Cette information est intéressante sur un point: Bientôt il sera conseillé de se nourrir d’aliments correctement conçus pour détruire notre santé, pour notre santé… Enfin, je dis bientôt, mais visiblement, nous y sommes déjà… – Nathaniel

Il pourrait un jour être possible de se protéger du virus du Sida par un médicament à base de riz génétiquement modifié, selon une nouvelle étude. Un espoir à modérer devant l’ampleur des travaux qu’il reste à mener, alors même que des vaccins sont à l’essai en Afrique du Sud.

Chaque année, il y a 1,8 million de nouvelles infections à VIH dans le monde, principalement en Afrique.
MEHAU KULYK / SCIENCE PHOTO LIBRAR / MKU / SCIENCE PHOTO LIBRARY

Bloquer le virus du Sida avec du riz transgénique, c’est une idée d’apparence étrange. Pourtant, c’est ce à quoi travaille une équipe internationale hispano-britannico-américaine. Dans une étude publiée en août 2018 dans la revue PNAS, les chercheurs démontrent que ce riz modifié génétiquement pouvait, in vitro (c’est-à-dire en laboratoire et non sur un organisme vivant), produire des molécules anti-VIH. Des molécules suffisamment actives pour bloquer l’infection de cellules humaines par le virus du Sida. L’objectif étant d’utiliser à terme ce riz modifié, économiquement plus abordable que nombre de médicaments, afin d’apporter un traitement préventif aux populations défavorisées du globe, souvent les plus touchées par l’épidémie.

Une synergie entre les molécules anti-VIH et les protéines de riz

« Les plantes offrent une plate-forme de fabrication alternative peu coûteuse et évolutive qui peut produire plusieurs composants à la fois » écrivent les auteurs dans la publication. Autre avantage, « les plantes céréalières telles que le riz » bénéficient d’un « statut GRAS » (Generally Recognized as Safe, c’est-à-dire que leur innocuité est reconnue par les autorités) permettant leur utilisation en économisant la purification des molécules qu’elles produisent. Elles offrent ainsi « une plateforme peu coûteuse pour la production de mélanges microbicides, avec l’avantage supplémentaire que les graines sèches peuvent être stockées indéfiniment dans des conditions ambiantes« , selon les chercheurs.

Point de départ à leurs expériences : les chercheurs ont sélectionné 3 molécules à l’efficacité démontrée contre le VIH : un anticorps et deux molécules appelées « leptines ». La combinaison de ces trois molécules permet de produire un « microbicide » (produit qui tue les microbes) suffisamment efficace pour limiter les risques d’apparition de souches pharmacorésistantes.

Après que les gènes codant pour ces 3 protéines ont été introduits dans du riz, ils ont obtenu 19 lignées différentes de la plante, produisant de façon inégale une à trois des molécules introduites. La n°11 était la seule à produire les 3 dans les proportions attendues, et a donc été retenue pour la suite des expériences. « Pour la première fois, nous avons démontré que nous pouvons faire produire 3 molécules différentes à une plante, ici le riz, qui ont toutes les 3 la capacité de bloquer l’entrée du VIH dans les cellules humaines pour les infecter« , explique le Pr Paul Christou sur Catalunya Radio. Les essais en laboratoire ont ensuite consisté à mettre les extraits de riz modifié en présence de cellules humaines et du virus du VIH. Les chercheurs ont ainsi pu constater que les produits étaient efficaces seuls (purifiés), mais ils qu’ils l’étaient encore plus lorsqu’ils laissaient les autres protéines de riz avec. C’est-à-dire que l’efficacité des 3 molécules contre le VIH était augmentée en présence de l’extrait brut de riz.

Des résultats encore très préliminaires

Des résultats jugés « intéressants, mais surévalués » par Dominique Costagliola, directrice de recherche à l’Inserm, spécialiste de l’épidémiologie du VIH et membre de l’Académie des Sciences. « Ce type de recherche est nécessaire à la lutte contre le Sida, c’est comme ça qu’on va y arriver« , concède cette chercheuse. « Néanmoins ce sont encore des résultats très préliminaires« .

