Les moustiques tigre sont de retour et s’implantent de plus en plus en France

Le retour des beaux jours entraîne aussi le retour des moustiques tigre. L’insecte étend son territoire en France et inquiète car il est vecteur de nombreuses maladies.

Eric Marois, chercheur à l’insectarium CNRS de Strasbourg, manipule des « cages » où sont élevés les moustiques. (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO)

Ils sont partout, ou presque, et désormais (c’est le site de référence Vigilance moustiques qui le dit) implantés durablement dans neuf nouveaux départements, dont Paris : les moustiques tigre sont installés dans les deux tiers sud de la France métropolitaine, et menacent de se répandre sur tout le territoire.

S’il ne faisait que gâcher nos vacances d’été, cela passerait encore, mais le problème principal est qu’il est vecteur de maladies. Régulièrement, les DOM-TOM connaissent des épidémies de dengue ou de chikungunya. C’est pour cela que les chercheurs s’y intéressent de plus en plus.

40 000 moustiques dans une pièce

À Strasbourg, le CNRS a inauguré cet hiver un tout nouvel insectarium, un laboratoire hyper sécurisé dédié à l’étude des moustiques et des virus qu’ils transportent. La pièce réservée à l’élevage du moustique est impressionnante : sur les étagères se trouvent de petites boites recouvertes de moustiquaires à l’intérieur desquelles tournoient 40 000 spécimens de moustiques tigre.

« Celui-là transmet le paludisme. Ceux-là transmettent le chikungunya, zika et la dengue » détaille Eric Marois, l’un des chercheurs. Ici, ils élèvent et étudient depuis plusieurs années le moustique anophèle, et désormais aussi le moustique aedes aegypti, un cousin du moustique tigre qui transmet ces trois derniers virus.

Inoculer ces virus aux moustiques permet d’étudier leur réaction, notamment celle de certaines espèces qui, sans que l’on sache pourquoi ou comment, parviennent à se débarrasser naturellement ces maladies et ne les transmettront donc pas à l’homme. « C’est une des choses qui nous intéresse beaucoup explique Jean-Luc Imler, le directeur du laboratoire. « Nous essayons de voir s’il n’y a pas des paramètres en termes de bactéries ou de virus qui expliquent pourquoi certains moustiques transmettent les maladies ou non. »

Supprimer « naturellement » les moustiques infectés

À terme, les chercheurs pourraient, sans forcément modifier génétiquement les moustiques, simplement les contrôler, en favorisant la prolifération de ceux qui éliminent naturellement les virus de leur organisme. Aujourd’hui, avec l’implantation progressive du moustique tigre en France métropolitaine, les chercheurs prennent très au sérieux les risques d’épidémie.

« Sans affoler les gens, il faut qu’ils soient conscients que cela peut se produire » prévient Bruno Mathieu, entomologiste médical à l’université de Strasbourg.

Nous avons des cas autochtones en France depuis 2010, dans le sud de la France, avec le chikungunya ou la dengue, mais aussi en Italie où il y a eu une grosse épidémie en 2007. Ce n’est pas qu’un cas théorique.

Bruno Mathieu à France Info

Preuve de cet intérêt, pour ne pas dire de cette inquiétude, en France, en plus de ce nouvel insectarium, de plus en plus de financements publics et privés sont délivrés à des laboratoires spécialisés, et à des projets de thèses sur les moustiques.

Source: France Info

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