Même si Israël et le Hamas voulaient bien tous les deux s’en tenir au calme, ils ne pouvaient tout simplement pas se mettre d’accord sur les conditions d’une telle cessation des hostilités, ni faire durer une série de points d’entente minimaux.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a l’air fort quand il parle d’une «opération militaire» à Gaza et du «coup le plus dur» infligé au Hamas.
Ses paroles alimentent le fantasme selon lequel la violence du Hamas, telle que les roquettes et les engins incendiaires, disparaîtrait si seulement l’armée israélienne déclenchait sa pleine puissance militaire.
Un djihadiste du Hamas prend part à une simulation d’attaque par un tunnel lors d’une cérémonie de remise des diplômes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, en novembre dernier. (crédit photo: REUTERS)
Le lancement palestinien de deux puissantes roquettes Grad mercredi matin – une qui a touché une maison dans la ville de Beersheba, dans le sud du pays, et une autre, en direct de l’agglomération de Tel Aviv,  qui a atterri près de la côte, dans le centre du pays – semblait presque être un prétexte suffisant pour stimuler Liberman.
Le député Michael Oren (Kulanu), ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis, a rapidement constaté que le Hamas exploite le refus d’Israël de se livrer à une guerre totale, du genre qui mènerait à la victoire.
Liberman n’a même pas utilisé ce mot, ni fait référence à un cessez-le-feu, sans parler d’aboutir à la paix.
Sa meilleure évaluation du résultat d’une opération militaire était de restaurer le calme pendant quatre à cinq ans, pas même une décennie. Le discours de faucon proposant l’entrée en guerre, prononcé par Liberman, ne comprend aucune stratégie pour mettre fin à la menace du Hamas, mais plutôt une évaluation du bourbier dans lequel se trouve la politique d’Israël vis-à-vis du Hamas et de la bande de Gaza en général.
C’est un bourbier nourri par les menaces existentielles perçues, liées aux conditions les plus élémentaires de toute forme de cessez-le-feu. C’est pour cette raison que les armes de la dernière guerre se sont tues sans aucun accord de cessez-le-feu formel.
Israël et le Hamas recherchaient alors tous les deux à rétablir le calme, mais ils ne pouvaient tout simplement pas se mettre d’accord sur les conditions d’une telle cessation des hostilités, s’installant au lieu de cela, dans une une série d’ententes minimales.
L’armée israélienne est probablement assez forte pour vaincre le Hamas et si nécessaire réoccuper la bande de Gaza, qui était sous son contrôle militaire de 1967 à 2005.
Mais Israël n’est pas disposé à payer le lourd tribut diplomatique qu’une telle mesure coûterait, ni le prix intérieur de la perte de vies de soldats israéliens.
Il ne peut pas non plus risquer de répondre à la demande la plus élémentaire du Hamas, à savoir la levée de toutes ses restrictions frontalières, y compris les blocus navals et aériens qui ont été imposés pour mettre fin à la libre circulation des armes à Gaza.
Le blocus militaire est antérieur à l’installation du gouvernement du Hamas à Gaza, qui a débuté en 2007 après avoir chassé le Fatah par un coup d’État sanglant.
Israël considère que ce blocus est plus vital que jamais afin d’empêcher l’Iran de prendre la même avant-garde militaire aux frontières sud que celle qu’il détient déjà près de la frontière nord d’Israël.
À son tour, le Hamas n’a aucun désir de signer son propre arrêt de mort en acceptant la demande d’Israël de démilitariser la bande de Gaza. L’aile militaire du groupe terroriste, avec ses roquettes et ses tunnels d’infiltration, reste la seule forme d’armée dont disposent les Palestiniens.
Israël espérait que les sanctions économiques qu’il avait imposées à Gaza au cours des onze dernières années contribueraient à sa disparition dans le pays. Au lieu de cela, ces restrictions, ajoutées aux mesures économiques plus strictes du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ont conduit à un soulèvement populaire de faible intensité et violent dirigé par le Hamas aux frontières israéliennes au cours du dernier semestre, sans fin probable envisagée à l’horizon.
Les efforts du chef des services de renseignements égyptiens, Abbas Kamel, pour rétablir le calme se sont intensifiés cette semaine.
Le cabinet de sécurité, qui s’est déjà réuni dimanche à propos de Gaza, devrait se réunir à nouveau mercredi.
Les opinions sont partagées entre une riposte militaire limitée, comme le préconise Liberman, et une nouvelle série de sanctions et méthodes d’apaisement (technique de la carotte et du bâton), comme ce fut le cas par le passé.
Ce à quoi les ministres ont peu de chance de donner leur feu vert, c’est à un plan – tout type de plan – qui mènera à une victoire totale ou à une défaite, assurant ainsi pour le moment que le conflit de Gaza restera un jour sans fin, comme le “Jour de la Marmotte”*.
* Le jour de la marmotte (Groundhog Day en anglais) est un événement célébré en Amérique du Nord le jour de la Chandeleur, soit le 2 février. Selon la tradition, ce jour-là, on doit observer l’entrée du terrier d’une marmotte. Si elle émerge et ne voit pas son ombre parce que le temps est nuageux, l’hiver finira bientôt. Par contre, si elle voit son ombre parce que le temps est lumineux et clair, elle sera effrayée et se réfugiera de nouveau dans son trou, et l’hiver continuera pendant six semaines supplémentaires.
Source: JForum

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