Tsahal envoie des renforts autour de Gaza en amont de plusieurs jours de combats

Alors que plus de 600 (Mise à jour le 5 mai 2019 à 17h00) projectiles se sont abattus sur Israël, Tsahal a déclaré avoir frappé plus de 220 cibles militaires du Hamas à Gaza.

La maison de Moshe Agadi, âgé de 58 ans, qui a été décédé des suites de ses blessures d’obus après que sa maison a été touchée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza à Ashkelon, dans le sud d’Israël le 5 mai 2019. (Noam Rivkin Fenton/Flash90)

L’armée israélienne a envoyé une brigade supplémentaire de tank à la frontière de Gaza dimanche en se préparant à des combats pour les prochains jours après que plus de 450 roquettes et obus de mortier ont été tirés dans le sud d’Israël depuis la bande de Gaza au cours des dernières 24 heures, tuant un homme israélien et blessant plusieurs autres civils.

En réponse aux attaques, Tsahal a déclaré avoir bombardé plus de 220 cibles militaires dans la bande de Gaza, causant des dégâts considérables aux installations des groupes terroristes, mais relativement peu de victimes dans l’enclave côtière très peuplée.

Les combats ont commencé peu après 9h30 samedi, ils ont continué jusqu’à dimanche matin avec quelques périodes plus calmes dans la nuit.

Les échanges de tirs de roquettes palestiniennes et de frappes aériennes israéliennes ont semblé diminuer dimanche matin, mais les deux camps ont dit qu’ils renforceraient leurs ripostes si les attaques de l’autre camp persistaient.

La fumée émane d’une explosion provoquée par une frappe aérienne israélienne dans la ville de Gaza, dimanche 5 mai 2019 (Crédit: MOHAMMED ABED / AFP)

Un porte-parole de Tsahal a déclaré que l’armée avait envoyé sa 7ème brigade blindée vers le sud « pour qu’il y ait une force disponible dans la division de Gaza en cas de besoin ».

Un autre porte-parole de l’armée, le lieutenant colonel Jonathan Conricus, a déclaré que Tsahal se préparait à des combats qui pourraient durer plusieurs jours.

La violence intense dans laquelle s’est engouffrée la zone au cours du weekend a commencé vendredi soir, quand un sniper de Gaza a tiré sur deux soldats le long de la frontière, en les blessant. L’armée israélienne a riposté avec une frappe sur une position du Hamas qui a tué plusieurs membres du groupe terroriste islamiste.

L’échange de tirs intervient après plusieurs semaines de calme relatif entre Israël et Gaza dans le contexte d’une trêve non officielle, qui semble ne plus être appliquée alors que des terroristes dans la bande de Gaza ont renforcé leurs actions violentes le long de la frontière dans les journées qui ont précédé cette nouvelle flambée de violence. Des groupes terroristes de Gaza ont déclaré que leurs actions étaient des représailles contre Israël qui ne respecterait pas l’accord de cessez-le-feu en bloquant le transfert de l’argent Qatari vers Gaza – une accusation que Jérusalem a démentie, en accusant le Qatar et les Nations unies pour ce retard.

Selon Tsahal, environ 70 % des plus de 450 roquettes et obus de mortier ont été tirés sur Israël dans des terrains vagues, où il n’ont causé aucun dégât ni fait de blessés. Plus de 150 projectiles qui se dirigeaient vers des zones à forte densité de population ont été interceptés par le système de défense de missile du Dôme de fer, a déclaré l’armée.

Même si l’armée a déclaré que l’efficacité du Dôme de Fer était excellente, plusieurs projectiles ont directement frappé des maisons et des appartements ou sont tombés juste à côté. Un projectile a notamment touché la maison de Moshe Agadi, âgé de 58 ans et père de quatre enfants, qui a été déclaré mort après avoir été transporté de toute urgence vers l’hôpital Barzilai d’Ashkelon avec des blessures d’obus vers environ 2h30 du matin dimanche.

Au moins deux autres roquettes sont tombées à proximité d’écoles dans le sud d’Israël, qui étaient vides pendant le week-end, causant des dégâts sur les bâtiments.

Agadi est la première victime israélienne des attaques de roquettes de Gaza depuis la guerre de 2014 avec les terroristes basés dans la bande de Gaza. Un homme palestinien travaillant en Israël avait été tué par une frappe de roquette à Ashkelon en novembre.

