Eurovision : Les organisateurs rejettent la politique, mais Israël vise le BDS

Les partisans du boycott peuvent regarder une autre émission, mais lors de l’événement principal à Tel Aviv, même les mauvais garçons islandais Hatari sont censés bien se comporter.

Globalvision, une émission BDS qui ira à l’encontre de l’Eurovision 2019, protestant contre l’organisation par Israël du concours international de la chanson, utilise le logo de cette année pour promouvoir son propre message.

Lorsque l’événement culte du Concours Eurovision de la Chanson 2019 débutera le samedi 18 mai au soir, certains fans mécontents pourraient choisir d’exprimer leur désapprobation à l’égard d’Israël, pays hôte, en regardant Globalvision, une autre émission en ligne qui soutient les artistes palestiniens.

Cette émission concurrente s’adresse aux téléspectateurs qui « soutiennent les principes fondamentaux du droit de tous les réfugiés au retour, des droits de l’homme et de la dignité pour tous », selon le site Web de l’organisation.

La retransmission de Globalvision sera diffusée en direct à Dublin, Haïfa, Londres et Bethléem et comprendra des enregistrements d’artistes tels que le musicien britannique Brian Eno, la soprano palestinienne Dima Bawab, le chanteur pop palestinien Bashar Murad ou encore l’artiste israélienne Ohal Grietzer.

Les participants à l’événement BDS sont pour la plupart des concurrents qui n’ont pas réussi à entrer dans l’Eurovision, a déclaré Adam Shay, un expert en boycott culturel du Centre des affaires publiques et de l’État de Jérusalem [Jerusalem Center for Public Affairs].

En tout état de cause, la retransmission de Globalvision est un non-événement pour l’Union européenne de radio-télévision [UER], l’organisation qui gère le Concours Eurovision de la chanson.

Kobi Merimi, candidat d’Israël à l’Eurovision de cette année, en répétition, le 12 mai 2019.

« L’UER a la capacité de faire baisser la tension concernant le BDS » – le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre Israël – a déclaré Shay, qui a rencontré des membres de l’organisation européenne à Tel Aviv la semaine dernière.

« Ce n’est pas une initiative israélienne, c’est l’UER, et cela leur appartient et ils la protègent avec véhémence. Ils n’autoriseront aucune déclaration ou action politique de la part des candidats – tout candidat qui essaiera de le faire sera probablement éliminé. »

Même si l’UER n’est peut-être pas concernée, Israël est très sensible à tout ce qui ressemble au BDS, dit Shay.

« Nous sommes si sensibles à propos de l’Eurovision que lorsque le groupe islandais parle de BDSM, nous pensons que c’est du BDS », dit Shay.

Le groupe islandais Hatari, qui chante un message d’anti-capitalisme vêtu de pointes, de cuir et de chaînes, a d’abord prétendu que sa chanson « Hatred Will Prevail » était une déclaration politique contre le gouvernement israélien, bien que la chanson ne fasse aucune référence à Israël.

Le groupe se définit lui-même comme un groupe techno « anti-capitaliste, BDSM [bondage-discipline-sadisme-masochisme] ».

Il s’agit de BDSM, pas de BDS, et cela n’a rien à voir avec le mouvement de boycott.

Les membres du groupe ont fait sensation plus tôt cette année en menaçant d’utiliser leur tribune pour critiquer Israël pour son traitement des Palestiniens. Ils ont également défié le Premier ministre Benjamin Netanyahu à un match amical de lutte traditionnelle islandaise.

En vérité, cependant, ils ne peuvent pas se permettre de faire des vagues politiques s’ils veulent concourir, a dit Shay.

Néanmoins, le gouvernement israélien a tranquillement mis en place une campagne de relations publiques visant à contrer les appels au boycott du concours de chansons à Tel Aviv.

L’initiative affiche sur Google des annonces qui semblent soutenir le mouvement de boycott, mais qui sont en fait liées à un site Web pro-Israël.

Et Kan, le principal radiodiffuseur du pays, qui diffusera l’Eurovision, a publié une comédie musicale de près de quatre minutes et demie pour tenter de jeter un regard satirique sur Israël, se livrant à une auto-dérision sur la manière dont le pays traite, notamment, ses Palestiniens, ses juifs gloutons, ses chauffards, sa passion du shawarma et le désastre industriel de la mer Morte.

Cette vidéo ironique contraste fortement avec un panneau d’affichage placé au-dessus de l’autoroute reliant l’aéroport international Ben Gurion à Tel Aviv par l’organisation israélienne Breaking the Silence, qui proteste contre « l’occupation » par le pays de la Cisjordanie.

L’affiche de Breaking the Silence placée au-dessus de l’autoroute entre l’aéroport international Ben Gurion et Tel Aviv, visant à attirer l’attention des touristes arrivant pour l’Eurovision 2019.

L’affiche reprend le logo de l’Eurovision, « Dare to Dream » [Oser rêver], avec les mots “of freedom” [de liberté] sur la seconde moitié, une photo de la barrière de sécurité en Cisjordanie et une tour de guet militaire. L’organisation, qui recueille des témoignages de soldats israéliens, organise régulièrement des visites à Hébron.

Netta Barzilai, la chanteuse israélienne qui a remporté l’Eurovision 2018 avec son interprétation décalée de « Toy », a condamné toute tentative de boycott.

« C’est un festival de lumière », a-t-elle déclaré la semaine dernière à l’Association de la presse étrangère à Jérusalem. « Les gens qui boycottent la lumière répandent les ténèbres. »

Source: Times of Israël

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