L’objectif à terme est en effet de concevoir une crème, un gel ou autre produit à base de ce riz, à appliquer sur la muqueuse vaginale ou rectale avant le rapport et ainsi bloquer l’entrée du virus de manière préventive. Or, ces résultats établissent seulement « l’étape 1 sur des dizaines« , d’après Mme Costagliola. Il restera en effet à trouver une ou plusieurs « galéniques » adaptées, c’est-à-dire une forme pharmaceutique permettant l’administration du produit. Par exemple un gel, ou un ovule (sorte de suppositoire vaginal), et les tester sur des organismes vivants. Il faut en effet que ce dispositif soit à la fois efficace et bien toléré par les femmes qui en feront l’usage. « Nous serons sûrement tous rendus à la poussière avant qu’on ne sache si ça marche« , commente Dominique Costagliola avec humour.

En effet, les microbicides à appliquer sur la muqueuse n’ont pas toujours l’efficacité attendue une fois testée « en vraie vie ». Ainsi, une étude récente a montré que l’efficacité d’un gel anti-VIH était diminuée par 3, la protection contre le virus passant de 61% à 18% chez les 40% de femmes dont la flore vaginale était naturellement dominée par un certain type de bactéries. Ces dernières semblent en effet faire disparaître le produit avant qu’il n’ait pu agir. Il se peut donc que même avec la bonne galénique, la nature même des microbicides produits par ce riz transgénique, ou leur dosage, ne soient pas adaptés. Quant à l’objectif affiché de créer un moyen d’amener les traitements à moindre coût, pour Dominique Costagliola rien n’est moins sûr. « On ne peut pas dire que ça ne coûterait pas cher, car ce n’est pas forcément le coût de production qui conditionne le prix du médicament« , explique-t-elle, sceptique. Elle cite alors l’exemple du Sovaldi, le premier médicament à pouvoir guérir de l’hépatite C, et dont le prix dépasse de très loin son coût de production. « Le prix est le dernier paramètre du processus, on ne peut pas s’avancer là-dessus« , ajoute-t-elle.

Et même si le riz transgénique montrait son efficacité sous quelque forme que ce soit pour prévenir l’infection par le VIH, le travail serait loin d’être fait. « Même avec quelque chose qui marche comme la PrEP, la diffusion du médicament et sa prise en charge est encore loin d’être optimale« , explique Dominique Costagliola, « encore très peu de pays la prennent en charge pour les populations à risque, même dans l’Union Européenne« .

MICROBICIDES. Chaque année, il y a 1,8 million de nouvelles infections à VIH dans le monde, principalement en Afrique où l’accès aux médicaments et même au préservatif n’est pas évident. Selon les données de l’ONUSIDA, les jeunes femmes ont deux fois plus de risques de contracter le VIH que les hommes. « Dans certains cas, la seule option pour les femmes est d’utiliser des microbicides anti-VIH pour prévenir l’infection, car les hommes sont souvent réticents à utiliser des préservatifs« , a déclaré dans un communiqué Julià Blanco, chercheuse à l’Institut de recherche contre le Sida IrsiCaixa. Sous forme de gels, ces microbicides sont appliqués sur le vagin ou le rectum avant les rapports sexuels.

Un vaccin contre le VIH ?

Pour autant, il ne faut pas minimiser ces travaux sur le riz. « C’est avec ce type de recherche que nous allons finir par y arriver, mais on est encore loin de la solution« , tempère Dominique Costagliola, préférant focaliser ses espoirs sur un essai de vaccin contre le VIH, en cours en Afrique du Sud. Il vient de passer la phase 1/2 en dépassant les 50% d’efficacité nécessaires, selon des résultats publiés en juin 2018 dans le Lancet. Il est en ce moment en cours d’étude de phase 2b/3, c’est-à-dire intermédiaire entre les phases 2 et 3, qui repose sur encore assez peu d’éléments et avec peu de patients (comme une étude de phase 2) mais qui évaluera l’efficacité du médicament comparée à un groupe contrôle (comme une étude de phase 3). De plus, Selon Dominique Costagliola, un vaccin aurait l’avantage d’être efficace en quelques injections, permettant un contrôle nettement facilité de la santé publique par les autorités, par rapport à un traitement que chaque personne doit prendre la responsabilité d’utiliser correctement et en continu pendant toute sa vie sexuelle.

Source: Sciences et Avenir

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