Débat des européennes sur France 2: «Le tribunal administratif nous dit qui inviter, c’est grave», déplore le rédacteur en chef

INTERVIEW Michel Dumoret, rédacteur en chef de « L’émission politique » sur France 2, explique à « 20 Minutes » comment il perçoit l’obligation d’inviter des hommes politiques à la dernière minute pour le débat de ce jeudi.

Alexandra Bensaid et Thomas Sotto, coanimateurs du grand débat sur les européennes de France 2. — Nathalie GUYON – FTV
  • Ce jeudi, à 21h, France 2 diffuse en direct un numéro spécial de « L’Emission politique » consacré au premier grand débat des élections européennes.
  • Le tribunal administratif a contraint la chaîne à inviter Benoît Hamon, Florian Philippot et François Asselineau qui n’avaient pas été conviés initialement.
  • « On nous dit qui inviter », déplore Michel Dumoret, rédacteur en chef de l’émission.

Neuf invités étaient prévus. Ils seront finalement douze. Le premier grand débat des élections européennes que diffusera France 2 en direct ce jeudi soir dans le cadre deL’Emission politique, intégrera finalement Benoît Hamon (Génération-s), François Asselineau (UPR) et Florian Philippot (Les Patriotes), suite à une décision du tribunal administratif. Pour la chaîne, il s’agit d’« une atteinte grave à la liberté de la presse ». Michel Dumoret, l’un des rédacteurs en chef de l’émission, réagit auprès de 20 Minutes.

Ajouter trois invités au dernier moment, cela bouscule fortement le programme prévu ?

Pour être très sincère, sur l’éditorial, cela ne changera pas tant que ça. On conserve la même architecture, les mêmes questions. Après, il y a beaucoup d’activité en studio depuis 48 heures parce qu’il faut construire fissa de nouveaux pupitres, procéder à certains réglages. La lumière pour un débat à douze n’est pas la même que pour un débat à neuf.

France 2 a fait appel de la décision de justice…

Le procès qu’ont pu nous faire quelques personnalités politiques, les reproches sur l’équité qui ne serait pas pleinement respectée, on l’a mauvaise. On respecte les temps de parole et on est la seule chaîne qui diffuse un prime politique tout au long de l’année. Benoît Hamon, par exemple, était un invité de l’émission spéciale sur le grand débat national du 24 janvier. Par ailleurs, on n’est pas encore dans la période électorale telle qu’elle est définie par le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) et qui commence le 15 avril. Le plateau que l’on avait prévu initialement avec neuf participants proposait un large éventail politique et représentait 95 % du corps électoral. Et puis le tribunal administratif nous impose d’en inviter trois autres. C’est grave, cela crée un précédent. On nous dit qui inviter, que l’on ne peut pas faire ce que l’on pensait faire alors que, je le rappelle, ce jeudi nous ne serons pas encore dans la période électorale cadrée par le CSA.

Comment se déroulera le débat en termes de séquences ?

L’objectif est d’essayer d’expliquer et de faire comprendre comment l’Europe agit sur notre quotidien. On a demandé par exemple à chaque participant de venir avec un objet, une image, qui, selon eux, illustre l’Europe, quelque chose qui la rende concrète. Nous scinderons le débat en deux parties. L’une concernant l’Europe dans le monde, avec un point de vue économique, fiscal, environnemental, et l’autre sur l’Europe des frontières. On demandera à chacun si, une fois élu député, il voterait telle ou telle loi. C’est une séquence qui, on l’espère, sera particulièrement intéressante. L’idée est de donner des billes aux téléspectateurs. On a conscience que cette élection se déroule à un moment particulier entre le Brexit et la guerre commerciale que se mènent l’Europe, la Chine et les Etats-Unis… Et bien sûr Alexandra Bensaid et Thomas Sotto qui co-animent le débat veilleront à l’horloge et au respect du temps de parole.

Alexandra Bensaid remplace Léa Salamé dont la mise en retrait de l’antenne [elle est la compagne de Raphaël Glucksmann, tête de liste Place publique et PS] a été très commentée…

Léa Salamé a fait le choix qui s’imposait. Je crois qu’il n’y avait pas d’autre choix. On a hâte de la retrouver à la rentrée.

Source: 20 Minutes

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