À Hong Kong, nouvelle manifestation massive malgré le recul du gouvernement

Ils sont des dizaines de milliers, massés dans les rues de Hong Kong. Ce dimanche, une nouvelle manifestation est organisée dans l’ancienne colonie britannique contre le projet de loi visant à faciliter les extraditions vers la Chine, et ce malgré le recul du gouvernement. Les organisateurs entendent maintenir la pression sur Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif pro-Pékin, qui a suspendu samedi le projet de loi, sans l’abandonner définitivement.

© REUTERS/Tyrone Siu Des manifestants hongkongais demandent le retrait du projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine, le 16 juin 2019.

Au coeur de la foule, la colère était palpable après les multiples affrontements violents entre manifestants et policiers. Mercredi, Hong Kong a en effet connu les pires violences politiques depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 : des dizaines de milliers de personnes ont été dispersées par la police à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

Le défilé est parti d’un parc de l’île de Hong Kong pour gagner le Conseil législatif (LegCo, Parlement), au coeur de la ville. Il s’agit du même parcours que celui emprunté par une manifestation record organisée il y a une semaine et qui a réuni un million de personnespour sept millions d’habitants, selon les organisateurs.

Une marée noire dans les rues

Les protestataires scandent des slogans comme « Retirez la loi maléfique ! ». Tous vêtus de noirs, ils forment une véritable marée noire dans les rues de Hong Kong. Certains ont également manifesté avec des parapluies, symbole des révoltes de 2014.

La cheffe de l’exécutif Carrie Lam ne s’est pas engagée à remiser définitivement son texte au placard. Les protestataires réclament en conséquence l’abandon du projet, la démission de la cheffe du gouvernement ainsi que des excuses pour les violences policières.

« Arrêtez de nous tuer »

Près de 80 personnes, dont 22 policiers, avaient été blessées mercredi. Ce dimanche, certains slogans visent donc directement les violences policières. « Vous ne pouvez pas tous nous tuer », « Arrêtez de nous tuer », peut-on lire sur certaines pancartes. Carrie Lam a justifié la vigueur de son action par les actes de violence perpétrés par certains manifestants. Mais l’opposition l’accuse de s’être servie des agissements d’une infime minorité pour se déchaîner sur l’ensemble des protestataires, en grande majorité pacifiques.

Samedi, un homme est mort en tombant du toit d’un luxueux centre commercial du centre-ville, d’où il tenait depuis plusieurs heures une banderole : « Retirez complètement la loi d’extradition chinoise. Nous ne sommes pas des émeutiers. Libérez les étudiants et les blessés ». L’imperméable jaune qu’il portait est devenu un symbole des violences policières.

Des Hongkongais ont également formé d’immenses files d’attente pour déposer des bouquets de fleurs et des grues en origami sur les lieux du drame ainsi que des messages d’hommage au défunt.

Un ressentiment envers Pékin

D’après ses détracteurs, le projet de loi placerait la population de l’ancienne colonie britannique à la merci du système judiciaire de Chine continentale, opaque et sous influence du Parti communiste. L’opposition au projet de loi est très large, réunissant avocats, organisations juridiques influentes, capitaines d’industrie, chambres de commerce, journalistes, militants, religieux et diplomates occidentaux. Les milieux d’affaires craignent également que la réforme nuise à l’image internationale et l’attractivité du centre financier. 

Mais le mouvement dépasse la question des extraditions et exprime un ressentiment beaucoup plus large contre le gouvernement et contre Pékin, accusés de rogner depuis des années les libertés du territoire semi-autonome. En vertu du principe « un pays, deux systèmes », l’ancienne colonie britannique jouit de libertés inconnues en Chine, théoriquement jusqu’en 2047.

Nommée à la tête de l’exécutif par une commission largement composée des affidés de Pékin, Carrie Lam a affirmé que la loi sur les extraditions était nécessaire pour empêcher la place financière de devenir un refuge pour criminels, tout en admettant que son administration avait sous-estimé l’opposition populaire.

Source: L’Express

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