Candida auris : deux cas en France, mais « il y en aura d’autres »

Le champignon microscopique résistant aux antifongiques fait trembler les hôpitaux du monde entier. Pour l’heure, la France est relativement épargnée. Mais pour combien de temps ?

Un chercheur tient une boîte de Pétri dans laquelle se trouve la levure Candida auris.
NICOLAS ARMER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE / AFP

Le « Candida auris » est un champignon microscopique résistant aux antifongiques qui fait trembler les hôpitaux du monde entier.

Pour l’heure, la France est relativement épargnée puisqu’elle ne recense qu’une poignée de cas. Mais pour combien de temps ?

Qu’est-ce que le « Candida auris » ?

Particulièrement dangereux lorsqu’il touche une personne fragile ou dont les défenses immunitaires sont affaiblies, le « Candida » a été découvert au Japon en 2009 dans l’oreille d’un patient -d’où son nom « auris ».

Il est à l’origine d’épidémies et de morts dans plusieurs hôpitaux à travers le monde : entre 2012 et 2013 au Venezuela, il a tué cinq patients sur 18 touchés dans un centre médical; entre 2016 et 2017, il a sévi dans un hôpital espagnol, touchant près de 400 personnes.

Il a contraint un prestigieux centre médical britannique à fermer son unité de soins intensifs et s’est manifesté en Inde, au Pakistan et en Afrique du Sud, selon un article publié dans le New York Times en avril.

Rien qu’aux Etats-Unis, où il sème la panique, il aurait contaminé près de 600 personnes depuis 2013, notamment à New York, dans le New Jersey et l’Illinois.

Quels sont les symptômes ?

En pleine démultiplication, résistant aux médicaments, le « Candida auris » provoque de la fièvre, de la fatigue, des courbatures…

Un patient est « colonisé » quand le germe est détecté sur sa peau ou dans ses selles.

Un patient est « infecté » lorsque le germe est présent dans son sang (fongémie) : « On estime alors qu’un patient sur deux décède dans les 90 jours », explique le professeur Stéphane Bretagne, spécialiste en mycologie de l’Institut Pasteur, interrogé par LCI.

Il ajoute : « Ce qui fait la particularité de Candida auris c’est que lorsqu’un patient est « colonisé », on est à peu près certain que les patients d’à côté le sont aussi et qu’il va falloir fermer le service pour tout désinfecter ».

Où a-t-il été détecté en France ?

En France, les données du Centre national de référence des Mycoses invasives et antifongiques (Institut Pasteur) et celles du signalement externe des infections nosocomiales ont permis d’identifier à ce jour deux cas sporadiques depuis 2013 : un cas de colonisation -découvert fortuitement- probablement importé de l’étranger dans l’établissement en 2017, et un cas de fongémie d’origine inconnue, en 2015.

« Il y a eu un signalement dans un service de réanimation de Tours (Indre-et-Loire). Il s’agissait d’un candidat à une greffe de foie dont les prélèvements superficiels ont révélé la présence de cette levure. A noter qu’il avait été hospitalisé en Iran et en Inde avant la France », précise Stéphane Bretagne.

Le second cas français rapporté a été signalé à La Réunion. Cette fois, le champignon microscopique était présent dans les urines du patient.

Risque-t-on d’autres cas ?

« Et il y en aura d’autres », a prévenu ce dimanche Pierre Parneix, président de la Société française d’hygiène hospitalière, dans les colonnes du Parisien. « Puisqu’il est en Europe (NDLR: 388 cas en Espagne, 221 au Royaume-Uni, 7 en Allemagne, 1 en Belgique et 1 en Norvège), il va forcément arriver dans les établissements de santé français. C’est logique car les gens voyagent et ramènent le germe d’un pays à l’autre. Tous les patients porteurs ne seront pas, heureusement, infectés mais il faut penser aux plus fragiles », a-t-il conclu.

Comment se prémunir de ce germe ?

Les mesures de prévention, telles que la désinfection, l’élimination de matières organiques ou le lavage des mains des professionnels de santé et des patients, sont capitales.

En l’absence de situation épidémique en France, le Centre national de référence et Santé publique France restent vigilants face à la survenue d’éventuels cas sporadiques.

D’ailleurs, les établissements de santé sont tenus de signaler tout cas identifié (patient « infecté » ou « colonisé ») et d’adresser les souches de « Candida auris » confirmées ou suspectées au Centre national de référence.

Selon une étude britannique, en l’absence d’une politique de santé publique visant à contrer ces « superbactéries », on estime que, en 2050, dix millions de personnes dans le monde seront décédées à cause de ces infections.

Bien au-delà des huit millions de morts dues au cancer escomptées cette année-là.

Source: Le Progrès

Publicités

Commenter cet article

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.