Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a averti lundi que la région autour de la Syrie risquait de connaître une « guerre perpétuelle » si aucun accord de paix n’était trouvé dans ce pays.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian fait un discours lors de sa visite au musée Louvre Abu Dhabi aux Emirats arabes unis, le 4 septembre 2018
Mahmoud KHALED (AFP)

« C’est de la responsabilité du (président syrien) Bachar al-Assad, mais aussi de ceux qui le soutiennent, d’engager une solution politique (…) sinon on risque d’aller vers une forme de guerre perpétuelle dans la zone », a-t-il dit lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU.

« On peut presque dire que Bachar al-Assad a gagné la guerre, on le constate, mais on ne peut pas dire qu’il ait gagné la paix, loin de là. Et quand on gagne la guerre sans gagner la paix, cela veut dire que l’on n’a pas gagné la guerre même si les avancées sur le terrain sont ce qu’elles sont », a fait valoir le ministre français.

Photo de manifestants à Idleb, en Syrie, contre l’offensive imminente du régime de Bachar al-Assad, le 7 septembre 2018.
OMAR HAJ KADOUR (AFP)

Le récent incident qui a conduit à la destruction d’un avion militaire russe par la défense antiaérienne syrienne après un raid israélien en Syrie en est également la preuve, a-t-il pointé.

« Il y a aujourd’hui cinq armées qui se font face en Syrie et les récents incidents montrent que le risque de guerre régionale est bien réel », a martelé Jean-Yves Le Drian.

L’accord russo-turc sur la création d’une zone démilitarisée dans la province d’Idleb (nord-ouest), dernier fief rebelle et djihadiste, est une « chance » pour éviter une « gigantesque » catastrophe humanitaire mais reste incertain dans sa mise en oeuvre, a également relevé le ministre.

« Cet accord ouvre un espace à la diplomatie mais ne met pas fin à la guerre ni à Idleb ni en Syrie », a-t-il souligné. « Je constate que l’Iran et Bachar al-Assad ne sont pas parties de l’accord et que rien ne garantit qu’ils jouent le jeu », a précisé Jean-Yves Le Drian.

« Distinguer ceux qui sont issus des groupes terroristes et ceux qui ne le sont pas (…) va être une tâche délicate », a estimé le ministre français des Affaires étrangères. « Refouler » les terroristes de cette zone, « ce sera reculer pour mieux sauter », a-t-il souligné, en référence aux combats à venir entre le régime de Damas et ces groupes, ainsi qu’au risque de dispersion de combattants djihadistes hors de Syrie.

La France est prête sous conditions à faire valider cet accord au Conseil de sécurité de l’ONU, comme le « souhaite » la Turquie, afin d’en assurer la robustesse, a ajouté le ministre français.

« Nous y sommes favorables sous réserve qu’un certain nombre de points d’interrogation soient levés dans le dispositif – mais cela doit être possible – et ensuite que ce dispositif soit articulé avec un processus de paix » initiant une perspective de solution en Syrie, a-t-il ajouté.

Source: i24 News

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