L’armée a déclaré que la grande majorité des projectiles tirés depuis Gaza avaient été lancés par le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et le Jihad islamique palestinien, le deuxième groupe terroriste le plus puissant de Gaza. Un petit nombre de missiles ont été tirés par d’autres groupe dans Gaza.

Dimanche, l’armée a déclaré avoir mené environ 220 raids de riposte contre des cibles liées au Hamas et au Jihad islamique soutenu par l’Iran depuis samedi et qu’elle continuait de le faire dimanche matin.

Image d’une explosion sur des immeubles lors d’une frappe israélienne à Gaza ville en riposte à des tirs de roquettes depuis l’enclave palestinienne le 4 mai 2019.
(Mahmud Hams / AFP)

Au moins quatre hommes palestiniens dans la vingtaine auraient été tués dans les frappes israéliennes. Tous faisaient partie d’équipes de lanceurs des roquettes.

Les autorités gazaouies ont accusé Israël d’être responsable de la mort d’une mère et de son bébé, mais Tsahal a rejeté cette affirmation en déclarant que leurs morts avaient été causés par un lancement de roquette raté.

« Selon nos renseignements, nous pouvons confirmer qu’ils ont été tués dans un accident avec des armes du Hamas », a déclaré le lieutenant colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée, dimanche en soulignant que leurs morts étaient « malheureuses ».

Conricus a déclaré qu’il « ne s’agissait probablement pas du dernier cas » où des Palestiniens accusaient Israël d’être responsables de morts causés par le Hamas.

Tsahal a expliqué que ses frappes ciblaient un tunnel d’attaque transfrontalier du Jihad islamique, les points d’entrée de plusieurs autres tunnels, un lieu souterrain de production de missiles du Hamas, des caches d’armes, des bases militaires, des points d’observations, une usine de ciment utilisée pour produire les revêtements des tunnels et des bunkers souterrains, et plusieurs immeubles utilisés par des groupes terroristes dans la bande de Gaza.

Dimanche matin, l’armée israélienne a publié des images de ce qu’elle a déclaré être une de ses frappes sur une usine souterraine de roquettes du Hamas. Dans la vidéo, après la première explosion, on voit une seconde explosion qui aurait été causée par les munitions de l’installation.

L’armée a déclaré avoir bombardé plusieurs bateaux appartenant aux unités de commando naval du Hamas et du Jihad islamique.

« Dans le cadre de l’attaque, une base militaire a été touchée. Elle était utilisée pour loger des membres de l’unité commando naval du Hamas et une structure militaire dans la maison du commandant d’une unité de commando naval dans la ville Khan Younis, qui abritait des outils utilisés pour creuser des tunnels militaires », a déclaré l’armée.

Une maison, de la ville de Rafah dans la bande de Gaza, appartenant à un chef du Hamas où Tsahal affirme que des munitions étaient conservées, qui a été bombardée en réponse à des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza le 5 mai 2019. (Crédit : armée israélienne)

Dans les frappes, l’armée de l’air israélienne a bombardé plusieurs structures civiles, dont les maisons de chefs terroristes où des munitions étaient stockées dans les villes de Khan Yonis, Rafah et le camp de réfugiés d’al-Shati, mais aussi dans une mosquée d’al-Shati dont l’armée a déclaré qu’elle était utilisée comme le quartier général du Jihad islamique.

L’armée israélienne a également rasé un immeuble abritant les bureaux de l’agence de presse Andalou dirigée par l’état turc dans le quartier de Rimal de Gaza ville, entraînant une vive réaction d’Ankara. Tsahal a déclaré que l’immeuble de huit étages était utilisé par le Hamas et le Jihad islamique pour mener des activités terroristes.

Un autre immeuble de plusieurs étages à Rimal, dont l’armée israélienne a dit qu’il abritait le service de renseignement militaire et de sécurité intérieur du Hamas, a été également été détruit dans les frappes.

L’armée israélienne a dit qu’elle était prête à continuer à mener des raids si les attaques de Gaza continuaient. Des groupes terroristes dans l’enclave ont fait des menaces similaires, déclarant qu’ils frapperaient plus au coeur d’Israël si Tsahal continuait ses frappes.

Des résidents inspectent les dégâts à un immeuble dans la ville de Gaza le 4 mai 2019. (AP/Adel Hana)

Les Etats-Unis ont déclaré dans un communiqué qu’il soutenaient le droit d’Israël de se défendre.

