Les fidèles, en grande partie immigrés, étaient moins à même de dénoncer les agressions.

Depuis quelques semaines, l’Église catholique américaine accumule les scandales de pédophilie. Après une enquête accusant plus de 300 prêtres de pédophilie, des victimes californiennes demandent à la justice de forcer l’archidiocèse de Los Angeles à donner plus d’informations sur la manière dont l’Église couvrait les prêtres pédophiles.

En 2002, après que la Californie a modifié les délais de prescription dans les cas d’abus sexuels sur mineurs, un procès gigantesque impliquant plus de 500 cas d’agressions avait été lancé à l’encontre de l’archidiocèse de Los Angeles. Il s’était conclu par un accord à 660 millions de dollars.

L’une des conditions de cet accord était que l’archidiocèse dévoile les milliers de pages constituant les dossiers personnels des prêtres mis en cause. Ces documents avaient alors révélé que l’Église préférait déplacer les agresseurs sans prévenir leur nouvelle paroisse plutôt que de les dénoncer.

Communautés hispaniques dépendantes

Aujourd’hui, Tony DeMarco, l’avocat de l’une des victimes de 2002, accuse la direction de l’Église catholique de Los Angeles d’avoir déplacé les prêtres agresseurs dans des communautés hispaniques, moins à même de dénoncer les membres du clergé: «“Pas besoin de prendre de mesures correctives, les gens qui n’ont pas de papier n’iront pas se plaindre”, c’est ce genre de déclaration que l’on retrouve dans certains de ces documents», indique-t-il.

Patrick Wall, un avocat qui représente aujourd’hui certaines victimes, était auparavant un prêtre engagé pour s’occuper des paroisses libérées des agresseurs déplacés. «Les communautés latinas n’étaient pas informées de qui venait officier dans leurs paroisses», explique-t-il. Une stratégie qu’il appelle «solution géographique».

Pour Cecilia González-Andrieu, une professeure en théologie de la Loyola Marymount University, les immigrés catholiques de la communauté hispanique de Los Angeles dépendaient au moment des faits de l’Église pour faire entendre leurs voix sur des sujets comme la pauvreté, la sécurité sociale, etc.

Désormais, les victimes espèrent pouvoir prouver, grâce aux dossiers des nouveaux prêtres impliqués, que le déplacement vers des paroisses hispaniques était une stratégie systématique.

Source: NPR

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