Israël a promis des assouplissements dans la semaine – responsable à Gaza

Un haut-responsable politique a déclaré que l’Etat hébreu a accepté l’importation de certains biens et prendra d’autres mesures en échange de la fin des violences.

De la fumée s’élève lors du lancement de roquettes visant Israël depuis Rafah, dans la bande de Gaza, le 4 mai 2019 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Un responsable palestinien à Gaza a déclaré mardi qu’Israël a accepté de mettre en oeuvre une série de mesures en une semaine, notamment la levée des restrictions sur les importations de nombreux produits vers la bande de Gaza, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu avec les groupes terroristes de l’enclave côtière.

Après deux jours d’intenses combats, au cours desquels les groupes terroristes ont lancé plus de 650 roquettes sur le sud d’Israël et l’armée israélienne a riposté avec plus de 300 frappes de représailles sur Gaza, le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont annoncé que l’Egypte, et des instances internationales avaient négocié, avec succès, une trêve.

Plusieurs sites d’information en langue arabe ont publié des rapports détaillant les termes de cet accord.

Le responsable de Gaza, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a déclaré au Times of Israël, que l’accord « se focalise principalement sur la mise en oeuvre d’éléments déjà approuvés par Israël, qui s’est désormais engagé à les mettre en oeuvre dans la semaine, en échange d’un arrêt de la résistance de la part des Palestiniens, à l’exception des manifestations hebdomadaires, dans leur forme pacifique ».

Il a ajouté que « toutes les options seront sur la table » si l’Etat hébreu ne se conforme pas à l’accord.

Le bureau du Premier ministre, le ministère des Affaires étrangères et le COGAT, l’organe du ministère de la Défense chargé de la liaison avec les Palestiniens, ont refusé de commenter la description de l’accord de cessez-le-feu par le responsable.

Par principe, les responsables israéliens ne reconnaissent pas l’existence de négociations avec les factions terroristes de Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a suggéré lundi qu’Israël n’a que temporairement arrêté ses frappes contre le Hamas et le Jihad islamique.

« Ces deux derniers jours, nous avons frappé le Hamas et le Jihad islamique avec force, attaqué plus de 350 cibles, chefs terroristes et activistes et détruit des infrastructures terroristes », a-t-il dit dans un communiqué. « La campagne n’est pas finie et demande de la patience et du jugement. Nous nous préparons à continuer. L’objectif est, et a toujours été, de garantir la paix et la sécurité des résidents du sud. »

Des camions transportant des marchandises entrent dans la bande de Gaza par Kerem Shalom après sa réouverture par Israël le 15 août 2018. (Flash90)

Le responsable gazoui, qui est un haut-responsable politique, a déclaré qu’Israël avait l’intention « de lever les restrictions sur l’importation de
30 % des biens dits à double-usage vers Gaza, et d’autoriser une augmentation des exportations depuis [l’enclave] ».

Ces dernières années, Israël a lourdement restreint l’afflux de produits dits à double-usage, c’est-à-dire qui peuvent être utilisés à la fois à des fins civiles et militaires. Les Palestiniens à Gaza doivent avoir des permis spéciaux pour importer des biens dits à double-usage.

Jérusalem affirme que ces restrictions sur l’import et l’export de biens vise à empêcher le Hamas et les autres groupes terroristes, déterminés à détruire Israël, d’obtenir des armes ou des matériaux qui leur permettront d’en fabriquer.

Des employés aident les Palestiniens à recevoir l’aide financière apportée par le Qatar aux familles défavorisées au bureau central de poste de Gaza City, le 26 janvier 2019 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Le responsable à Gaza a également déclaré qu’Israël avait accepté le transfert de fonds qataris vers l’enclave côtière, destinés à soulager les familles défavorisées, les salaires des fonctionnaires du Hamas, et les projets des Nations unies.

« Tout cela sont des choses qu’Israël a accepté il y a des mois, mais qu’il n’a pas mis en oeuvre », a-t-il dit, avant d’ajouter que l’Etat hébreu avait aussi approuvé l’entrée continue de carburant acheté par le Qatar.

Ces derniers mois, Israël a permis à plusieurs reprises au Qatar de distribuer des fonds aux familles pauvres et aux fonctionnaires du Hamas. Il a également autorisé l’entrée de carburant acheté par le Qatar depuis octobre 2018 pour faire fonctionner l’unique centrale électrique de l’enclave palestinienne.

Evoquant les programmes cash-for-work des Nations unies, le responsable gazaoui a indiqué qu’ils aident « les jeunes diplômes. »

Les Nations unies ont décidé, avec le Qatar, en janvier de puiser
20 millions de dollars à Doha pour créer des opportunités de travail temporaire à Gaza.

Jamie McGoldrick, l’adjoint du coordinateur spécial du processus de paix au Moyen Orient, a déclaré lundi dans une conversation téléphonique qu’il pense que ces 20 millions de dollars permettront de créer 10 000 emplois temporaires. Il a souligné que le financement supplémentaire annoncé mardi par le Qatar va permettre de créer encore 20 000 postes.

Il a indiqué que certains postes seraient créés pour 6 mois, d’autres pour 9.

Le Qatar a annoncé mardi matin qu’il enverrait 480 millions de dollars en Cisjordanie et à Gaza « pour aider le peuple fraternel palestinien à subvenir à ses besoins vitaux ».

Selon le bureau central des statistiques, le taux de chômage s’élève à 52 % à Gaza.

Le responsable a ajouté qu’Israël avait accepté d’agrandir la zone de pêche au large de la côte gazaouie.

« Israël a consenti à l’élargissement de la zone de pêche à six milles nautiques au nord, et à neuf près de Gaza City, 12 au centre et 15 au nord », a-t-il dit. « C’est le même arrangement qui a été mis en oeuvre début avril. »

Israël a étendu la zone de pêche à 15 milles nautiques dans certaines zones de la côte de Gaza début avril, mais la réduite de nouveau après des tirs de roquettes.

Gaza compte 3 700 pêcheurs à Gaza, dont la majorité vit en dessous du seuil de pauvreté, selon un rapport du groupe de défense des droits de l’homme B’Tselem.

Le responsable a également déclaré qu’Israël s’était engagé à « stopper toute agression contre les Palestiniens à Gaza, notamment contre les pêcheurs et les fermiers près de la frontière ».

Israël a appelé les Palestiniens à Gaza à se tenir à distance de la frontière avec Israël, avertissant que s’ils s’en approchaient, ils risquaient leur vie.

Au cours de l’année écoulée, l’armée israélienne a ouvert le feu sur de nombreux Palestiniens qui prenaient part aux émeutes frontalières, qui lançaient des bombes incendiaires ou des pierres sur les soldats, entre autres actes de violence.

Des Palestiniens lors des émeutes à la clôture frontalière à l’est de Gaza City, le 22 mars 2019 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Le responsable a ajouté qu’en échange de la mise en oeuvre desdites mesures dans la semaine, les Palestiniens à Gaza stopperont « toute résistance contre Israël à l’exception des manifestations hebdomadaires le long de la frontière dans leur forme pacifique ».

Interrogé sur ce qui se produirait si Israël ne mettait pas en oeuvre ces mesures dans la semaine et si les groupes terroristes tireraient des roquettes sur Israël pendant l’Eurovision, il a déclaré que « toutes les options étaient sur la table ».

« Nous devrons nous réunir et décider de notre réaction, mais je peux vous assurer que nous ne laisserons pas Israël se défiler et ne pas se plier à ses engagements », a-t-il dit.

Le concours de l’Eurovision se déroulera du 14 au 18 mai à Tel Aviv.

Source: Times of Israël

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