« Les Etats-Unis condamnent fermement les tirs continus de roquettes par le Hamas et le Jihad islamique palestinien depuis Gaza sur des civils innocents et leurs communautés à travers Israël. Nous appelons les responsables de ces violences à cesser immédiatement à cette agression », a déclaré la porte-parole du Département d’Etat Morgan Ortagus dans un communiqué.

Emanuele Giaufret, l’ambassadeur de l’Union européenne en Israël, a fermement critiqué les attaques de roquettes sur Twitter, déclarant que « tirer sur des civils (est) inacceptable ».

Le COGAT, l’organisme israélien de la Défense responsable des affaires civiles palestiniennes, a également déclaré avoir bloqué la zone de pêche autour de l’enclave côtière et avoir fermé les deux points de passage terrestre vers Israël – Kerem Shalom et Erez – avec l’enclave côtière.

Les points de passage sont utilisés par des patients médicaux palestiniens pour entrer et sortir du territoire. Ils permettent aussi l’accès de ravitaillements dans le territoire sous blocus.

Dimanche, du gazole et de l’essence ont pu entrer dans Gaza à travers Kerem Shalom malgré la fermeture afin d’ »empêcher la détérioration des conditions humanitaires des civils de la bande », a déclaré un officiel israélien, s’exprimant sous conditions d’anonymat.


L’aile militaire du groupe terroriste du Jihad islamique basé à Gaza a publié une vidéo menaçant de lancer des attaques de roquettes sur le réacteur nucléaire de Dimona et d’autres sites sensibles en Israël, le 4 mai 2019. (Capture d’écran)

Dans un communiqué, le Hamas a déclaré qu’il était « prêt à répondre aux crimes d’Israël » et a promis de l’empêcher de « faire couler le sang de notre peuple ». Le Jihad islamique a menacé de perturber le Concours de l’Eurovision qui aura lieu à Tel Aviv du 14 au 18 mai, et le groupe terroriste a aussi publié une vidéo menaçant de frapper l’installation nucléaire de Dimona, l’aéroport de Ben Gurion et d’autres sites sensibles en Israël.

Nickolay Mladenov, l’envoyé spécial au Moyen-orient des Nations unies, a déclaré que les Nations unies travaillaient avec l’Egypte pour restaurer le calme et appelaient les deux camps à la « désescalade » et à revenir aux accords récents.

« Ceux qui cherchent à les détruire porteront la responsabilité d’un conflit qui aura des graves conséquences pour tout le monde », a-t-il dit dans un communiqué.

Des Palestiniens s’opposent aux troupes israéliennes lors de manifestations à la frontière entre Israël et Gaza, le 3 mai 2019.
(Hassan Jedi/Flash90)

Après des affrontements violentes début avril, Israël avait accepté d’assouplir son blocus sur Gaza en échange d’un arrêt des tirs de roquettes. Cela incluait un élargissement de la zone de pêche autour de l’enclave côtière, une augmentation des importations dans la bande de Gaza et autoriser l’entrée de l’aide financière du Qatar dans Gaza qui est à court d’argent.

L’accord semblait être sur le point de dérailler ces derniers jours, avec des Palestiniens qui ont lancé des ballons incendiaires et des roquettes sur Israël et avec des avions de chasse israéliens qui ont tiré sur des cibles du Hamas. Ce dernier a dit que les ballons incendiaires étaient un message envoyé à Israël de ne pas bloquer le transfert de millions de dollars d’aide qatarie vers Gaza.

Le ministre israélien Tzachi Hanegbi a accusé le Qatar et les Nations unies d’être responsables du retard.

Jeudi, une délégation du Hamas conduite par le chef du groupe terroriste à Gaza, Yahya Sinwar, s’est rendue au Caire pour mener des négociations avec des officiels égyptiens sur une trêve avec Israël, selon des officiels du Hamas.

Israël et l’Egypte maintiennent un blocus ferme de Gaza depuis que le Hamas, qui cherche ouvertement à détruire Israël, a pris le contrôle du territoire en 2007. Jérusalem affirme que le blocus est nécessaire pour empêcher des groupes terroristes de se réarmer et de devenir une menace plus importante.

Les deux camps sont des ennemis jurés et ont mené trois guerres en plus d’autres épisodes de flambées de violence.

Source: Times of Israël

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