Hajizadeh : l’Iran est prêt à une « guerre totale » contre les Etats-Unis

« Les bases américaines et leurs porte-avions à une distance de 2 000 km autour de l’Iran sont à portée de nos missiles, » a mis en garde le général iranien

Le général de brigade Amir Ali Hajizadeh, responsable des forces aériennes du Corps des gardiens de la révolution iraniens. (Crédit : capture d’écran YouTube/MEMRI)

Dimanche, un haut gradé iranien a prévenu que Téhéran était prêt à un conflit total avec les Etats-Unis, précisant que son pays pouvait lancer des missiles sophistiqués contre des bases américaines et des porte-avions à une distance de 2 000 kilomètres.

La déclaration a semblé être une réponse à l’accusation lancée samedi par Washington contre l’Iran après que des rebelles Houthi du Yemen ont mené des attaques de drone contre la plus grande installation de traitement du pétrole en Arabie Saoudite et un très important champ pétrolier, déclenchant des incendies gigantesques sur un lieu sensible pour l’approvisionnement en énergie mondiale.

Le ministre de l’Energie d’Arabie saoudite a déclaré que le royaume avait temporairement arrêté sa production sur les deux usines d’Aramco qui ont été attaquées par les rebelles yéménites, bloquant environ la moitié de la production totale de l’entreprise.

Les rebelles Houthis soutenus par l’Iran, qui contrôlent la capitale du Yémen, Sanaa, et d’autres territoires dans le pays le plus pauvre du monde arabe, ont revendiqué les attaques dans le cadre du conflit contre la coalition conduite par l’Arabie saoudite qui lutte depuis 2015 pour remettre en place le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Les Etats-Unis ont accusé l’Iran, et le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo a tweeté : « Il n’y a pas de preuves que les attaques venaient du Yémen ».

« L’Iran a maintenant lancé une attaque sans précédent contre un fournisseur mondial de l’énergie », a ajouté Pompeo.

Dimanche, le commandant des Forces aériennes des Gardiens de la révolution, Amir Ali Hajizadeh, a été cité par l’agence de presse semi-officielle Tasnim comme ayant déclaré : « Tout le monde devrait savoir que toutes les bases américaines et leurs porte-avions à une distance de 2 000 kilomètres autour de l’Iran sont à portée de nos missiles », selon Reuters.

« L’Iran a toujours été prêt pour un conflit total », a ajouté Hajizadeh, sans mentionner directement les attaques en Arabie Saoudite.

Dimanche également, le ministre iranien des Affaires étrangères a rejeté comme étant « infondées » les accusations américaines, suggérant qu’il s’agissait d’un prétexte pour riposter contre la République islamique.

« De telles accusations et remarques inutiles et aveugles sont incompréhensibles et infondées », a déclaré un porte-parole du ministère Abbas Mousavi, cité dans un communiqué.

Les accusations sur les frappes de samedi auraient pour but de justifier de « futures actions » contre l’Iran, a-t-il ajouté.

Les attaques de drone ont affecté jusqu’à la moitié des sources d’approvisionnement du plus grand exportateur de pétrole dans le monde, même si la production devrait revenir à la normale dans les prochains jours, ont annoncé de multiples agences de presse, citant des sources non-identifiées. On ne sait pas précisément si quelqu’un a été blessé à l’usine de production de pétrole d’Abqaiq et dans le champ de pétrole de Khurais.

Les attaques ont suivi plusieurs semaines d’attaques similaires de drones contre l’infrastructure pétrolière du royaume, mais aucune des frappes précédentes n’avait semblé causer autant de dégâts. Les attaques vont probablement renforcer les tensions dans la zone du Golfe persique en pleine crise entre les Etats-Unis et l’Iran au sujet de l’accord sur le nucléaire iranien.

L’Iran a été plus vif dans ses attaques verbales contre les Etats-Unis en réaction à la décision du président Donald Trump de quitter l’accord sur le nucléaire de 2015 et sur les sanctions économiques dures imposées contre la République islamique, qui ont sérieusement entravé l’économie.

Il y a cependant eu des rumeurs sur une potentielle rencontre entre Trump et son homologue iranien, Hassan Rouhani, même si ce dernier a déclaré que des négociations avec les Etats-Unis sont inutiles à moins que les sanctions ne soient d’abord levées. Alors que Trump a dit qu’il était prêt à une rencontre sans pré-condition, le Secrétaire américain au Trésor Steve Mnuchin a déclaré jeudi qu’une telle rencontre n’était pas encore prévue.

Source: Times of Israël