L’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, la femme la plus en vue du gouvernement de Donald Trump, a créé la surprise mardi en annonçant sa démission.

Le président des États-Unis, Donald Trump (à gauche), parle en tant qu’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley (à gauche), le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo (à droite) et le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton (à droite), aux Nations Unies,
Nicholas Kamm (AFP). )

Les deux responsables en ont fait l’annonce ensemble dans le Bureau ovale, sans fournir clairement d’explications.

« Elle m’a dit il y a environ six mois qu’elle souhaitait prendre une pause », a justifié le président des Etats-Unis, précisant que le départ serait effectif « à la fin de l’année », sans dévoiler le nom de son successeur.

Il a loué son « travail fantastique » et espère qu’elle puisse « revenir à un moment ou un autre ». « Elle a été très spéciale pour moi », a insisté Donald Trump devant la presse.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a également réagi à l’annonce de sa démission dans un communiqué, remerciant « l’ambassadrice à l’ONU Nikki Haley, qui a mené une lutte sans compromis contre l’hypocrisie des Nations Unies, en faveur de la vérité et de la justice pour notre pays », lui souhaitant « bonne chance » pour la suite de sa carrière.

Le Président Reuven Rivlin a lui commenté la décision de Nikki Haley, en twittant qu’elle « n’a jamais hésité à soutenir clairement nos droits et à maintenir la sécurité dans notre région. Plus d’une fois, elle a le déchiré le voile noir qui masquait ce que l’ONU et les organisations internationales faisaient réellement », assurant qu’elle « serait toujours la bienvenue dans la résidence présidentielle, lors de son prochain voyage en Israël ».

Nikki Haley, 46 ans, l’une des membres les plus populaires de l’administration républicaine et à qui l’on a souvent prêté des vues sur la Maison Blanche, a assuré qu’elle ne serait pas candidate à la présidentielle de 2020.

« Il est important de savoir quand il est temps de faire un pas de côté », a-t-elle juste expliqué, affirmant ne pas avoir de plan précis pour la suite de sa carrière.

Le site Axios, qui a révélé l’information, et les autres médias n’ont pas non plus fourni d’explication pour ce départ surprise, qui fait suite à de nombreuses démissions et limogeages dans l’entourage du président depuis son arrivée au pouvoir début 2017. L’équipe diplomatique initiale aura ainsi été totalement remodelée, avec l’arrivée au printemps de Mike Pompeo comme secrétaire d’Etat et de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale.

Critique de l’ONU

L’ex-gouverneure de Caroline du Sud s’est distinguée en portant d’emblée une ligne dure notamment contre la Corée du Nord et l’Iran, les deux principaux dossiers de politique étrangère de ce gouvernement, même lorsque d’autres ministres poussaient une ligne plus modérée.

Depuis New York, elle se faisait également l’écho des critiques présidentielles à l’égard de l’ONU, souvent vue comme une bureaucratie lourde et inefficace dans laquelle Washington investit beaucoup trop d’argent mais aussi comme une institution avec d’évidents « biais anti-Israéliens ». Elle plaidait pour consacrer l’aide financière des Etats-Unis aux pays « amis ».

Nikki Haley a occupé le poste d’ambassadrice auprès de l’ONU avec peu d’expérience en politique étrangère, mais est rapidement devenue la voix à la gorge aux Nations Unies pour l’agenda souvent impopulaire de Donald Trump
Nicholas Kamm (AFP / File)

Après l’arrivée à la Maison Blanche du milliardaire, novice en relations internationales, elle avait occupé le devant de la scène diplomatique américaine, profitant de l’effacement médiatique du secrétaire d’Etat de l’époque, Rex Tillerson. Elle est apparue davantage en retrait depuis que le département d’Etat a été confié à Mike Pompeo, un responsable politique très proche de Donald Trump et plus présent sur la scène médiatique que son prédécesseur.

Cette ambitieuse femme politique s’était fait connaître dans son Etat conservateur en soutenant le retrait du drapeau confédéré des bâtiments officiels après qu’un partisan de la suprématie blanche eut tué en juin 2015 neuf paroissiens noirs dans une église de Charleston.

Cette fille d’immigrés indiens, dynamique, chaleureuse et directe n’a pas toujours été du côté de Donald Trump.

Le président américain Donald Trump et le juge Brett Kavanaugh lors de la cérémonie d’investiture à la Cour suprême du magistrat conservateur, le 8 octobre 2018 à Washington
Brendan Smialowski (AFP)

En février 2016, elle avait jugé que le milliardaire incarnait « tout ce qu’un gouverneur ne veut pas d’un président ». Et juste avant la victoire du 8 novembre 2016, Nikki Haley se disait même « pas fan » du tonitruant candidat républicain.

Mais, après, elle a gagné ses galons dans la galaxie Trump jusqu’à en devenir un des principaux membres, avec accès direct au président. Si elle a laissé entendre l’existence de désaccords avec Donald Trump notamment lorsque ce dernier n’a pas clairement condamné les sympathisants nazis après la mort d’une manifestante antiraciste lors de violences à Charlottesville, à l’été 2017, elle a toujours pris soin de ne pas les étaler sur la place publique.

« Si je ne suis pas d’accord avec quelque chose et je crois que c’est suffisamment important pour être discuté avec le président, je le fais. Et il écoute », avait-elle écrit dans une tribune dans la presse en septembre, en réponse au texte anonyme d’un membre de l’administration qui évoquait une « résistance de l’intérieur » aux agissements de Donald Trump.

Source: i24 News

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