Après le pacte mondial sur les migrations, l’ONU adopte un pacte sur les réfugiés

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté à une écrasante majorité un pacte sur les réfugiés visant à améliorer leur gestion internationale. Un texte qui n’a pas suscité autant d’attention que le pacte mondial sur les migrations, récemment adopté.

Des réfugiées manifestant devant le Parlement grec à Athènes, afin de pouvoir rejoindre des parents vivant en Allemagne, le 1er novembre 2017 (image d’illustration).

La résolution sur le pacte sur les réfugiés a été approuvée par 181 pays à l’Assemblée générale de l’ONU, le 18 décembre. Deux ont voté contre : les Etats-Unis et la Hongrie. Trois se sont abstenus : la République dominicaine, l’Erythrée et la Libye.

L’administration Trump avait expliqué récemment que si elle soutenait la majorité du texte, elle était contre certains éléments, comme celui visant à limiter les possibles détentions de personnes cherchant l’asile dans un autre pays. La Hongrie, de son côté, a affirmé que l’ONU n’avait pas besoin d’un nouvel instrument légal sur le sujet.

Comme le fameux pacte mondial sur les migrations, celui sur les réfugiés se veut non contraignant. Toutefois, contrairement au pacte de Marrakech, les négociations pour le pacte sur les réfugiés sont passées relativement inaperçues.

Rédigé sous la houlette du Haut commissariat aux réfugiés, basé à Genève et dirigé par l’Italien Filippo Grandi, ce dernier texte a pour objectif de favoriser une réponse internationale adéquate aux mouvements massifs de réfugiés et aux situations des réfugiés qui le restent dans la durée.

Le document comprend quatre objectifs essentiels : alléger les pressions exercées sur les pays d’accueil ; accroître l’autonomie des réfugiés ; élargir l’accès à des solutions faisant appel à des pays tiers ; et aider à créer dans les pays d’origine les conditions nécessaires au retour des réfugiés dans la sécurité et la dignité.

«Aucun pays ne devrait être laissé seul pour faire face à un afflux massif de réfugiés», a souligné Filippo Grandi, en saluant une décision «historique» pour l’ONU : «Les crises de réfugiés appellent un partage mondial des responsabilités et le pacte est une expression puissante de la manière dont nous travaillons ensemble dans le monde fragmenté d’aujourd’hui.»

Le Venezuela se méfie d’une éventuelle ingérence via le pacte

Le nouveau pacte va permettre «de renforcer l’assistance et la protection des 25 millions de réfugiés recensés dans le monde», a fait savoir à l’AFP la présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, l’équatorienne Maria Fernanda Espinosa. «Plus de 85% des réfugiés dans le monde sont accueillis par des pays à revenu faible et moyen […] Nous devons soutenir les communautés et les Etats qui accueillent des réfugiés», a-t-elle ajouté.

Deux pays, confrontés à des fuites massives de population, sont intervenus avant le vote. La Syrie, soulignant qu’il ne fallait pas politiser le débat, a demandé au «Haut commissariat aux réfugiés davantage d’efforts pour le retour des réfugiés syriens». Le Venezuela a demandé quant à lui «d’éviter de faire du Pacte un outil d’intervention» dans les pays.

Un pacte onusien sur les migrations controversé, adopté une semaine plus tôt

Ce vote de l’Assemblée générale de l’ONU survient une semaine après l’adoption par plus de 150 pays (sur les 193 pays représentés à l’ONU), le 10 décembre, du pacte mondial des Nations unies sur les migrations, dit pacte de Marrakech. Celui-ci a soulevé les craintes d’un certain nombre d’Etats, parmi lesquels les Etats-Unis et la Hongrie, mais aussi l’Autriche, l’Australie, le Chili ou encore la République dominicaine, qui ont choisi de se retirer du pacte, considérant qu’il compromettait leur souveraineté en matière migratoire.

Outre des mesures visant à protéger les migrants, le pacte de Marrakech prévoit divers volets : à travers l’objectif 5, par exemple, les signataires s’engagent à ménager des options et des filières de migration régulière, accessibles et plus souples, «pour faciliter la mobilité de la main-d’œuvre». Le texte entend également «faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues». L’objectif 17 encourage ainsi les Etats à «condamner et contrer» les actes de racisme, de discrimination ou encore d’intolérance envers les migrants, notamment en exerçant un contrôle de l’information.

Source: RT France

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