Tensions accrues à Jérusalem et Gaza, Israël se prépare à un regain de violence

Le Hamas appelle à une « journée de la rage » après des tensions autour d’une zone contestée près de la Porte de la miséricorde sur le mont du Temple.

Les forces de sécurité israéliennes montent la garde devant la Porte dorée, également appelée Porte de la miséricorde, lors d’une visite par un groupe de Juifs religieux du mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 mars 2019. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Les autorités israéliennes se préparaient à de possibles violences à Jérusalem et à la frontière avec la bande de Gaza vendredi, après un regain de tensions autour d’une portion longtemps fermée du site sacré du mont du Temple et près de la frontière avec l’enclave palestinienne.

Des dizaines de milliers de fidèles musulmans sont attendus pour les prières hebdomadaires au mont du Temple, suscitant des craintes d’affrontements après leur éventuelle tentative de regagner l’accès à une zone près de la Porte de la miséricorde.

La longue fermeture de cette portion connue sous le nom d’al-Aqsa ou Haram al-Sharif par les musulmans, est au cœur de tensions entre police israélienne et fidèles musulmans ces dernières semaines. Ces derniers en ont en effet plusieurs fois forcé l’accès.

Les autorités craignent ainsi que les traditionnelles prières prévues ce vendredi ne se transforment en affrontements violents.

Le groupe terroriste du Hamas a publié une vidéo jeudi dans laquelle il appelle les Palestiniens à se rassembler en masse aux mont du Temple et ses alentours pour une « journée de la rage » à l’encontre de cette fermeture, a rapporté la Douzième chaîne.

Les fidèles palestiniens se rassemblent avec la prière du midi à l’entrée de la porte dorée sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 février 2019 (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

La fondation religieuse du Waqf qui administre le mont du Temple a appelé à des prières de protestation sur le site, tout en précisant qu’elle ne souhaitait pas de nouveaux affrontements, a rapporté la Treizième chaîne. Les Palestiniens de Jérusalem-Est ont également exhorté à des manifestations pacifistes.

La police israélienne a indiqué au quotidien Haaretz qu’elle ne renforcerait pas sa présence dans la zone.

Des officiels israéliens et jordaniens de haut rang mènent des discussions dans l’espoir d’apaiser la situation. Jeudi, des responsables israéliens se sont ainsi rendus en Jordanie pour participer à des rencontres, leurs homologues jordaniens en ont fait de même à Jérusalem, selon la presse israélienne.

D’après Haaretz, les discussions sont toujours en cours dans l’attente d’un accord.

Amman a proposé de fermer le site pour des rénovations de longue durée. Bien que l’État hébreu approuve, il insiste pour que la clôture ait lieu d’abord sans rénovations, pour affirmer l’autorité d’Israël. C’est ce point de divergence qui bloquerait tout accord pour l’instant.

L’espace fortifié depuis près de 500 ans qu’abrite la porte de la Miséricorde a été fermé par les autorités israéliennes en 2003, car le groupe dirigeant la zone avait des liens avec le Hamas, et était restée close pour mettre fin à des travaux de construction illégale par le Waqf.

Israël pense que les travaux entrepris par le Waqf, qui a refusé toute présence d’observateurs israéliens, selon les autorités israéliennes, ont conduit à la destruction d’antiquités issues de la présence juive dans la zone.

Des manifestants palestiniens détruisent des portes verrouillées dans l’enceinte de la mosquée Al Aqsa sur le Mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 18 février 2019. (Ahmad Gharabli/AFP)

Le mois dernier, le Waqf avait rouvert le site, et les fidèles musulmans se mirent à s’en servir de mosquée, malgré les tentatives israéliennes de maintenir la zone close.

Mardi, le Waqf a rejeté une ordonnance d’un tribunal israélien exigeant la fermeture de la zone. Sheikh Abdelazeem Salhab, le président du conseil du Waqf Council, a fait savoir qu’elle resterait « ouverte à la prière musulmane, » en dépit de l’ultimatum de l’État hébreu menançant de fermer le site d’ici lundi prochain.

Le Waqf remet régulièrement en cause la fermeture de la zone, y organisant des prières de protestation dégénérant souvent en affrontements avec la police israélienne.

Tensions dans la bande de Gaza

La bande de Gaza suscite également des craintes de violence ce vendredi, après une semaine d’ébranlements du cessez-le-feu, avec des combats transfrontaliers presque quotidiens.

Les tanks et avions israéliens ont mené des frappes contre des sites du Hamas à six reprises cette semaine, d’après l’armée, en riposte à l’envoi de ballons incendiaires et d’un tir de roquette.

Des Palestiniens constatent les dégâts après une frappe aérienne israélienne sur un site appartenant au Hamas, à Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, le 7 mars 2019. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Un engin explosif accroché à un ballon a endommagé une maison dans la région d’Eshkol.

Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a visité la zone frontalière et averti le Hamas « que tout signe d’agression fera l’objet d’une riposte deux fois plus importante des Israéliens. »

L’armée a déployé des troupes supplémentaires à la frontière gazaouie en amont des émeutes du vendredi, a fait savoir la Treizième chaîne.

Au cours de la semaine, les Gazaouis ont organisé des manifestations nocturnes, dirigées par des « unités de confusion, » au cours desquelles les participants ont fait tonner des explosifs, brûlé des pneus et lancé des pierres aux troupes israéliennes postés de l’autre côté de la clôture de sécurité.

Le ministère de la Santé gouverné par le Hamas a indiqué jeudi qu’un garçon de 15 ans était mort des suites des blessures subies lors des affrontements.

Des médiateurs égyptiens se sont rendus dans la bande cette semaine, Le Caire a également initié un nouveau cycle de médiation entre Israël et le Hamas destiné à garantir un accord de cessez-le-feu durable.

D’après le quotidien libanais Al-Akhbar, des responsables égyptiens ont averti ceux du Hamas que « créer des tensions à la frontière en lançant des ballons incendiaires inciteraient l’armée israélienne à une intervention militaire de grande ampleur dans la bande. »

Le quotidien pan-arabe Asharq al-Awsat a rapporté jeudi que les médiateurs se démenaient pour parvenir à une sorte de trêve avant le 30 mars, jour anniversaire des manifestations hebdomadaires, où les responsables égyptiens craignent de voir une grande flambée de violence.

Source: Times of Israël

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