Le président libanais, qui a récemment accusé Israël de vouloir fragmenter la région, a promis de « faire face à toute agression israélienne contre sa souveraineté »

Michel Aoun, président du Liban, a rejeté mardi les propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la semaine dernière selon lesquels le Hezbollah cacherait des sites de missiles près de zones civiles à Beyrouth, notamment près d’un stade de football, du port et de l’aéroport international Rafic Hariri de la ville.

Le président libanais Michel Aoun (au centre) passe en revue la garde d’honneur lors d’une cérémonie officielle de bienvenue à l’aéroport de Marka, à Amman, le 14 février 2017 (Photo AFP / Pool / Khalil Mazraawi)

« Les allégations de Netanyahu au sujet des bases militaires aux alentours de l’aéroport sont sans fondement et cachent une menace israélienne contre la souveraineté libanaise », a déclaré Aoun cité par le site Internet libanais Naharnet.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé le groupe terroriste libanais du Hezbollah, mandataire de l’Iran, de « mentir ouvertement » à la communauté internationale sur les structures secrètes d’armement établies dans Beyrouth et dans ses environs et dont le Premier ministre israélien a révélé l’existence au monde dans son discours prononcé lors de l’Assemblée générale des Nations unies, la semaine dernière.

Netanyahu a expliqué dans une déclaration, lundi, que le ministre libanais des Affaires étrangères Gibran Bassil avait emmené 73 envoyés étrangers faire une « visite trompeuse de propagande » des sites de missiles présumés, tout en s’abstenant de montrer aux ambassadeurs les structures souterraines où le Hezbollah stockerait des missiles de précision.

Une image satellite diffusée par les forces de défense israéliennes montrant trois sites situés près de l’aéroport international de Beyrouth, selon lesquels l’armée aurait utilisé le Hezbollah pour convertir des missiles ordinaires en munitions à guidage de précision, le 27 septembre 2018. (Crédit : armée israélienne)

Dans un entretien paru la semaine dernière dans Le Figaro, Aoun a déploré qu’ « une certaine opinion publique étrangère » soit « déterminée » à faire du Hezbollah un « ennemi », ajoutant que les membres de la milice pourraient intégrer l’armée.

« Pour l’instant, Israël nous menace, viole notre souveraineté et poursuit la spoliation des droits des Palestiniens (…) Au Moyen-Orient, Israël cherche à fragmenter la région en pièces communautaires et confessionnelles, des simulacres d’États, pour assembler un puzzle sectaire. »

Le Liban, otage du parti chiite ? « Les pressions internationales sur le Hezbollah ne sont pas récentes. Elles vont crescendo. Certains cherchent à lui régler son compte politique, faute d’avoir réussi à lui régler son compte militaire, parce qu’il a défait Israël, en 1993 puis en 1996 et, surtout, en 2006. Le Hezbollah représente plus d’un tiers de la population libanaise. Malheureusement, une certaine opinion publique étrangère est déterminée à en faire un ennemi. »

« Actuellement, certains lui reprochent son implication dans la guerre contre Daech et al-Nosra en Syrie. Mais les faits sont là : les terroristes jihadistes attaquaient notre territoire, le Hezbollah le défendait. Il ne joue aucun rôle militaire à l’intérieur du Liban et n’intervient pas aux frontières avec Israël. Il est désormais lié à la question du Moyen-Orient et à la résolution du conflit en Syrie », a poursuivi le président libanais.

« Les positions annoncées par le président de la République dans les pages du Figaro sont des positions responsables et honorables », avait alors salué Naïm Kassem, numéro 2 du Hezbollah, selon le site L’Orient Le Jour.

Naim Kassem (Crédit : Sebastian Baryli/Wikimedia commons/CC BY 2.0)

« Ma priorité est la sécurité de mes compatriotes. J’ai veillé à rétablir l’autorité de l’État. J’ai (…) ordonné une action contre les organisations terroristes installées dans nos montagnes. Elle a porté ses fruits. Nous avons débarrassé le pays des terroristes infiltrés de Syrie. Nous démantelons les cellules dormantes. Nous arrêtons les gangs », a-t-il affirmé au quotidien français.

Aoun a aussi évoqué les réfugiés syriens : « Depuis 2011 et l’afflux massif de plus d’un million de déplacés syriens sur notre territoire, le fardeau démographique, économique, social et sécuritaire devient insupportable. Aujourd’hui, un résident sur trois au Liban est soit un déplacé, soit un réfugié. Leur implantation transformera notre démographie de façon irréversible ».

Source: Times Of Israël

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