Le président des Etats-Unis Donald Trump a pour la première fois admis que le journaliste saoudien disparu Jamal Khashoggi était très probablement mort, menaçant Ryad de « très graves » conséquences si sa responsabilité était confirmée.

Le président américain Donald Trump, le 17 octobre 2018 à la Maison Blanche, à Washington
SAUL LOEB (AFP)

« Cela me semble bien être le cas. C’est très triste », a déclaré M. Trump, interrogé jeudi sur le possible décès de ce journaliste porté disparu depuis qu’il s’est rendu au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre. « C’est mauvais, très mauvais », a-t-il ajouté.

Ces déclarations marquent un net changement de ton de la part du locataire de la Maison Blanche.

Ces derniers jours, il avait opté pour une posture moins tranchée et avait mis en avant les énormes intérêts stratégiques liant son pays au royaume sunnite, citant la lutte contre le terrorisme, la nécessité de contrer l’influence de l’Iran chiite mais aussi les contrats d’armement et leurs retombées économiques.

Les Etats-Unis ont cependant décidé d’accorder un délai supplémentaire à l’Arabie saoudite pour expliquer la disparition de ce journaliste connu pour son franc-parler, qui s’était exilé aux Etats-Unis en 2017 après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier Mohammed ben Salmane.

« Nous devons leur donner quelques jours de plus pour mener à bien (les investigations) afin que nous ayons une bonne compréhension des faits », a affirmé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, de retour d’un déplacement à Ryad.

Nouvelles images

Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, avait annoncé qu’il ne se rendrait pas à une conférence économique organisée à Ryad et boycottée par un nombre croissant de personnalités, dont le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

Selon le New York Times, la monarchie saoudienne envisagerait de faire porter le chapeau de l’affaire Khashoggi à un haut responsable des services de renseignement, le général Ahmed Assiri, qui est aussi est un conseiller de « MBS », surnom du prince héritier.

La publication de nouvelles images tirées des caméras de vidéosurveillance retraçant les mouvements à Istanbul d’un officier des services de sécurité proche du prince héritier saoudien a fait encore monter d’un cran la pression sur Ryad.

Des manifestants ont organisé des manifestations devant l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington pour demander que justice soit rendue pour le journaliste saoudien porté disparu Jamal Khashoggi,
Jim WATSON (AFP / File)

L’homme en question, Maher Abdulaziz Mutreb, qui avait été identifié par les autorités turques comme l’un des membres d’une équipe de 15 agents envoyée par Ryad pour « assassiner » le journaliste, fait partie de l’entourage de « MBS », selon le New York Times.

La presse turque, affirmant s’appuyer sur des enregistrements sonores réalisés sur place, avait déjà publié mercredi de nouvelles informations accablantes, selon lesquelles Jamal Khashoggi aurait été torturé et assassiné dans le consulat dès le jour de sa disparition.

Le Washington Post a publié mercredi ce qu’il présente comme la dernière contribution de Jamal Khashoggi, un texte dans lequel le journaliste évoque le manque de liberté de la presse dans le monde arabe.

Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters Sans Frontières et le Comité de protection des journalistes ont par ailleurs appelé la Turquie à demander une enquête de l’ONU sur l’affaire Khashoggi.

Source: i24 News

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