Donald Trump, président en exercice du Conseil de sécurité des Nations unies en septembre, organisera une réunion de chefs d’Etat et de gouvernement sur l’Iran à la fin de ce mois, a annoncé mardi l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Cette réunion lors de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, à propos de laquelle la Russie a déjà émis des réserves, devrait se tenir le 26 septembre.

Interrogée lors d’une conférence de presse sur une participation du président iranien Hassan Rohani à cette réunion, Nikki Haley a répondu qu’il « avait le droit » d’en faire partie.

Après s’être retirés du l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, les Etats-Unis ont rétabli unilatéralement de sévères sanctions économiques contre l’Iran, aujourd’hui au milieu d’une importante crise et avec une monnaie à la peine.

« Il est difficile de trouver un endroit (dans le monde) où l’Iran n’est pas dans un conflit », a déclaré l’ambassadrice américaine. L’Iran « doit comprendre que le monde regarde » ses activités dans le monde, a-t-elle encore insisté.

Avec cette réunion sur l’Iran, « nous ne cherchons pas un résultat concret », a-t-elle expliqué, en évoquant implicitement la publication d’une déclaration commune ou une action particulière du Conseil de sécurité.

Depuis l’entrée en fonctions du président Trump début 2017, l’Iran est la bête noire de Washington. Les Etats-Unis accusent Téhéran de chercher à se doter d’une arme nucléaire, dénoncent le développement de ses capacités balistiques et son influence grandissante au Moyen-Orient, qu’ils jugent néfaste.

Sanctions contre les armes chimiques

La Maison Blanche a également averti mardi que les Etats-Unis réagiraient rapidement si le régime syrien avait de nouveau recours aux armes chimiques, en particulier dans la province d’Idleb, dernière région contrôlée par la rébellion où l’ONU redoute un « bain de sang ».

« Soyons clairs, notre position, ferme, reste inchangée: si le président Bachar al-Assad décide d’utiliser une nouvelle fois des armes chimiques, les Etats-Unis et leurs alliés répondront rapidement et de façon appropriée », a indiqué l’exécutif américain dans un communiqué.

Dans la province d’Idleb, « des millions de civils innocents sont sous la menace d’une attaque imminente du régime Assad, avec le soutien de la Russie et de l’Iran », a rappelé la Maison Blanche.

Les Etats-Unis ont d’ailleurs annoncé qu’ils organiseront vendredi matin une réunion du Conseil de sécurité sur la situation à Idleb.

La question d' »Idleb est sérieuse », a souligné Nikki Haley lors d’une conférence de presse. La diplomate a précisé qu’une majorité des membres de l’ONU étaient en faveur d’une telle réunion.

Elle devrait se tenir à 13H30 GMT ou à 14H00 GMT, a-t-elle précisé.

Le président américain Donald Trump et l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, le 18 septembre 2017 à New York
TIMOTHY A. CLARY (AFP)

Lundi déjà, Donald Trump avait mis en garde la Syrie, la Russie et l’Iran contre une offensive à Idleb.

« Le président de la Syrie Bachar al-Assad ne doit pas attaquer imprudemment la province d’Idleb. Les Russes et les Iraniens commettraient une grave erreur humanitaire en prenant part à cette potentielle tragédie humaine », avait tweeté le président américain.

« Des centaines de milliers de personnes pourraient être tuées. Ne laissons pas cela se produire! », avait-il ajouté.

Par ailleurs, le Pentagone a dénoncé mardi une campagne de désinformation de la Russie sur la situation en Syrie, destinée à affaiblir la coalition antidjihadiste menée par les Etats-Unis et la forcer à quitter les zones qu’elle contrôle dans le nord du pays.

« La Russie a lancé récemment une campagne intense de désinformation pour discréditer les Etats-Unis et leurs partenaires et alliés, qui cherchent à mettre un terme aux atrocités du régime Assad et à résoudre le conflit syrien par la voie diplomatique », a indiqué Eric Pahon, un porte-parole du ministère américain de la Défense.

Le président russe Vladimir Poutine le 18 août 2018 au château de Meseberg près de Berlin
Tobias SCHWARZ (AFP)

Moscou a notamment accusé fin août les rebelles syriens de préparer une attaque chimique dans la province d’Idleb pour pouvoir ensuite en accuser le régime de Damas.

« C’est absurde », a indiqué M. Pahon. La Russie raconte des mensonges sur les armes chimiques « pour détourner l’attention de sa propre responsabilité quand ces armes terribles sont utilisées », a-t-il ajouté.

En outre, selon M. Pahon, Moscou est à l’origine des informations publiées la semaine dernière par un quotidien libanais sur une rencontre de hauts responsables américains des services de sécurité avec le puissant chef de la sécurité syrienne Ali Mamlouk, fin juin à Damas.

Source: i24 News

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