Mladenov : c’est « la dernière chance » d’empêcher un conflit ouvert à Gaza

Malgré le cessez-le-feu, l’émissaire onusien estime qu’une guerre entre Israël et le Hamas « reste imminente » ; l’aide qatarie vient à point pour cimenter le dernier accord de trêve.

L’envoyé spécial des Nations unies au Moyen Orient a déclaré que c’était « la dernière chance » d’empêcher un conflit ouvert entre Israël et les groupes terroristes armés dans la bande de Gaza.

Lors de l’inauguration d’un générateur d’énergie solaire pour un hôpital de Gaza, Nickolay Mladenov a déclaré qu’un conflit entre les deux parties pouvait encore éclater une semaine après qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a mis fin à la plus grande flambée de violence depuis la guerre de 2014.

« Le risque d’une guerre reste imminent, et aujourd’hui, nous avons peut-être une dernière chance de consolider les accords conclus », a-t-il dit.

Mladenov a déclaré aux journalistes qu’une « prochaine escalade sera probablement la dernière » avant que les parties ne tombent dans une guerre ouverte, en référence aux violents affrontements qui ont éclaté à la frontière gazaouie au cours de l’année écoulée.

Les 4 et 5 mai derniers, le Hamas et le Jihad islamique ont tiré près de 700 roquettes sur le sud d’Israël depuis Gaza, affirmant qu’ils étaient excédés par la lenteur de la mise en oeuvre du précédent accord de cessez-le-feu.

Des Palestiniens attendent de recevoir une allocation de la part du Qatar, à Gaza, le 13 mai 2019. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

Après deux jours d’affrontements et des centaines de frappes de représailles israéliennes, le Hamas et le Jihad islamique ont annoncé que l’Egypte, le Qatar et les Nations unies ont négocié un nouvel accord de cessez-le-feu avec Israël.

Ce dernier accord prévoit d’autoriser l’arrivée de carburant et d’aide humanitaire à Gaza et d’assouplir les restrictions sur les déplacements depuis l’enclave, selon les médias. Il serait également question d’un programme visant à créer des emplois pour des centaines de diplômés.

Le chômage à Gaza, qui est soumis à des restrictions israéliennes et égyptiennes depuis 12 ans, dépasse les 50 %.

Mladenov a déclaré aux journalistes lundi qu’il avait observé des gestes positifs par Israël depuis les dernières violences, comme notamment l’agrandissement de la zone de pêche à 12 milles nautiques et la réouverture des points de passage frontaliers.

Parallèlement, l’émissaire qatari Mohammed al-Emadi est arrivé à Gaza pour distribuer 30 millions de dollars aux familles défavorisées dans le cadre de cet accord de cessez-le-feu. Quelques heures après son arrivée, les bénéficiaires de cette allocation faisaient la file d’attente dans les bureaux de poste pour encaisser les chèques de 100 dollars.

Parmi eux, Mohammed Abu Eida, 30 ans, qui se déplace avec des béquilles. « Nous voulons qu’ils lèvent le siège pour qu’ils puissent travailler. J’ai un loyer pour ma maison, je suis marié et j’ai une fille. C’est quoi 100 dollars ? Ça ne suffit pas. »

Le Qatar, rare allié du Hamas dans la région, a financé à hauteur de plus de 750 millions de dollars des projets de logement, d’infrastructure et d’opérations de secours dans la bande de Gaza depuis 2012. Si Doha ne verse pas directement d’argent au Hamas, qui est classé organisation terroriste par l’Union européenne et les Etats-Unis, l’influx de cash soulage le groupe terroriste du financement de tels projets cruciaux.

En novembre, le pays du Golfe a monté d’un cran son soutien à Gaza afin d’alléger les tensions après que le Hamas a lancé ses manifestations hebdomadaires à la frontière. Le Qatar avait déjà couvert les salaires du Hamas pour plusieurs millions de dollars, mais après les protestations israéliennes sur le financement du terrorisme, l’argent est désormais consacré aux opérations de secours.

La semaine dernière, le Qatar a promis que 480 millions de dollars seront alloués aux Palestiniens, mais que 300 millions de dollars seront cette fois-ci adressés au rival du Hamas, le Fatah, parti de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Ce soutien au gouvernement d’Abbas, également embourbé dans une crise financière d’envergure, place le Qatar comme un négociateur de choix à la fois à Gaza et à Ramallah, pour des négociations de réconciliation entre le Fatah et le Hamas.

Une femme palestinienne avec ses enfants après avoir reçu des vivres au camp de réfugiés de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 février 2018. (AFP / Said Khatib)

De son côté, l’UNRWA a averti que le manque de fonds menace l’aide alimentaire pour les Palestiniens si l’agence n’obtient pas 60 millions de dollars supplémentaires en juin.

L’UNRWA affirme fournir des denrées alimentaires – entre autres services comme l’éducation et les soins de santé – à plus d’un million de Palestiniens à Gaza, dont 620 000 personnes qui « ne peuvent pas répondre à leurs besoins nutritionnels chaque jour et qui doivent survivre avec 1,60 dollar par jour ».

Source: Times of Israël