«Nu et approuvé» : les comédiens seront nus, le public aussi

Pas de commentaire

Note importante: Alors que la France avait un sursaut de valeur, elle s’enfonce de nouveau dans le péché… Bien entendu, les propos tenus dans cet article ne sont pas de moi…. Mais ils montrent la dérive comme elle est.

À Paris, les spectateurs d’une pièce de théâtre jouée en janvier sont invités à venir assister au spectacle en tenue d’Adam. David Brunat s’en amuse, et y voit une provocation qui n’a plus grand chose de subversif.

Bonne nouvelle pour les amateurs d’effeuillage en public et en partage! Les adeptes du naturisme ont pleuré à l’annonce de la fermeture du restaurant 0’Naturel, l’unique table nudiste de Paris, mais ils ont aujourd’hui tout loisir de se consoler: le Palais des Glaces propose le 20 janvier un spectacle intitulé «Nu et approuvé», première représentation naturiste dans un théâtre parisien. Les comédiens iront nus comme des vers, mais le public sera invité à en faire autant. Show chaud!

C’est une expérience inédite à Paris mais qui a déjà été tentée ailleurs, il y a plus de vingt ans. Le Québec fut précurseur. Au «Grand Théâtre Émotif» (sic), les spectateurs étaient invités à quitter leurs nippes en entrant dans la salle pour «banaliser» et «dédramatiser» la nudité, sans aucune raison artistique particulière. Tabernacle! Après deux représentations, les forces de l’ordre interdirent ce spectacle jugé indécent et gratuit. Se déshabiller sans motif dramatique ou scénographique surprit, rebuta, indigna.

Des motifs pour baisser culotte au théâtre, ce n’est pas ce qui manque par les temps qui courent. Certes, on se plaît parfois à rappeler que les acteurs du temps de Shakespeare étaient prompts à endosser la tenue d’Adam (mais pas de sa compagne, car d’Eve, il n’y avait pas sur les planches du théâtre du Globe) et à s’adonner aux exercices les plus scabreux sous les regards d’un public au tempérament assurément peu victorien mais qui demeurait habillé. Autres temps, autres mœurs.

Aujourd’hui, le nu est à l’honneur sur les scènes les plus augustes. C’est même devenu une vraie manie que d’exhiber tout ce qui peut l’être, et une manie que les meilleurs théâtres cultivent avec entrain.

Ainsi, dans son grand spectacle «Les Damnés», La Comédie-Française a offert quelques séquences fort dévêtues, notamment une scène d’orgie plus vraie que nature où les S.A. s’en donnent à cœur et à cul joie avant de succomber en pleine débauche sous les coups de leurs ennemis. L’appareil du Parti nazi a eu raison des parties des miliciens abattus dans le plus simple appareil.

«La Nuit des Rois» de Shakespeare, qui se joue actuellement dans la prestigieuse salle Richelieu et qui y fait un carton, permet aux spectateurs des deux sexes de voir sans ambages et sous tous les angles les croupes de la Troupe. Le public n’est pas encore convié à montrer ses propres formes naturelles, mais il n’est pas interdit de penser qu’un metteur en scène imaginatif et audacieux proposera tôt ou tard une telle aventure «interactive», «immersive» et peut-être même subtilement «inclusive» …

Cette mode du nu sur les planches ne date pas d’hier, l’Opéra de Paris l’a lancée il y a près de quarante ans avec «Le Grand Macabre» de Gyorgy Ligeti dans une mise en scène de Daniel Mesguich: pour la première fois, on vit des femmes nues sur la scène du Palais-Garnier. Figurantes d’abord. Puis vint le tour des chanteuses, en particulier des Salomé allant jusqu’au terme de leur danse des sept voiles. Mais le public demeura sage et vêtu de probité.

C’était assez inédit dans l’art lyrique, alors que le nu au cinéma est presque aussi vieux que la caméra et qu’une grande part de la production cinématographique ne vise qu’à montrer les descendants d’Adam et Eve tels que la nature les a créés et s’adonnant à des acrobaties singeant l’acte d’en créer d’autres.

Et quoi qu’on en dise, la vogue du nu est assez nouvelle aussi sur les planches, exception faite bien entendu des spectacles dits de strip-tease plus ou moins affriolants et au coefficient esthétique fort variable.

Antonin Artaud prônait le théâtre de la cruauté mais celui de la crudité en est encore à ses balbutiements. Les bêtes de scène sont rarement bestiales sur scène. À quand un mouvement artistique aussi ample et riche et respecté que le théâtre du Nô japonais, et qui pourrait s’intituler le théâtre du Nu – un nouvel empire des sens?

Être ou ne pas être nu(e), telle est aujourd’hui la question. Sur scène mais aussi dans la salle. Reste que l’ère du poil et des sexes exhibés va finir par lasser et irriter. «Le plaisir est dans l’entrebâillement», professait Roland Barthes. À trop montrer, et trop souvent, on finit par enfoncer des portes ouvertes et par gâcher tout plaisir. Au spectacle, le rideau n’est pas sans raison. Il cache la scène à certains moments et aiguise l’imagination par ce qu’il dissimule. Quand tout le monde sera à poil dans les théâtres, de l’ouvreuse aux écoliers en passant par le régisseur et l’administrateur général, la scène ne sera pas devenu obscène mais juste monotone et triste comme la chair.

Dans «Mon cœur mis à nu», Baudelaire confesse: «Ce que j’ai toujours trouvé de plus beau dans un théâtre, dans mon enfance, et encore maintenant c’est le lustre.» Vive ce qui brille et fait briller! Le nu au théâtre peut-il encore éblouir? Le besoin de montrer la luxure sous les lustres peut-il encore nous épater? «Tout le monde à poil!», mot d’ordre artistique ou nouveau conformisme? Allez savoir. Rideau!

Source: Le Figaro

Publicités

Commenter cet article

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s