Hamas: le Hezbollah et l’Iran interviendront si Israël cherche à nous « détruire »

Un officiel du groupe terroriste de Gaza a évoqué auprès d’un journal libanais les accords conclus le mois dernier à Téhéran.

Le guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei rencontre une délégation du Hamas, à Téhéran le 22 juillet 2019. (Crédit : Bureau du guide suprême iranien via AP)

Samedi, un officiel du groupe terroriste palestinien a déclaré à un journal libanais que lors du prochain conflit majeur, si les maîtres de Gaza ont le sentiment qu’Israël essaie de « détruire » le groupe, ses alliés régionaux joindraient leurs forces au Hamas.

C’était l’un des accords scellés entre le Hamas et l’Iran lors d’une rencontre de haut rang à Téhéran le mois dernier, a annoncé le journal libanais pro-Hezbollah al-Akhbar (en arabe) samedi.

« Si l’ennemi israélien lance une agression contre la bande de Gaza, et que nous estimons qu’il s’agit d’une bataille limitée qui ne se transformera pas en guerre pour nous détruire, nous y ferons face seuls », a déclaré l’officiel, cité par le journal.

« Mais si l’ennemi [Israël] tente de détruire la résistance, le reste de l’axe nous rejoindra dans la bataille », a-t-il continué, en référence à l’Iran et à ses alliés, le Hezbollah chiite libanais.

La République islamique est depuis longtemps un soutien financier de l’aile armée du Hamas, les brigades Izz ad-Din al-Qassam, qui a juré la destruction d’Israël, et des brigades al-Quds, l’aile armée du Jihad islamique. L’Iran finance aussi le Hezbollah, qui a également juré la destruction d’Israël.

En juillet, lors d’une rencontre avec neuf officiels du Hamas – dont Saleh al-Arouri, le vice-chef du bureau politique du Hamas, et le guide suprême de l’Iran l’Ayatollah Ali Khamenei – l’Iran aurait accepté d’augmenter massivement les paiements mensuels pour le groupe terroriste en échange de renseignements sur les capacités de missile d’Israël, a déclaré la Douzième chaîne d’Israël plus tôt ce mois.

Téhéran a déclaré être prêt à augmenter le soutien financier mensuel au groupe terroriste à la valeur sans précédent de 30 millions de dollars par mois, selon l’article citant une source arabe restée anonyme.

Cela constituera une augmentation massive du soutien iranien pour les maîtres des Gaza. Un article du site d’information Ynet datant d’août 2018 et citant des sources palestiniennes, a déclaré que les paiements de l’Iran au profit du Hamas se situaient à l’époque autour de 70 millions de dollars par an (soit moins de 6 millions de dollars par mois).

En échange du financement, Téhéran a demandé au Hamas de fournir des renseignements sur la localisation de lieu de stockage de missiles israéliens, a noté l’article. On ne savait pas précisément si l’augmentation de l’aide était strictement conditionnée aux renseignements fournis par le groupe terroriste.

Les membres du Hamas ont déclaré qu’ils allaient faire part de la demande aux chefs du mouvement à Gaza.

Selon l’article, Qassem Soleimani, le commandant des Gardiens de la Révolution iranienne al-Quds, a aussi participé à la réunion et des membres de l’aile armée du Hamas ont rendu compte des difficultés qu’ils rencontraient et des pénuries en armes et en équipements auxquelles ils sont confrontés.

Le Hamas aurait demandé à Téhéran de servir de médiateur pour le groupe terroriste avec le régime de Bashar Assad en Syrie, après que les liens ont été rompus lors de la guerre civile syrienne.

L’article a également noté qu’avant la visite, l’Arabie saoudite avait tenté, sans succès, de faire pression sur le Hamas pour qu’il mette fin à ses liens avec l’Iran.

Lors de sa visite à Téhéran, al-Arouri a déclaré que le Hamas et l’Iran sont sur « la même voie » dans la lutte contre Israël, a déclaré l’agence de presse semi-officielle de l’Iran Fars à l’époque.

« Nous sommes sur la même voie que la République islamique – la voie de la lutte contre l’entité sioniste et les arrogants », avait-il déclaré, selon l’article.

Arouri s’est rendu en Iran en compagnie de plusieurs hauts responsables du Hamas, dont Moussa Abu Marzouk, Maher Salah, Husam Badran, Osama Hamdan, Ezzat al-Rishq et Ismail Radwan.

Ismail Haniyeh, le chef du Hamas, avait alors déclaré à des journalistes turcs qu’il espérait que la visite de la délégation obtiendrait des « résultats importants ».

Arouri, qui a été élu comme vice-chef du Hamas début octobre 2017, s’est rendu en Iran au moins cinq fois ces deux dernières années. Il a souvent salué l’aide de l’Iran.

« L’Iran est le seul pays à dire que l’entité [Israël] est cancéreuse et qu’elle devrait être déracinée de la région, a-t-il déclaré à al-Quds TV pro-Hamas en février 2018. C’est le seul pays qui est prêt à fournir une aide réelle et un soutien public à la résistance palestinienne et à se confronter à l’entité ».

Un article publié en août par le quotidien Haaretz avait rapporté que des officiels israéliens du renseignement pensaient que le Hamas et l’Iran avaient passé un accord pour que le groupe terroriste ouvre un front contre Israël depuis l’enclave côtière du sud en cas de conflit avec des alliés de l’Iran à la frontière nord de l’Etat juif.

L’article citait un officiel de la sécurité affirmant que les responsables du renseignement israéliens estimaient que les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique allaient essayer de forcer Israël à déplacer des forces et des systèmes de défense aérienne vers le sud au détriment des troupes combattant dans le nord.

L’article précisait que des sources au sein des services de renseignement israélien pensaient que l’Iran avait renforcé son rôle dans la bande de Gaza afin de transformer le Hamas en bras opérationnel contre Israël.

Source: Times of Israël

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