Cisjordanie, Gaza, plan de paix US, Macron: Interview i24NEWS avec Benyamin Netanyahou

« Nous avons amené Israël à vivre la meilleure décennie de son histoire ».

« Je n’ai pas l’intention d’annexer la Cisjordanie mais les implantations juives de Cisjordanie », a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors d’une interview exclusive accordée dimanche soir à i24NEWS. 

« Je ne déplacerai pas un seul Israélien, je suis contre cette idée d’épuration ethnique », a-t-il insisté.

M. Netanyahou avait indiqué samedi soir vouloir annexer les implantations israéliennes de Cisjordanie, une prise de position jugée « irresponsable » par son principal rival Benny Gantz de la liste centriste Bleu Blanc, à deux jours d’élections législatives qui pourraient s’avérer serrées. 

« La gauche veut avant tout faire des concessions dangereuses en faveur des Palestiniens, dans l’espoir d’obtenir des relations avec le monde arabe », a-t-il jugé, « moi je fais exactement l’inverse ».

« J’ai d’abord construit une économie libre, assuré la sécurité du pays, et Israël est devenue une cyber-puissance, et c’est le monde qui est venu à nous », a-t-il affirmé.

« En un délai de seulement une semaine j’ai été à Washington pour rencontrer (le président américain Donald) Trump qui signait la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan, le président brésilien était en visite en Israël, et je me suis également rendu à Moscou et j’ai ramené la dépouille de notre soldat », a-t-il affirmé.

Jeudi, la Russie a annoncé que son armée avait retrouvé le corps du soldat israélien Zachary Baumel, porté disparu depuis une bataille en 1982 pendant la guerre du Liban. Il a été remis à l’Etat hébreu et inhumé.

« Je vais vers les Arabes à partir d’une position de force », a expliqué le Premier ministre.

Plan de paix américain

Concernant le plan de paix américain sur lequel Donald Trump n’a donné aucune précision, mais qui se prépare depuis deux ans à la Maison Blanche, et devrait être dévoilé dans les semaines qui suivront les élections du 9 avril, Benyamin Netanyahou a dit ignorer les détails de ce « deal du siècle ».

« Je ne sais pas quel plan sera proposé mais Trump est notre ami, il s’est retiré de l’accord nucléaire iranien, il a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, reconnu le plateau du Golan » a rappelé M. Netanyahou précisant cependant, que « je ne renoncerai pas à mes principes et j’espère qu’ils seront inclus dans ce plan ».

Mais « je suis différent de la gauche », a-t-il encore insisté, « eux pensent que le meilleur moyen d’obtenir quelque chose est de baisser la tête, ils ne savent pas dire non », a-t-il accusé.

« Si vous n’êtes pas capable de dire non, vous deviendrez une petite province d’Asie, or nous avons transformé le pays en une puissance mondiale, globale, parce que nous savons dire oui quand il faut mais nous savons aussi dire non ».

« Moi je n’ai rien donné, et j’ai reçu », s’est-il vanté. 

Violences à Gaza

« Ce que Gantz et Lapid doivent comprendre c’est que ce qu’il s’est passé à Gaza ne doit pas se répéter en Cisjordanie », a-t-il expliqué, faisant allusion au retrait unilatéral israélien de l’enclave palestinienne.

« S’il est nécessaire de conquérir Gaza, on le fera », a-t-il affirmé, « mais avec toutes les difficultés, il n’y a pas eu un seul Israélien tué depuis le regain des violences », a-t-il constaté. 

« Je veux agir de la manière la plus mesurée parce que je ne veux pas faire couler le sang des fils des familles israéliennes en vain », a-t-il dit ajoutant que tous ceux qui me critiquent n’ont jamais proposé quelque chose de différent ». 

« Macron, un leader respectable »

« Emmanuel Macron est un ami personnel mais nous avons de nombreuses divergences, notamment sur l’accord du nucléaire iranien », a remarqué M. Netanyahou.

Le président Donald Trump a retiré son pays de cet accord en mai dernier, tout en réimposant des sanctions contre la République islamique.

Mais les autres pays qui font partie de cet accord — la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie ensemble avec l’Union européenne  — insistent pour rester engagés à le mettre en oeuvre.

« Macron est un leader respectable mais il soutient cet accord et d’un autre côté le quai d’Orsay fustige la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne sur le Golan, c’est bizarre », dit M. Netanyahou.

‘J’ai de nombreuses relations avec tous les pays européens, et la France aussi est très importante, mais ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec tout ce qui est dit par le quai d’Orsay, ils ont parfois des opinions contraires à ce que je trouve être vital pour Israël », a-t-il estimé.

« Nous avons amené Israël à vivre la meilleure décennie de son histoire, d’un point économique, militaire, nous construisons le pays », a-t-il conclu. 

Source: i24 News