs indiqué, lors d’une téléconférence avec plusieurs milliers d’investisseurs, que son pays n’était pas en contact avec le Fonds monétaire international pour un éventuel plan d’aide et qu’Ankara n’aurait pas recours au contrôle des capitaux.

Ces annonces ont relativement rassuré les marchés et permis à la livre de reprendre des couleurs pour le troisième jour de suite.

Dans la tourmente financière, la Turquie a reçu un soutien de poids mercredi: l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a promis au cours d’un entretien avec M. Erdogan à Ankara que son pays y investirait 15 milliards de dollars.

Source: i24 News

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