Favorables à la PMA, des franc-maçons évoquent désormais la GPA

Jeudi 29 août, dans le cadre de la révision des lois de bioéthiques, les députés ont auditionné les représentants de cinq « courants philosophiques ». Favorables dans l’ensemble à la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules, ils ont noté que cette ouverture allait poser un problème d’égalité entre les couples homosexuels masculins et féminins. Certains ont d’ailleurs regretté que le projet de loi ne dise rien sur la Gestation pour autrui pour les couples d’hommes.

Les auditions se poursuivent dans le cadre de la révision des lois de bioéthique. Jeudi 30 août, juste après l’audition des représentants du culte – avec Mgr d’Ornellas pour l’Église catholique –, les députés ont écouté et questionné durant près de deux heures les représentants du Grand Orient de France, de la Grande Loge de France, de la Grande Loge Mixte de France, de la Fédération de la libre pensée et de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain.

Tour à tour, ils ont exposé leurs remarques concernant le projet de révision de la loi. Sur la question de l’accès à la PMA pour toutes les femmes, aucune des personnes auditionnées n’a remis en cause la volonté d’ouvrir ce droit. La Fédération de la libre pensée, considérant que « les couples homosexuels […] ainsi que les femmes seules doivent pouvoir satisfaire leur désir d’enfant comme tous les individus » a salué par l’intermédiaire de Dominique Goussot « l’avancée que représente l’extension de principe, avec prise en charge par la sécurité sociale, de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules ».

Edouard Habrant, représentant de la Grande Loge mixte de France a lui aussi expliqué que cette ouverture constituerait « une avancée ». Il a toutefois regretté de ne pas trouver d’éléments dans le projet concernant la procréation post-mortem. Il considère cette absence « personnellement paradoxale et injuste à l’égard d’une femme qui aura perdu son conjoint ou son époux » et qui aura uniquement la possibilité « de s’engager dans un projet monoparental mais avec un tiers donneur. »

Toujours sur la PMA, le professeur Jean-Jacques Zambrowski de la Grande Loge de France s’est quant à lui interrogé sur les termes « mère et mère » qui pourraient être inscrits sur l’acte de naissance des enfants de couples de femmes, selon le souhait récemment exprimé de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Cela « n’a strictement aucun sens sur le plan scientifique parce qu’un enfant reste le fruit évidemment de l’union d’un gamète masculin venant d’un père et d’un gamète féminin venant d’une mère », a-t-il insisté, qualifiant l’expression de la ministre de « parfaitement malencontreuse ». Son frère de loge, le docteur Alain-Noël Dubart a par ailleurs noté que le projet de loi laissait une « très large part aux droits de la mère, du couple, sans garantir absolument les droits des enfants. » « Nous pensons que les droits de l’enfant [sont] par certains côtés, plus importants que les droits des parents. »  En introduction, il expliquait toutefois que « le projet de loi nous sembl[ait] dans l’ensemble cohérent ».

Rapidement, certains représentants ont ensuite évoqué la question de la Gestation pour autrui – qui ne fait pas partie du projet de révision –. Pour Bruno Tavernier, du Grand Orient de France, l’avancée législative sur la PMA pose « peut-être la question de l’égalité entre les hommes et les femmes » et donc, à terme, de la Gestation pour autrui. C’est « quelque chose sur lequel il faudra se pencher », a-t-il avancé succinctement.

L’accès à la PMA « bien sûr va conduire à une revendication d’égalité pour les hommes, vous le savez.  Cela reposera la question de la GPA et il faut qu’on s’y prépare », a déclaré dans le même sens Nadine Le Forestier, de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain. Dans son propos liminaire, elle s’était montrée critique devant l’éventualité d’une ouverture de la GPA à cause de « l’imparfaite connaissance des conséquences physiologiques entre la mère porteuse et le fœtus et les risques de marchandisation ».

Alain-Noël Dubart, de la Grande Loge de France, a pour sa part souhaité rappeler une «opposition vive à tout ce qui peut être Gestation pour autrui » sauf pour des problèmes de malformation utérine féminine ou de maladies particulières qui pourraient « nécessiter qu’on se penche sur la question et apporter des réponses très sélectives ».

C’est Dominique Gossot, le représentant de la Fédération de la libre pensée, qui s’est montré le plus incisif sur l’ouverture à la Gestation pour autrui, expliquant lui aussi qu’il y aura à l’avenir un « problème d’égalité » entre les hommes et les femmes concernant l’accès à la procréation. « J’observe que c’est autorisé dans huit pays européens qui ne sont pas des pays barbares », a-t-il lancé aux députés, avant d’exposer qu’il « devrait y avoir un texte pour encadrer une GPA ; pour en garantir à la fois le caractère altruiste et fixer les conditions à remplir par les génitrices candidates »

Enfin, Edouard Habrant, de la Grande Loge Mixte de France, a regretté qu’il n’y ait rien dans le projet de loi concernant la reconnaissance de la filiation à l’égard du parent d’intention pour les enfants issus d’une GPA pratiquée à l’étranger, même si « l’avis rendu par la Cour européenne des droits de l’homme a limité la nécessité d’une révision législative à cet égard ».

Source: Famille Chrétienne

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