Irak : tir d’une roquette dans la « zone verte » alors que les tensions montent dans la région

Cette attaque survenue dans le secteur de Bagdad où se trouve l’ambassade américaine s’ajoute à de multiples incidents survenus entre les alliés de Washington et de l’Iran.

Une roquette est tombée, dimanche 19 mai, dans la « zone verte » de Bagdad, secteur ultra-sécurisé où se trouvent notamment l’ambassade des Etats-Unis et les sièges du gouvernement et du Parlement irakiens, ont fait savoir les forces de sécurité du pays dans un communiqué. Les mêmes sources ont précisé qu’aucune victime n’était à déplorer, sans mentionner la cible visée.

Selon une source policière citée par l’Agence France-presse (AFP), les informations préliminaires font état d’un projectile tiré d’une « zone abandonnée » dans le sud de la capitale irakienne.

Peu après l’incident le président des Etats-Unis, Donald Trump, a menacé sur Twitter l’Iran de destruction en cas d’attaque contre des intérêts américains.

Cet évènement intervient au moment où les tensions montent dans la région entre Washington et la République islamique qui dispose de nombreux relais en Irak.

Les Etats-Unis ont déjà ordonné, le 15 mai, le départ de certains employés de leur ambassade à Bagdad, mettant en cause des risques d’attaquesimminentes orchestrées par des groupes armés alliés de Téhéran. Cette décision a été prise après qu’une série d’incidents survenus dans le golfe Arabo-Persique soulignaient des tensions accrues entre l’Arabie saoudite, ses alliés du Golfe d’une part et l’Iran d’autre part.

Ligne dure qui divise

La presse américaine spécule sur des divergences au sein du cabinet de Donald Trump sur la manière de traiter le dossier iranien. Selon les médias outre-Atlantique, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton fait pression en faveur d’une ligne dure contre Téhéran, mais d’autres au sein de l’administration y sont opposés. Le président lui-même a dit récemment qu’il avait dû « tempérer » M. Bolton.

Le 5 mai, l’administration américaine avait annoncé le déploiement dans le golfe Arabo-Persique du porte-avions Abraham Lincoln ainsi que de bombardiers B-52, invoquant également une « menace » de l’Iran.

Dimanche, le gouvernement irakien a critiqué l’évacuation temporaire du personnel de la compagnie américaine ExxonMobil opérant sur le site pétrolier de West Qorna, dans le sud du pays. Selon Bagdad, ce retrait s’explique par des « raisons politiques liées probablement aux tensions dans la région ». Interrogée par l’AFP aux Etats-Unis, une porte-parole d’ExxonMobil a déclaré que l’entreprise ne donnerait pas de détail supplémentaire.

« Pas de nouvelle guerre »

Pour sa part, le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a minimisé, samedi, la possibilité d’une guerre dans la région. A l’issue d’une visite en Chine, il s’est dit « certain (…) qu’il n’y aurait pas de guerre puisque nous ne souhaitons pas de conflit et puisque personne ne se fait d’illusion quant à sa capacité à affronter l’Iran dans la région », a rapporté l’agence officielle IRNA.

L’Arabie saoudite avait demandé, samedi, la convocation de deux sommets, au Conseil de coopération du Golfe (CCG) et à la Ligue arabe, à la suite du sabotage de navires dans le Golfe et d’attaques contre des stations de pompage dans le royaume.

Ces réunions extraordinaires auxquels Riyad invite ses partenaires se tiendraient le 30 mai prochain à La Mecque « pour discuter de ces agressions et de leurs conséquences sur la région », a détaillé l’agence de presse officielle saoudienne. Il s’agit « de se consulter et de se coordonner avec les dirigeants frères » à propos de « tous les sujets susceptibles de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région ».

Le ministre saoudien des affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, a affirmé que son pays « ne veut pas une guerre » avec l’Iran et « va tout faire pour la prévenir », tout en assurant que Riyad est prêt « à se défendre et à défendre ses intérêts » si l’autre partie choisissait d’aller vers un conflit armé.

Hausse des stocks mondiaux de pétrole

Les alliés régionaux du royaume ont salué l’invitation saoudienne. Le ministère des affaires étrangères des Emirats arabes unis a indiqué que dans les « circonstances critiques » actuelles les pays du Golfe et arabes devaient faire preuve d’unité.

Dimanche, lors d’une réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis se sont inquiétés d’une hausse des stocks mondiaux d’hydrocarbures. Les pays exportateurs ont affirmé leur détermination à stabiliser le marché malgré les tensions dans le Golfe.

Les pays de l’OPEP sont « unanimes dans leur volonté de continuer à travailler pour arriver à la stabilité entre l’offre et la demande », a déclaré le ministre saoudien de l’énergie Khaled Al-Faleh. L’Arabie saoudite est le premier exportateur mondial d’or noir.

Source: Le Monde



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There is one comment

  1. dom64verona88chrysostomos

    Mes chers Amis,
    Ne nous étonnons plus de rien: satan mène le monde, mais il sait qu’il est déjà vaincu! O Crux Ave, Spes unica! A sinner.

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