Le président de la République libanaise a accusé Israël de chercher à « fragmenter le Moyen-Orient en pièces communautaires et confessionnelles », lors d’une interview publiée dimanche dans le Figaro.

Le président libanais Michel Aoun lors d’une visite au Koweit, le 23 janvier 2018
YASSER AL-ZAYYAT (AFP)

« Israël cherche à fragmenter la région en pièces communautaires et confessionnelles, des simulacres d’États, pour assembler un puzzle sectaire », a déclaré le général Michel Aoun, s’opposant cependant à une alliance des minorités dans son pays.

« Ce modèle (d’alliance) est, en tous points, contraire à la nature démocratique du régime politique libanais, à notre diversité culturelle et à notre pluralisme religieux », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il souhaitait faire du Liban « un centre de dialogue entre les civilisations, les religions et les cultures ».

L’ancien militaire âgé de 83 ans, élu à la présidence du pays en octobre 2016, a également dénoncé les « menaces israéliennes à l’encontre de son Etat ainsi que « la spoliation des droits des Palestiniens ».

« On vient de recevoir un nouveau «cadeau empoisonné»: la suspension par le président Trump de la contribution américaine à l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), dont dépendent près de 500.000 Palestiniens au Liban. Cela conduira à implanter définitivement les réfugiés palestiniens dans les pays où ils se trouvent », a-t-il signalé.

Or le président souligne que depuis 2011, « l’afflux massif de plus d’un million de déplacés syriens sur notre territoire rend le fardeau démographique, économique, social et sécuritaire insupportable ».

« Aujourd’hui, un résident sur trois au Liban est, soit un déplacé, soit un réfugié. Leur implantation transformera notre démographie de façon irréversible », a-t-il averti.

L’allié Hezbollah

À l’issue des élections législatives du 6 mai dernier, les partis traditionnels ont maintenu leur mainmise sur le jeu politique au Liban, et la coalition que le Hezbollah forme avec l’autre grand parti chiite, Amal, et le Courant Patriotique Libre, chrétien, dont est issu Aoun est sortie gagnante.

Mais le président ne se sent pas « otage » du mouvement dirigé par Hassan Nasrallah, dit-il au Figaro.

« Le Hezbollah représente plus d’un tiers de la population libanaise », a-t-il indiqué, et « les pressions internationales ne sont pas récentes. Elles vont crescendo…déterminées à en faire un ennemi ».

Mais selon lui, si « certains cherchent à lui régler son compte politique », c’est « faute d’avoir réussi à lui régler son compte militaire, parce qu’il a défait Israël, en 1993, puis en 1996 et, surtout, en 2006 », a-t-il encore insisté.

Michel Aoun prévient par ailleurs que les miliciens du Hezbollah « pourraient intégrer l’armée libanaise », précisant qu’actuellement le groupe « ne joue aucun rôle militaire à l’intérieur du Liban et n’intervient pas aux frontières avec Israël ».

« certains lui reprochent son implication dans la guerre contre Daech et al-Nosra en Syrie. Mais les faits sont là: les terroristes djihadistes attaquaient notre territoire, le Hezbollah le défendait. Il est désormais lié à la question du Moyen-Orient et à la résolution du conflit en Syrie ».

Source: i24 News

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